18/05/2009

La chapelle Saint-Blaise

"Indépendance" Samedi-Dimanche 23-24 décembre 1950. 

"Calvaires et Chapelles en Hainaut" bulletin de l'A.S.B.L. Les Amis des Calvaires et Chapelles du Hainaut  - revue trimestrielle - 4e année - n°1 - 1er mars 1951.

Saint-Biaise évêque de Sebaste, quitta son évêché et se retira dans une caverne, pour y faire pénitence. Les bêtes féroces vinrent le trouver dans sa solitude, et, en le voyant en prières, elles attendirent qu'il eût fini de parler à Dieu, pour lui demander sa bénédiction. Les soldats du gouverneur, plus cruels que les tigres, vinrent l'arracher à sa grotte pour le faire mourir dans les tourments. 

Ainsi parle un vieux livre trouvé dans des casiers poussiéreux. On représente Saint Biaise touchant à la gorge un enfant. Cela provient de la tradition suivant laquelle il aurait, en se rendant au supplice, guéri un enfant qu'étranglait une arête de poisson. Comme le saint demanda à la mère d'offrir un cierge à l'église, l'iconographie le représente tenant aussi un cierge à la main. 

Saint Biaise est considéré comme le patron des maçons et des tailleurs de pierre. Dans les images, la carde de fer, instrument de son martyre, est accompagnée, et parfois remplacé par la truelle, le marteau et d'autres outils. On le prie contre les maux de gorge, en raison de ce qui est exposé ci-dessus. On se met aussi sous sa protection en cas d'ouragan, en raison du soin qu'il prend des oeuvres des maçons. 

Ceci dit, parlons d'une chapelle qui lui est dédiée, ou plutôt, laissons la parole à l'auteur sympathique autant que distingué, d'un article pittoresque paru le 24 décembre 1950 dans le journal "Indépendance." 

Ce n'est pas dans les services administratifs que nous puiserons pour prouver l'état de centenaire d'une notabilité goegnéroise; car, malgré la complexité des services administratifs, il n'existe pas encore de registre de naissance pour les constructions. 

Car la Centenaire que les Goegnérois peuvent inscrire à leur calendrier de 1950 c'est une Chapelle: la jolie chapelle de Saint-Biaise qui plante son hexagone rehaussé de baies gothiques vers le bas de la rue Léon Houtart, vers les confins de ce qui fut "el pachi del cure" et les propriétés de la Censé de la Salle. 

L'AGE DES BRIQUES. 

L'inscription gravée dans la pierre au dessus de la porte de la Chapelle reporte sa fondation à 1850, et l'attribue à la dévotion de Jean-Joseph Simon et de son épouse Marie-Philippe Descamps. 

Pourtant les ouvrages de l'érudit Jules Monoyer, et notamment son recueil "Inscriptions funéraires et monumentales, Canton du Roeulx, Mons 1830", ne signalent pas cette construction; mais d'autres omissions ne permettent pas de tirer quelque conclusion sérieuse en l'occurrence. 

Quoi qu'il en soit architecture et matériaux de la chapelle ne s'apparentent nullement à l'architecture et aux matériaux de la maisonnette bizarrement édifiée en retrait, tout de suite derrière l'édifice, et à un niveau plus haut; cette maisonnette apparaît bien, elle, la contemporaine, ou à très peu près, d'autres maisons très anciennes du voisinage, où vécurent de vieilles familles telles celles des Colas Gonde, des Torien Caqueue (el Sonneu).

Il semblerait donc que la coquette chapelle actuelle, nonobstant sa pierre votive, aurait été édifiée, ou tout au moins restaurée en même temps qu'étaient construites, à l'alignement, les maisons voisines d'importances diverses et dont l'âge peut s'évaluer à quelque 60 ans? 

DEVOTION A SAINT-BLAISE. 

Dans la cave de la maisonnette attenante à la chapelle, et qui a toujours été habitée par, en quelque sorte, des desservants de la chapelle, coule une source claire - dont l'eau, certifie la tradition populaire, possède des vertus curatives à l'égard des affections pour les yeux. Bien des personnes vont encore actuellement prélever une bouteille de cette eau réputée.

A vrai dire, cette source doit s'apparenter à celle qui subsiste au coin de la place Albert 1er près de ce qui fut le "Café des Arcades" et qui justifie le nom du Café de la Fontaine sur l'autre coin, et qui justifia la rue de la Fontaine toute proche, devenue une fourche de la rue du Culot. 

Saint-Biaise? Nos vérifications livresques nous assurent que Saint Biaise, évêque arménien, vers 315, subi le martyre, qu'il aurait été écorché, dépecé à l'aide de peignes en fer! (Ce qui l'aurait fait choisir comme patron par les cardeurs de laine). 

Par contre une compétence religieuse nous a expliqué les invocations spéciales à Saint-Biaise, lesquelles visent à guérir des maux de gorge! Bizarrerie donc à la dédicace! 

La tradition populaire semble n'avoir pas gardées nettes les raisons d'érection de cette chapelle à moins que nous n'ayons pas découvert les bons informateurs? 

A l'actuel desservant, un brave Wallon souriant (venu du pays des "Sports", "Alphonse-du-Sodart", qui y habite avec sa compagne "Mollette-à-Fosse") il aurait été dit un jour: une épouse n'ayant pas réussi à garder en vie plusieurs enfants successifs fit le voeu d'ériger une chapelle à Saint Blaise si le sort se montrait plus clément envers sa descendance; son souhait ayant été exaucé, elle tint parole.  

UNE PITTORESQUE GARDIENNE. 

Nos investigations dans les années basses de ce siècle et vers les années hautes du siècle passé nous ont toutefois permis de savourer quelques tranches de vie éminemment pittoresques de cette "Capelle St-Blaise" si connue de nos vieilles et de nos vieux. 

Vers 1900, une gardienne en était "Ninique Chufflot" (d'une famille Chufflot qui ne manque pas encore de descendantes et de descendants rabelaisiens) laquelle, fille d'une très grande famille - il y eut 21 enfants chez elle,- boitait de façon marquée. 

Gardienne de Saint-Blaise, débitant littéralement son eau Salvatrice, Ninique gardait toutefois son franc parler et sa rudesse sans réplique: quand, devenue bien vieille, les rhumatismes douloureux la tordant de leur supplice, elle osait invectiver Saint-Blaise et lui demander s'il n'était pas la cause des souffrances, auquel cas, blasphémait-elle abondamment, et cruement auquel cas... 

Solide, noueuse, elle avait acquis la redoutable pratique... d'occire les chats indésirables, besogne refusée, encore de nos jours par la plupart des nos gens (Ninique y employait, paraît-il, un sac solide, et une lourde pierre)

Cette spécialité, sa claudication, son bâton, son langage sec, son habillement, puis son âge, tout cela finit par la faire considérer, par les enfants, comme une  croquemitaine! Impression que renforçait mainte maman désireuse d'insuffler quelque sainte frousse à sa progéniture turbulente à l'excès. 

REMINISCENCES. 

Pourtant, une autochtone amicale, qui fréquenta, durant sa jeunesse, tous ces endroits pétris par l'histoire et le folklore goegnérois, cette sympathique et rieuse voisine de Saint-Blaise, à la mémoire richissime, - se souvient qu'avec ses compagnes elles s'attardaient là, pour y jouer "à becs". 

" A becs "? traduisons, s'il en est besoin, aux osselets. 

Ce jeu, que maint folkloriste oublie, se pratiquait ainsi: les partenaires disposaient, outre d'une balle légère, d'osselets, petites pièces ordinairement en os, fabriquées ensuite en bois, en métal (du cuivre pour les favorisées!) de 3 centimètres de longueur environ, par 1 de largeur, hautes de 1 à 2 centimètres, et évidées au profil approximativement d'une bobine aplatie, mais oblongue au lieu de ronde. 

Pour jouer, la balle était lancée en l'air, et, pendant  sa trajectoire il fallait, prenant un osselet entre index et majeur, le retourner bien vite, puis rattraper la balle au vol. 

Le mouvement rapide, l'adresse à ne pas renverser l'osselet (c'était "manqué" et le coup passait à la partenaire), se compliquait chez les virtuoses, de "tape-front", "baise-bouche", "tape-coeur"... indiquant des gestes prestes à accomplir, osselet en main, pendant la lancée de la balle en l'air! 

Et dire, ajoute l'évocatrice, que ma mère elle aussi, joua "à becs" près de cette chapelle, en allant au lait à l'cinse de Lasalle; c'était en 1859, précise-t-elle. 

Le Bédouin. 

 

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16/05/2009

La chapelle Sainte-Barbe

"Calvaires et Chapelles en Hainaut" revue trimestrielle n° 4 de décembre 1950 de l'A.S.B.L. Les Amis des Calvaires et Chapelles du Hainaut.

Nous avons la bonne fortune de pouvoir donner à nos lecteurs la primeur d'un article remarquable de M.Jules Gobert, de Ville-sur-Haine, au sujet de la chapelle Sainte-Barbe, dont l'histoire se mêle à celle des premiers charbonnages d'Houdeng. 

Si l'oratoire en question ne présente pas, à proprement parler, des caractéristiques qui le classent parmi les monuments attirant les touristes en même temps que les fidèles, nous sommes néanmoins convaincus que la notice de M.Gobert intéressera au plus haut point toute la population du Hainaut, et particulièrement celle du Centre industriel. 

Aux confins sud des deux grosses communes de Houdeng-Goegnies et Houdeng-Aimeries, existe le hameau du Croquet. C'est là que s'élève la chapelle Sainte-Barbe, isolée dans les jardins, à une centaine de mètres du chemin. Un sentier entre deux haies y conduit. 

L'historien Jules Monoyer, dans son ouvrage : "Les noms des lieux du canton du Roeulx", édité en 1879, dit sans plus; "Sainte-Barbe (champ de), à Houdeng-Aimeries. On y voit une chapelle bâtie en 1718". En réalité, celle-ci se trouve non pas sur Houdeng-Aimeries, mais bien sur Houdeng-Goegnies, tout près de la limite des deux communes. Un acte d'adjudication publique, dressé le 26 janvier 1852 (enregistré au Roeulx le 3 février 1852) par le notaire Changes Adolphe Juste, situe les biens vendus par la famille André sur Houdeng-Goegnies et contient la mention: "La chapelle sainte-Barbe et le terrain sur lequel elle est assise font partie du premier lot d'adjudication". 

Les documents cadastraux la renseignent également sur Houdeng-Goegnies, déjà vers 1850. 

D'un autre ouvrage de J.Monoyer ("Houdeng, Goegnies, Strépy, depuis leur origine jusqu'à nos jours". 1875) nous extrayons les différents passages suivants: 

"1° - Sous le rapport de l'organisation ecclésiastique, Houdeng était une paroisse mère dont Goegnies relevait en simple paroisse ou secours... Le concordat de 1802 permit le rétablissement du culte catholique en Belgique. Quand l'évêché de Tournai se reconstitua l'année suivante, les villages de Houdeng et de Goegnies y furent incorporés. Ils forment depuis cette époque deux paroisses distinctes relevant du décanat du Roeulx... 

Le décret du 16 octobre 1803, portant organisation du nouveau diocèse de Tournai, reconnaît à la paroisse de Saint-Jean-Baptiste, à Houdeng-Aimeries, le titre de succursale se rattachant à la cure primaire du Roeulx et lui laisse ses anciennes limites, à l'exception "de tout le territoire de la commune de Houdeng-Goegnies qui, par le même décret, était également érigé en succursale"... 

Le décret que nous avons cité plus haut a détaché de l'ancienne paroisse-mère de Houdeng tout le territoire autrefois desservi par la chapelle de Goegnies (devenue plus tard église) et l'a érigé en paroisse distincte ...

2° - Une loi de la République française a érigé en commune les deux villages dont nous étudions le passé... La ligne de démarcation entre eux, jadis assez mal définie et fort capricieuse, a été rectifiée plusieurs fois et notamment lors de la confection du cadastre "10 septembre 1813)..." 

Tout en rappelant des points d'histoire intéressants, ces citations peuvent expliquer comment la confusion a pu se produire au sujet de l'emplacement de la chapelle. 

Apparemment, l'origine de la chapelle se rattache à l'industrie houillère naissante.

L'existence de fosses à charbon dans les villages de Houdeng et Goegnies dès l'an 1299 est prouvée (charte transcrite dans le recueil des "Manuscrits de Bonne-Espérance"). Mines rudimentaires, irrégulièrement exploitées et souvent inondées. 

Le 14 février 1685, sept associés fondaient la "Société du Grand Conduit et du Charbonnage de Houdeng", humble début de la Société du Bois-du-Luc. L'élan était donné, l'industrie houillère locale allait prendre son essor. Les terrains supérieurs furent asséchés au moyen d'une galerie souterraine, longue d'environ deux kilomètres, évacuant les eaux en un point plus bas, vers Thieu. Gros et coûteux travail pour l'époque, plein d'aléas, dont l'exécution demanda vingt-quatre années (de 1686 à 1710). Il permit l'exploitation des têtes de veines au moyen de nombreuses fosses à bras de quelques dizaines de mètres de profondeur. Plusieurs furent ouvertes sur la rive septentrionale du "Rieu Baron", maintenant détourné plus loin depuis le creusement du canal du Centre. 

Certaines de ces fosses primitives existaient donc dans le voisinage immédiat de la chapelle (200 mètres environ au Nord-Ouest) au moment de l'érection de celle-ci. 

Si l'on tient compte de la dévotion des mineurs envers leur vénérée patronne, la construction, en 1718, d'une chapelle dédiée à sainte Barbe se comprend, surtout sur du terrain qui, en 1745, appartenait encore à l'abbaye de Saint-Denis, intéressée elle-même dans l'exploitation. 

Vers 1750 et un peu plus tard, la Société de "La Barette" creusa encore plusieurs fosses sur les rives du "Rieu Baron" dans un rayon de deux cents mètres au nord-est de la chapelle. Disons en passant qu'elles occasionnèrent de longs procès entre l'abbaye de Saint-Denis, la Société du Bois-du-Luc et le prince de Croy, procès qui durèrent de 1750 à 1799 au moins, soit quarante-neuf ans. 

Plus tard encore, un autre puits de mine, déjà plus important, puisqu'il était doté d'une machine à vapeur, fut foncé à une cinquantaine de mètres au sud de la chapelle. Dans les notices historiques publiées en 1935 par la Société du Bois-du-Luc, à l'occasion du deux cent cinquantième anniversaire de sa fondation, nous relevons encore: "En 1801, la fosse Sainte-Barbe fut créée, on l'arrêta presque complètement en 1883; elle fut comblée en 1887". Le puits en question avait ainsi tiré son nom de celui de la petite chapelle voisine. 

Ce modeste oratoire est donc aussi un monument commémoratif, probablement le seul, des débuts de l'industrie houillère dans les deux Houdeng. 

La chapelle ancienne, plus petite que celle d'à présent, était en briques ordinaires et toute simple. Deux ifs l'encadraient. 

L'oratoire actuel a été reconstruit en 1899, au même emplacement exactement, par la Société Anonyme des Charbonnages du Bois-du-Luc suivant plans de feu Emile Deltenre, architecte de la société. C'est une construction en briques polies sur soubassement en pierres. Fenêtres latérales ogivales à double arcade. Les deux éclairant le choeur sont à simple arcade. Toiture en ardoises. Le choeur à trois pans, surélevé de deux marches, est séparé du restant de la chapelle par une grille ouvragée ouvrante. Les dimensions sont indiquées sur la vue en plan. 

Autrefois, il y a de cela quelques lustres, le troisième dimanche de juillet, jour de la fête annuelle de la cité charbonnière du Bois-du-Luc, une "procession Sainte-Barbe" partait de l'église Saint-Jean-Baptiste' à Houdeng-Aimeries. Arrivée au lieu dit "Jobrette", elle stationnait pendant que le clergé et le groupe portant Sainte-Barbe s'en détachaient pour se rendre à la chapelle Sainte-Barbe au Croquet. La procession continuait ensuite jusque la chapelle de l'hospice du Bois-du-Luc, dédiée aussi à sainte Barbe, d'où elle regagnait son point de départ. 

Cette procession n'avait pas, croyons-nous, une origine très lointaine. Nous supposons qu'elle pouvait remonter à l'année 1861, date à laquelle fut ouvert l'hospice en question, construit pour les vieux ouvriers de la société du Bois-du-Luc en suite d'une donation du baron Goswin Plunkett de Rathmore, membre du Comité de Régie de cette société. Mais le hameau du Bois-du-Luc ayant été érigé plus tard en paroisse distincte, une église, sous le vocable de Sainte-Barbe, y fut construite. On célébra la première messe le jour de la Sainte-Barbe en 1905. A dater d'alors, l'itinéraire de la procession a été modifié. 

C'est pourquoi, actuellement, la chapelle Sainte-Barbe du Croquet, malgré les souvenirs qu'elle évoque, n'est plus visitée que par les processions des Rogations des paroisses de Houdeng-Goegnies, Houdeng-Aimeries et Bois-du-Luc. 

J.Gobert.

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14/05/2009

Les paroisses de Houdeng-Aimeries et de Houdeng-Goegnies

"Le Centre" - Jeudi 3 décembre 1942. 

AIMERIES. 

Le décret du 16 octobre 1803 portant organisation du nouveau diocèse de Tournai reconnaît à la paroisse de Saint-Jean-Baptiste, à Houdeng-Aimeries, le titre de succursale se rattachant à la cure primaire du Roeulx et lui laisse ses anciennes limites, à l'exception de "tout le territoire de Goegnies-Houdeng qui, par le même décret, était également érigée en succursale". 

La confiance des autorités diocésaines a successivement appelé à la direction spirituelle de cette paroisse les prêtres dont les noms suivent:

  • 1802 - Andrieux Jean-Baptiste-Ghislain.
  • 1806 - Putsage Ursmer. Il passa à la cure de Houdeng-Goegnies en 1807 et y mourut en 1818.
  • 1807 - Hiernaux Jacques-Joseph, décédé le 12 février 1817. En raison de son état maladif, il eut pour coadjudicateur, depuis le 9 avril 1815, l'abbé J.-J. Marcelle, frère du curé qui suit.
  • 1817 - Marcelle Nicolas-Joseph décédé à Houdeng-Goegnies le 4 août 1826.
  • 1826 - Boulvin Albert-Joseph-Gédéon.
  • 1830 - Mangin Charles-Joseph.
  • 1842 - Huart Alexis, qui devint curé de Ragnies.
  • 1849 - Mathot Auguste, qui fut par la suite doyen de Gosselies.
  • 1856 - Mauroit Jean-Baptiste. 

Un vicaire était attaché à la paroisse de Houdeng-Aimeries depuis 1846. 

GOEGNIES. 

Le décret que nous avons cité plus haut a détaché de l'ancienne paroisse-mère de Houdeng tout le territoire autrefois desservi par la Chapelle de Goegnies, et l'a érigé en paroisse distincte, également succursale du décanat du Roeulx. Il accordait, en outre, aux habitants des fermes dites de la Basse-Louvière, situées à 45 minutes de l'église de Saint-Vaast, dont elles dépendaient alors, la permission de fréquenter l'église succursale de Goegnies et d'y recevoir les sacrements à l'exception du mariage et de la communion pascale qu'ils étaient tenus de recevoir en l'église de Saint-Vaast. 

Voici la liste des recteurs de Houdeng-Goegnies:

  • 1802 - Henry Olivier, décédé le 19 mars 1807.
  • 1807 - Putsage Ursmer, décédé le A août 1818.
  • 1818 - Graux Ghislain-Joseph, décédé en sa paroisse le 28 février 1831.
  • 1831 - Bardiau François, né à Haulchin le 3 juin 1801, décédé en fonctions le 17 juin 1862. Son caractère juste, conciliateur et modéré lui avaient mérité la profonde estime de ceux qui ont vécu sous sa direction. Un superbe monument lui a été érigé par la reconnaissance publique dans le cimetière de la localité.
  • 1862 - Riglaire François.
  • 1868 - Roland J.-P. 

Les besoins du service religieux ont nécessité l'adjonction d'un vicariat à la cure de Houdeng-Goegnies depuis 1847. 

EDIFICES DU CULTE. 

Voici, pour finir ce chapitre, d'intéressants détails sur les édifices consacrés au culte;

Le religieux élan qui suivit les terreurs de l'an 1000 causées par une folle appréhension de la fin du monde - eut pour résultat l'organisation d'un grand nombre de paroisses, ou, dans ceIles qui existaient antérieurement, la substitution, d'églises plus somptueuses aux humbles oratoires qu'avaient établis les propagateurs du christianisme. 

C'est probablement à cette époque, dit M.Jules Monoyer, que Houdeng vit s'élever sa première église digne de ce nom. On l'érigea dans l'enceinte même de la résidence seigneuriale. 

Le mémoire rédigé pour le comte de Cernay dit avec raison que la chapelle de Goegnies fut bâtie longtemps après l'église-mère. Effectivement, la donation de 1119 parle seulement de l'autel de Houdeng, lequel desservait le village de Goegnies (altare de Houdeng cum appenditio suo Goinnlia). La fameuse protestation du clergé du Hainaut (1186) et l'acte de fondation du bénéficio du Sart (1234) mentionnent également la seule église de Houdeng. Il est à supposer que Goegnies n'eut pas de temple avant l'an 1300; encore l'édifice ne fut-il pourvu d'une tour qu'en 1561. C'est ce qui résultait d'une inscription en caractères gothiques taillés en relief que l'on voyait dans le clocher. En voici sa traduction: "L'an 1561, le huitième jour de juin, fut commencée cette tour par Adrien le Muyau, Mathieu et sa femme, qui l'ont assise en partie sur le courtil. Prions pour leur âme". 

On appelait au Moyen-Age, cortis, curtis, ce que les anciens nommaient chors, cohors, c'est-à-dire la basse-cour d'abord, puis l'habitation même d'un personnage marquant, autour de laquelle se forme une agglomération. C'est l'origine des mots terminés en court. Ex.: Roucourt, l'établissement de Rou, Rodulphe ou Rollon. Courtil veut dire enclos, propriété privée. 

Gérard Sacré nous apprend que le choeur de Goegnies fut entièrement reconstruit vers l'an 1600; que l'ensemble du monument souffrit beaucoup pendant les guerres de Louis XIV; que les "manants" du lieu élevèrent à leurs frais, dans le cimetière, en 1666, une école pour l'instruction des enfants. 

A la fin du XVIIIe siècle, les deux églises menaçaient ruine. Il fallut songer à les reconstruire et la question de savoir qui en supporterait les frais considérables fut la cause d'un curieux procès dont voici le fond : 

La coutume du Hainaut disposait (Ch. VII, art. 1-3) que l'édification et la restauration du choeur et des chanceaux des églises paroissiales incombaient au collateur, tandis que la nef, le clocher et les murailles du cimetière demeuraient à charge des paroissiens, encore qu'ils fussent de différentes Seigneuries. Or, l'édit impérial du 25 septembre 1769, interprété par celui du 24 octobre 1772, avait modifié ces dispositions en ce sens que tous les frais devaient être supportés désormais par les décimateurs. L'abbé de Saint-Denis, qui avait le patronnât de la paroisse, refusant de se soumettre à la loi, le mayeur de Houdeng, M.Adrien-Joseph Monoyer, plus tard bailli, porta devant le Conseil Souverain du Hainaut les réclamations de ses administrés, et obtint gain de cause après trois ans de procédure (1776-1779). La nouvelle église paroissiale s'éleva donc aux dépens du riche monastère et le décret impérial reçut ainsi sa première exécution. 

En même temps, on remplaçait par un édifice aux dimensions plus spacieuses la chapelle de Goegnies, "devenue insuffisante pour les besoins de la population. L'axe de la construction nouvelle coupe à angle droit par son milieu celui de l'ancienne, dont la tour a été respectée. Voilà ce qui explique pourquoi cette dernière, par une anomalie dont on ne voit pas d'exemples, se trouve actuellement isolée sur le côté de l'église au lieu de la surmonter. L'un et l'autre villages avaient autrefois trois cloches. Pendant la Révolution française, un arrêté du pouvoir exécutif ordonna que toutes les églises livrassent à l'Etat leurs cloches, à l'exception d'une seule. 

Goegnies perdit ainsi deux des siennes, qui n'ont jamais été remplacées. Les débris de celles de Houdeng, grâce au dévouement téméraire de quelques personnes, échappèrent aux réquisitions de la République, et l'on en fondit de nouvelles cloches à la réouverture des églises après le Concordat. 

Si l'église de Houdeng-Aimeries remonte à l'an 1700, celle de Houdeng-Goegnies date d'environ 35 ans. L'ancienne construction occupait l'emplacement de la Maison Libérale, place Albert 1er. C'est la paroisse Saint-Géry.

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12/05/2009

Les paroisses anciennes de Houdeng et de Goegnies

"Le Centre" - Samedi-Dimanche 14-15 novembre 1942. 

On semble assigner à Goegnies comme village une origine antérieure à celle de Houdeng (Aimeries), écrit-on dans le livre de M.Jules Monoyer, édité en 1875. Il est à remarquer que ce dernier endroit, sous le rapport de l'organisation ecclésiastique, était paroisse-mère dont Goegnies relevait en simple dépendance ou secours. La paroisse de Houdeng faisait partie de l'ancien évêché de Cambrai, archidiaconne de Hainaut, décanat de Binche, elle figure au nombre de 557 églises et communautés du Hainaut qui protestèrent en 1186 contre les impositions vexatoires de l'autorité diocésaine. On n'a pu découvrir l'époque exacte de l'érection de Houdeng en paroisse, bien que son existence en cette qualité, avec Goegnies comme appendice, soit constatée depuis 1119. Par chartre de cette année, Burchard, évêque de Cambrai donna l'un et l'autre autel à la communauté bénédictine de Saint-Denis en Brocqueroie. Le pape Calixte II ratifia cette libéralité quelques mois après (1119). 

La possession d'un autel embrassait :

a) la collation de la cure et de la clergie avec l'entretien du prêtre desservant;
b) la perception de la dîme dans toute la circonscription paroissiale comme indemnité du service spirituel et pour subvenir aux besoins du culte. 

La coutume du Hainaut distingue deux espèces de dîmes; la grasse dîme était une part plus ou moins forte, généralement un dixième (decima pars) dans la récolte des céréales. Les mêmes dîmes consistaient en une portion quelconque dans certains produits, tels que chanvre, colza, tabac, houblons, fruits des vergers, oiseaux de basses-cours, croît des troupeaux, laines, etc. 

La dîme sur l'étendue de la paroisse avait été donnée à Saint-Denis par le chevalier Guy de Houdeng (Hosdeng) en 1215. Gérard Sacré, moine de cette maison, qui écrivit en 1654 la Pantographie seigneuriale de son monastère sur Houdeng et Goegnies, donne l'énumération des héritages sujets à dîmes et rentes, avec la qualité de ces charges. 

L'abbaye possédait à proximité de l'église de Goegnies une métairie et une grange nommées "ferme et grange de la dîme" parce qu'on y renfermait le produit de cette contribution. 

On a toujours dit à Cambrai "la cure de Houdeng avec son secours de Goegnies" chaque fois qu'il s'agit de la pourvoir d'un titulaire; mais au point de vue de la population à desservir, la dépendance était beaucoup plus considérable que l'église-mère, à tel point que le chef spirituel de la paroisse avait dû fixer sa résidence à Goegnies. Dans ces conditions la cure de Houdeng et Goegnies passait à juste titre pour une des plus lucratives du Hainaut. En effet, le desservant avait la jouissance d'un presbytère avec jardin, prés, vergers et plusieurs bonniers de terres labourables; il percevait un droit de terrage sur certains biens fonds, levait à son profit exclusif la totalité des menues dîmes et une position de la dîme des céréales; il touchait, depuis l'an 1600 ou environ les revenus de l'ancien bénéfice du Sart; enfin en 1656 il obtint encore la dotation de la chapelle de Notre-Dame, érigée depuis 1305 par messire Soyer d'Enghien en l'église d'Havre, ce qui valait deux cents livres annuellement. 

Le manuscrit de Dora Anselme Vaast nous apprend qu'en 1720 la dîme des houblons seulement rapportait six mille livres au curé, soit douze cents livres en argent, à raison de deux patars (0.18), par livre de cette précieuse récolte. 

Un seul ecclésiastique desservit pendant longtemps les deux églises à la fois; ce fut seulement en 1716 que les vicaires-généraux de Cambrai, après une visite de la paroisse, reconnurent la nécessité d'y établir un vicaire, un chapelain pour aider le recteur dans ses pénibles fonctions. Ce dernier, mécontent d'une mesure qui le privait d'une partie de ses revenus, voulut en 1720 réduire son coadjuteur, à la portion congrue, c'est-à-dire lui faire payer par le collateur de l'autel un maigre traitement de 200 a 300 livres, sans aucune indemnité sur les produits de la cure. 

Un accord intervenu le 8 juillet de la même année, mit fin au litige et fixa le traitement du vicaire à 350 livres, le curé de Houdeng et Goegnies en devait fournir deux cents, le reste demeurant à charge des abbés de Saint-Denis et de Saint-Feuillien, ce dernier intervenant à raison d'une qualité qu'il percevait sur le grosse dîme. 

Les curés sous l'ancien régime, avaient dans leurs attributions la tenue des registres de la paroisse et de son secours (baptêmes, mariages, inhumations). On a conservé les registres de Goegnies depuis 1613 et ceux de Houdeng à partir de 1665. Tous les précieux manuscrits étaient déposés aux archives communales de Houdeng-Goegnies et de Houdeng-Aimeries, en exécution de l'arrêté du 29 prairial an IV (1796). A l'aide de ces documents, on peut rétablir comme suit la série des recteurs de Houdeng et Goegnies depuis le milieu du XVIle siècle jusqu'à la Révolution française:

  • 1665-1687: Maître Philippe Manderlier, bâchelier en théologie, ex-régent du Collège du Roeulx. Il mourut à Houdeng le 9 juillet 1687 et fut inhumé dans le choeur de l'ancienne église.
  • 1687-1688: Ambroise Lobez, intérimaire.
  • 1689-1746: Nicolas Dubois, décédé à Houdeng le 12 avril 1746, après avoir régi la paroisse et son secours pendant 58 ans. Son testament établit une fondation dont jouissaient les clercs-laïcs de Houdeng et de Goegnies, à charge de donner
  • l'instruction primaire aux enfants pauvres.
  • 1746-1768: Egide-Antoine Mary, bachelier en théologie, ex-professeur à l'abbaye Sainte-Gertrude à Louvain. Il mourut à Goegnies le 28 août 1764 et fut enterré dans l'église, vis-à-vis de l'autel de la Vierge.
  • 1765-1769: Maître Robert-Joseph-Emmanuel Legast, natif de Braine-le-Comte. Il mourut à Houdeng le 23 mars 1769, et fut inhumé dans l'ancienne église.
  • 1769-1778: P.-J. Durieu.
  • 1778-1796: N.-S. Salomon, de l'ordre des Dominicains. Il vit fermer ses deux églises par la Révolution française.
  • 1798: Jean-Baptiste-Ghislain Andrieu, vicaire, sous le précédent recteur. 

Le Concordat de 1802 permit le rétablissement du culte catholique en Belgique. Quand l'évêché de Tournai se reconstitua l'année suivante, les villages de Houdeng et de Goegnies y furent incorporés. Ils forment depuis cette époque deux paroisses distinctes relevant du décanat du Roeulx.

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10/05/2009

L'église, les chapelles

"Le Centre" - 24 septembre 1941.

Houdeng-Goegnies possédait une église, qui fut démolie il y a 33 ou 34 ans; elle occupait l'emplacement où se trouvent les bâtiments de la maison libérale. 

La nouvelle église date de cette époque; elle est située place Albert 1er, non loin de la première. Elle a nom Saint-Géry. Eglise moderne, l'édifice ne se rattache qu'à l'histoire contemporaine.

 SAINT GERY. 

Le culte dont jouit saint Géry s'explique par le fait qu'il fut, très tôt, honoré comme le patron du diocèse de Cambrai, et que la majeure partie des paroisses du Hainaut actuel relevèrent de ce diocèse jusqu'à la Révolution française. Il naquit à Yvois, aujourd'hui Carignan dans les Ardennes françaises. Son biographe raconte que Magnerius, l'évêque de Trêves, faisant un jour la visite de cette paroisse qui relevait de lui, apprit qu'un jeune garçon se distinguait par sa piété; il se rendait à l'église tous les jours, jeûnait, distribuait sa nourriture aux pauvres et, surtout, s'adonnait à l'étude des Saintes Ecritures. II était né de parents romains mais portait le nom germanique de Gaugericus; il s'agissait de notre Géry. 

L'évêque lui conféra la tonsure et lui promit le diaconat, à sa prochaine visite, s'il connaissait le psautier par coeur, ce qui fut le cas. Devenu prêtre et vicaire à Trêves, Géry fut, entre les années 584 à 590, élu évêque de Cambrai-Arras, par le clergé et le peuple de Cambrai. 

Le diocèse dont il avait été chargé était, à cette époque, fort étendu. Il coïncidait avec la "cité des Nerviens" - le sceau de l'évêque portait même le titre d'"episcopus Nerviorura" - et allait du Cambrésis au sud, à la Campine au nord, à l'actuelle frontière entre le Belgique et les Pays-Bas. 

Saint Géry témoigna d'une extraordinaire charité et, plus particulièrement, d'un souci constant de libérer les prisonniers de guerre, réduits en esclavage. Une tradition très ferme lui attribue l'érection d'une chapelle sur une île de la Senne, à l'endroit où s'édifia la ville de Bruxelles. Cette chapelle fut d'ailleurs remplacée par une église, dédiée à saint Géry, mais par après, ce bâtiment fut détruit et le lieu du culte supprimé. 

Après un épiscopat de 39 ans, Géry s'éteignait le 11 août 625.

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