06/08/2009

Deux ponts s'en vont...

"Indépendance" - Mardi 17 novembre 1970. 

A Goegnies, deux ponts s'en vont : un pont cron et un pont long. 

"Cron" il l'est, le pont qui, au bord du cimetière d'Houdeng-Goegnies permet le franchissement de la voie ferrée abandonnée; cron et aveugle depuis quelque cent et dix ans, quand il a été installé sur cette route conduisant à Familleureux par le "Lait Beurré" 

Seulement, alors, au temps de la traction chevaline, posée et peu dense, les inconvénients du pont étaient mineurs; quant à la voie de chemin de fer, l'implantation en biais lui permettait de filer en ligne droite, alors que dans notre temps de déplacements rapides, cette chicane en dos d'âne, en biais, et entre des parois opaques, constitue une difficulté pour la circulation routière. 

Il n'est pas le seul: de nombreux ponts "crons" (et aveugles) subsistent sur nos routes; au haut de Balasse sur le chemin allant du fond d'Houdeng-Aimeries à Strépy (ancien chemin de l'Infante Isabelle) et à la limite de Bracquegnies pour atteindre Maurage, etc. Pour éviter des constructions anguleuses, nécessitant des plans, dés études et des édifications coûtant plus cher que des ponts perpendiculaires aux voies, les "Chemins de fer de l'Etat Belge" ont multiplié ce qui est devenu de véritables chicanes, alors que leurs architectes avaient carte blanche pour proposer des façades de gares surchargées de pierres sculptées, de "festons et astragales" qui nous apparaissent maintenant des surcharges baroques autant qu'inutiles: voyons ces gares de Manage, de Haine-Saint-Pierre, de Binche, par exemple. 

Revenons à notre pont "routier": on a déjà du côté Est "rembourré" le creux dans les terrains contigus; maintenant, on déverse, à pleins camions, des décombres et des terres du côté Nord-Ouest, près du mur Nord du cimetière, et l'on approche d'un nivellement égalisateur.

D'ici peu donc, seront à portée pratique du centre de Goegnies, des accès vers les espaces au bord des bois anciens et vers la campagne vaste du "Gros Saule" et sera facilitée la circulation vers ce Familleureux qui s'apprête à la mutation chimique. 

LONG PONT OU PONT DE 100 METRES. 

Autre, pont dont  la disparition est proche, par d'autres moyens, et pour cause: le très populaires (Long Pont" ou "Pont de 100 m." qui, en biais aussi et à grande hauteur, franchit la profonde tranchée du canal pour supporter les convois charbonniers venant de Bois-du-Luc. 

Ce pont, un grand "mécano" de trois travées en poutres et cornières ajourées est un peu moins âgé que celui évoqué ci-dessus, puisqu'il ne fut construit qu'à la fin du siècle passé, quand, pour creuser le "nouveau canal", les entreprises éventrèrent le "butte de Scailmont" que l'abbaye de Saint-Denis avait garnie d'arbres quand la ferme de Scailmont toute proche lui appartenait avant la Révolution. 

La séculaire Société de Bois-du-Luc (1685) avait, dès le creusement du canal "du-dessus" (1836) relié ses installations d'extraction du sud d'Houdeng-Aimeries au canal vingt ans avant que ne s'ouvre sur le chemin de fer Braine - Houdeng -Haine-Saint-Pierre - Binche, la gare d'Houdeng-Goegnies; et les convois charbonniers - qui furent jusqu'en 1847 tractés par des chevaux - passèrent donc pendant quelque 60 années sur ce pont, lequel, en outre, par des trottoirs formés de planches brutes, offrait un raccourci piétonnier entre le quartier de Saint-Nicolas, mitoyen, et celui dit "Coron Delattre", tirant son nom populaire de la famille qui, de longues années durant, exploita la ferme de Scailmont. 

Ce pont servit aussi, jusqu'aux environs de 1966, au passage de ce convoi simplement baptisé "El tram des Flaminds", lequel, après avoir été formé de wagons fermés (devenus "El Frumè" et utilisé ailleurs), était formé de voitures de voyageurs et amenait de la gare d'Houdeng-Goegnies, puis les y ramenait, les nombreux ouvriers venant chaque jour du Sud des Flandres pour travailler aux différents sièges des Charbonnages du Bois-du-Luc. 

Ainsi donc, deux ponts, l'un passant au-dessus d'une voie ferrée désaffectée, l'autre franchissant" un canal (plus ou moins condamné) vont disparaître de deux sites bien connus de Goegnies, des sites qui vont, pour nos contemporains, prendre un aspect bien différent de ce que ces contemporains auront connu des décennies durant. 

BRULOT.

 

16:45 Écrit par Petit Loup dans Travaux publics | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ponts |  Facebook |

04/08/2009

La voirie du Pain-Blanc bouleversée

"Indépendance" - Jeudi 29 juin 1967. 

Le chemin du Trieu-à-Vallée, au bout du territoire de Goegnies, en abordant celui d'Houdeng-Airaeries, donc après la rivelette le Thiriau du Sart, - qui vient de la Chapelle bien connue - ce chemin (dit Pain Blanc), présente des courbes qu'il convient de ne pas franchir sans grande prudence. Une attention accrue doit maintenant être observée justement à la limite ci-avant évoquée: des travaux de creusements importants y sont en cours. 

En fait, accessoires des travaux d'autoroute, il s'agit du raccordement de la route en construction qui doit venir du "Pont du Roudgeot", contournement et dégagement du chemin du Trieu-à-Vallée qui doit abandonner son "Pont Brin d'Tchin" qui vient aboutir exactement à la limite des territoires houdino-goegnérois, ce qui implique un détournement des eaux de la rivelette, et la construction d'un nouveau ponceau, les eaux étant menées dans des modernes arceaux métalliques ("Arraco" en tôles d'acier ondulé). 

Il est prévu que plus tard, le nouveau chemin sera prolongé pour former la chaussée Binche - Braine. 

Dans l'entretemps, le passage par le vieux chemin est assez difficile, voire dangereux en raison des courbes rapprochées. 

Quant à l'histoire locale, et aux limites administratives, tout cela va subir des bouleversements: les traces du "Wez Djean du Gros" vont s'effacer, le "Pracolie" va se rétrécir (vieux nom qui venait du "Pré-à-Crolie" d'autrefois, et même la "Tchaffènerie" caillouteuse (vestige d'anciens puits de fosse superficielle) sera incluse dans des accotements remblayés. 

Heureuse solution dans ces bouleversements: au milieu de la section entre le "Pont Brin d'Tchin" et le nouveau carrefour de ce qui fut le cabaret (relais d'antant) du Mouni'n, un passage "piétonnier" accessible aux vélos, sera aménagé pour raccourcir les trajets pédestres des habitants et des enfants.

16:45 Écrit par Petit Loup dans Travaux publics | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : voirie, pain-blanc |  Facebook |

02/08/2009

Pont-neuf et ponts-vieux: pompons.

"Indépendance" '- Vendredi 6 juin 1967. 

II n'est pas questions de "pompons" de marins: Goegnies a le premier ascenseur à bateaux, mais les marins y sont rares. A moins que... 

Il n'est pas non plus question des sympathiques et dévoués pompiers. 

Il n'est pas question de "Pora ! Pom !" que les Arthur et Emile poussent dans leur tuba, ou Léon dans son bombardon. 

Alors ? Alors ?

Alors nous pensons tout simplement aux ponts réels, parce qu'ils viennent de s'augmenter en nombre, un nouveau pont est né, frère du populaire "Pont br... d'Tchin" et qui est déjà baptisé: c'est ce pont solide, bétonné "à mac" qui va faire passer le chemin de contournement du Trieu-à-Vallée, et plus tard, le chemin Binche-Braine.

Mais, Goegnérois, avez-vous déjà dénombré tous vos ponts? Il y a le pont dit du "Croquet, le "long pont" ou pont de cent mètres, et son voisin le pont du chemin de fer, devenu le Pont Rouge depuis que, refait après son dynamitage de mai 40, on l'a vu barbouillé de minium; puis le pont Capitte, promu au titre de viaduc, et formant toujours frontière stratégique. Puis sur feu les voies ferrées, il reste le pont (si cron) du cimetière et le pont du "couvreu" et ce pont "Br. . .d'Tchin" condamné à mort et promis à la résurrection. Et puis que de ponts de rivières, ou de richots, presque tous mitoyens, comme au Pont-du-Sart, comme au Blanc-Pain, comme à la Barette, le pont dit "des Charbonniers" étant disparu sous l'autoroute, le Thiriau du Sart ayant été violenté, et forcé plus vers l'Aulnois d' Houdeng-Aimeries, par un vrai tunnel métallique. 

Et, à l'énumération incomplète, s'ajoutent maintenant le pont du chemin de Familleureux, au-dessus de l'autoroute, sur laquelle il offre une vue, aujourd'hui des travaux d'achèvement, demain du trafic automobile, et le pont que nous évoquons ci-avant, sous l'autoroute que la population a déjà baptisé: "el pont du Roudgeot" (parce que les parents des expropriés, et démolis, qui habitaient à cet endroit étaient populairement appelés "Les Roudgeots"). 

Les écoliers locaux, au cours de géographie, les maîtres et maîtresses, se doivent d'enregistrer ce nom, tout comme les autorités se doivent de le connaître, voire de l'officialiser pour situer, informer, repérer. 

A noter que ce pont, promis à des trafics futurs, supportera la voie ferrée industrielle qui doit se greffer sur l'ancienne voie Houdeng - Soignies, pour aboutir au zoning projeté aux extrémités d'Houdeng-Aimeries et de Bracquegnies au "Lièvre Courant": notoriété et utilités donc dans l'avenir pour ce pont du Roudgeot né au Trieu-à-Vallée, près du chemin du Sart, dit en toponymie du coin: "el kérain du sourd" (sous-entendu, et pour cause: du sourd Meuter !).

16:45 Écrit par Petit Loup dans Travaux publics | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ponts |  Facebook |

30/07/2009

Choses faites et à faire aux deux Houdeng

"Indépendance"  - Jeudi  30 mars  1967. 

Si pas le printemps, du moins la fin de l'hiver a conditionné les activités et les espoirs de cette récente quinzaine. 

A Goegnies, secteur travaux, on continue les agréables revêtements de trottoirs; on prépare des dallages confortables vers le Lait Beurré, et des prévisions, des projets vont concerner les trottoirs de la centrale rue des Trieux (au lieu des "platines", ou plats pavés actuels). A l'entrée de cette artère, au coin déjà élargi de la chaussée, signe des temps, l'alimentation humaine disparaît au profit de l'alimentation des chevaux... mécaniques: la boulangerie a été démolie, et une firme d'essence automobile prépare un poste d'alimentation de carburant; qui se doit, pour des raisons pour le moins étranges, de respecter la friture populaire qui est chère aux noctambules, mais peu aimée des voisins, astreints à des ramassages de papiers gras, jouets des vents, et des négligences. 

Au quartier du Culot, R. I.P. pour les vestiges branlants de ce qui fut la "since Brinquin": un bel assainissement opportun. 

Domaine circulation, en annonçant la mise à sens unique des rues de la Poste et des Clercs, nous avions omis - faute de publicité et faute de n'y être pas passé - que la rue de la Chaudronnerie, si étroite, a fait l'objet d'une réglementation similaire: on n'y rentre plus que par la chaussée et l'accès par les rues Colinet et de la Station s'y heurte à un panonceau rond d'interdiction. 

Domaine scolaire: la salle du Cercle Horticole, devenue propriété communale, a retrouvé une occasion d'accueillir un public enthousiaste grâce à un spectacle scolaire de haute tenue et inspiré des charmes divers de Paris. 

Au cœur de la commune-sœur (comme on dit...) c'est par contre de la Pologne variée que sont venues des beautés spectaculaires: ballets et chants folkloriques, puis récitals de virtuoses, le tout corsé d'une exposition richissime montrant les sites, les timbres, les héroïsmes d'un pays martyr; et l'on y parle du célèbre "grand" bal du mayeur (fixé au 18 avril) grâce auquel des générosités complètent les fêtes communales annuelles; avant se placera encore du théâtre gai (le 9 avril). 

Secteur travaux: la perspective se précise des améliorations modernes aux rues Saint-Amand et Jeanne Haye, l'adjudicataire (la firme d'Haulchin: Bernard et Larcin)  ayant d'abord à terminer une grosse entreprise de voirie ailleurs. Dans l'entretemps, les services locaux se sont attachés à l'amélioration de plusieurs écarts, mais des écarts fort fréquentés par les piétons: la ruelle reliant Grand-Peine à la cité vivante de Bigneau, et le sentier menant du bas du chemin de Genival, en somme de l'antenne, à l'ascenseur n° 2, sont maintenant "tarmacamadisés). Et même le vieux chemin de campagne de Genival, doté l'an dernier d'un égout, reçoit, lui aussi, son "tapis" bitumeux: les promeneurs et touristes descendant vers Bigneau, l'Antenne - " demi Tour Eiffel" - les Ascenseurs, s'en réjouiront et leurs chaussures de même. 

De ce Bois-du-Luc maintenant sans bois, sautons à l'autre bout de la commune, où subsistent des bois réels, des bois qui fêtent leur ducasse, séculaire, millénaire, jonquilles au poing. Et redonnons le conseil aux habitués: puisqu'on en est à de longues promenades, atteignez le cœur du bois (où arbres et jonquilles, chapelle et sous-bois sont intacts) en marchant jusqu'à dépasser le pont "Br... d'Tch..." (dont on apercevra le frère en construction à gauche), jusqu'à retrouver le territoire d'Houdeng-Aimeries au carrefour du Blanc-Pain, où s'ouvre à droite l'avenue dite de la Chapelle, d'ailleurs accessible aux véhicules. 

Et ne croyez pas que la ducasse "du Bos" se termine quand le tout petit "champ de foire" émigré vers la ducasse à Vias de Mignault: les bois et les sous-bois continuent à multiplier leurs attraits printaniers. 

BRULOT.

16:45 Écrit par Petit Loup dans Travaux publics | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

28/07/2009

La double autoroute à la traversée des deux Houdeng

"Indépendance" - Samedi-Dimanche 5-6 octobre 1966. 

Du nouveau à la double autoroute à la traversée des Deux-Houdeng. 

Une toute petite plaque blanche, avec des lettres bleues, apposée à l'entrée de la rue du Trieu-à-Vallée, sur Houdeng-Aimeries, a déjà pas mal intrigué les passants, voire les voisins du carrefour, avec cette inscription "Sce Engema Pont 39"; d'autant plus que personne ne peut deviner quel est ce pont "39"; d'autant plus encore que cette longue rue du Trieu-à-Vallée doit subir des traversées et par l'autoroute, et par le futur canal, pour lesquels des expropriations ont été effectuées voici quelques mois, puis stoppées. 

En fait, il ne s'agit plus d'un pont vers le fameux quartier du populaire "Pont Br...d'Tchin", il s'agit du pont qui, au cœur du bois, à quelques cent mètres de la séculaire "Chapelle du Bois", sur Houdeng-Aimeries, va permettre à la branche nord, donc à la bande de droite de l'autoroute de Wallonie, venant de La Croyère par le bois de la Hutte, de franchir en hauteur l'autoroute venant de Bruxelles par le bord de Familleureux et le Bois de Courrière, autoroute de Bruxelles qui n'est là, qu'amorcée, et qui vient se fondre dans l'autoroute de Wallonie. On sait, en effet, que de ce point d'Houdeng-Aimeries jusqu'à la sortie de Ville-sur-Haine, l'autoroute sera commune à l'autoroute dite de Wallonie et à la future autoroute vers Mons et Paris. 

Le pont 39 envisagé servira donc aux véhicules venant de La Croyère qui passeront à un niveau supérieur avant de se rabattre en pente douce et progressivement dans la grande autoroute, et cela sans couper le trafic de l'autoroute de Bruxelles. 

Ce pont 39 sera construit par la firme "Engema" de Bruxelles; à noter que des "pieux Franki" ont déjà été battus en cet endroit, enfoncements de fondations que les quelques promeneurs dans les bois ont vu effectuer, voici deux à trois mois, et sans toujours en comprendre la destination. 

Des "pieux Franki" ont été battus également dans le vaste chantier ouvert depuis des mois à la limite d'Houdeng-Aimeries, et de la pointe avancée de territoire bracquegnérois, au lieu-dit "Le Lièvre Courant". On sait qu'à cet endroit la vieille chaussée (nationale 55) venant de La Louvière et arrivant en frôlant le cimetière d'Houdeng-Aimeries, devra franchir l'autoroute double qui passe en site inférieur; le pont de franchissement sera important, d'autant plus qu'il devra prévoir le passage, aussi en inférieur, du chemin de fer industriel venant de l'ancienne gare d'Houdeng-Goegnies et se rabattant vers le "zoning" prévu du côté sud de la chaussée. 

Ce chantier est resté longtemps sans progression apparente, mais les problèmes des eaux ont nécessité de très nombreux travaux peu spectaculaires: les "traversants" ont longtemps remarqué le grand nombre de tôles semi-circulaires, ondulées et goudronnées, qui ont dû être enfouies en divers endroits, en vue de réaliser les évacuations des eaux de sources, de "boulants", etc... et les eaux que collecteront les rampes d'accès de part et d'autre de l'échangeur. En effet, quatre rampes vont permettre, en cet endroit, de sortir de l'autoroute et d'y accéder dans l'un ou l'autre sens, et les eaux y collectées devront être évacuées vers le seul Thiriau-du-Sart en contrebas. 

Un panneau, au milieu du chantier, annonce maintenant que la réalisation de ce pont est confiée à la firme du Centre bien connue, "Endeta" (Entreprises Dehandschutter et Tassin de Mariage, ex-Dehandschutter et Abts, du nom de M. Abts si populaire à Houdeng-Aimeries). 

Tout ceci va constituer une étape marquante dans les travaux mais ce n'est pas avant l'an prochain que les revêtements carrossables apparaîtront dans ce complexe important et difficile. 

E. L. D.

16:45 Écrit par Petit Loup dans Travaux publics | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : autoroute |  Facebook |

26/07/2009

Les travaux spectaculaires de l'autoroute de Wallonie.

"Indépendance" Jeudi 26 août 1965. 

Ouverts en somme depuis des années, et à grands renforts de drapeaux, de tribunes, discours, les chantiers de la double autoroute ont paru peu réalisateurs: on travaillait, on voyait des files d'énormes camions, des bulldozers jaunes... mais comme tout cela se passait à l'écart des agglomérations, sans grands moyens d'approche, le spectateur occasionnel ne constatait pas de progrès marquants; et puis ' les travaux préparatoires, dans tout chantier, semblent toujours lents... 

A LA SORTIE D'HOUDENG-AIMERIES VERS LE ROEULX. 

Cette fois le trafic de la "Nationale 55" subit des restrictions frappantes au lieu dit "Le Lièvre Courant", à quelque deux cents mètres au-delà du cimetière d'Houdeng-Aimeries: une voierie de déviation y est réalisée à droite (direction Le Roeulx) avec des panneaux impératifs: défense de dépasser la vitesse de 20 km... 

Ce détour passe en "déblai, et à son début il est enjambé par la construction d'un "pont de service"; une travée surmonte déjà la déviation, et quand ce pont sera terminé il servira -temporairement - à l'incessant passage de lourds camions de terres, schistes, etc... et le croisement à niveau de ces camions avec le trafic de la chaussée ne présentera plus ni entrave ni danger. 

Rappelons que les plans prévoient en cet endroit que la chaussée (Nationale 55) passera sur un pont d'une belle longueur, la double autoroute étant prévue, elle, en passage inférieur, avec de part et d'autre, quatre accès ou sorties en rampes douces et formant trapèze: double autoroute, répétons-nous puisque se confondent en cette section l'autoroute de Wallonie, et la future (quand?) autoroute Bruxelles-Paris; cette section double autoroute s'étend depuis la Chapelle du Bois et ville-sur-Haine, et les divisions en routes séparées imposent à ces extrémités des travaux peu courants. 

CARREFOUR A LA CHAPELLE DU BOIS. 

En raison du fait que cette section commune se divise au nord-est, au droit de la séculaire chapelle du Bois, le chantier au coeur des populaires Bois d'Houdeng prend une largeur telle que beaucoup de promeneurs dominicaux s'en étonnent. Et s'en étonnent d'autant plus que, comme la section venant de Bois d'Haine (et la bretelle de La Louvière) doit passer au-dessus de la section de Bruxelles, des tremplins énormes de terres rapportées montent on dirait vers la cime des arbres du bois! 

Et ce qui impressionne davantage actuellement c'est le spectacle dans la vallée encore provisoirement ouverte de la rivelette le Thiriau du Sart, qui traverse les bois, et marque la limite entre Houdeng-Goegnies (côté Home-château Nicaise et ex-villa des Oiseaux) et Houdeng-Aimeries, côté de la Chapelle. Or donc, la double autoroute devait franchir cette rivelette, il a été creusé pour son écoulement un nouveau lit, et quel lit! C'est une tranchée rectiligne dans laquelle on pose un long-long tunnel formé par l'assemblage de gros tuyaux en métal ondulé, tuyaux apportés sur place en demi-cintres, assemblés sur place, puis placés, calés, nivelés sur un lit de sable; un ver de terre cyclopéen, qui pousse sa tête là-bas au pied de la chapelle et une saisissante rampe de lancement de missiles ? 

Quant au trafic de camions qui traverse le chemin du Trieu-à-Vallée à proximité du folklorique "Pont Br... d'Tchin", il constitue bien souvent un cauchemar pour les riverains non (ou pas encore?) expropriés; nuages de poussières par temps sec, boues surabondantes par temps de pluie; et si l'on veut y étudier la géographie, il suffit de lire les noms des... ports d'attaches des camions bleus, rouges, gris, verts, qui foncent: Maurage et Vottem, Houdeng et Vlierzele, Mons et Tubize, Hornu et Esneux, Chièvres et Ombret, Naast et Saint-Gérard,... la plupart marqués de ce sigle dont on a parlé ï Uti-Ovu pour Union des Transports Indépendants, Onafhankelijk Vervoerders Unie.

AU CHEMIN DE FAMILLEUREUX. 

Au débouché du "Bois Royal" de La Louvière en atteignant par le chemin de Familleureux, la fin du bois à l'arrivée sur le territoire de Houdeng-Goegnies, le trafic venant de Familleureux est détourné par une voirie toute neuve, égouttée, et qui subsistera pour la desserte des habitants des Bois sur Houdeng-Goegnies et sur Houdeng-Airaeries. 

Le chemin venant du Bois de la Hutte, encore ouvert, sera coupé par l'autoroute quand sera construit le pont qui, en suivant le tracé conservé du chemin de Familleureux, franchira l'autoroute par un saut de quelque quarante-cinq mètres, et de quelque soixante mètres de longueur, le niveau normal étant repris au carrefour où subsiste la très vieille chapelette de pierre dédiée à une certaine N.-D. de la Sallette (qui n'a... disaient nos vieux descriptifs). 

Les habitants défavorisés ce seront donc ceux de la partie mitoyenne des bois, pour atteindre le chemin de Familleureux, et encore parce que vers le carrefour dit du "Repos des Chasseurs"", une nouvelle déviation devra se faire sous la future autoroute de Bruxelles. 

PROBLEMES SUR BRACQUEGNIES. 

On sait qu'un important parc industriel est prévu tout au long de l'autoroute, côté sud, entre la chaussée d'Houdeng-Airmries d'une part, et Coron de Thieu-Hameau de Savoie, d'autre part; désirant étendre ce zoning sans interruption, il est proposé de supprimer une section du "Pavé du Roeulx", qui devait franchir l'autoroute sur un pont important, non loin du "Pré à l'Flache" et du "Chignon Toûilli". En attendant une acceptation définitive, l'entreprise a stoppé ses profonds creusements (7 à 9 m.) de part et d'autre de ce Pavé de Liaison Bracquegnies - Le Roeulx: d'où ces énormes "carrières" de part et d'autre, où semblent s'enliser des grues car les eaux abondantes y créent de véritables étangs. 

AU BOIS DE L'AULNOIS, HOUDENG-AIMERIES. 

De la chaussée, ou Nationale 55, à la limite d'Houdeng-Airmries, l'antique chemin de l'Aulnois, d'abord mitoyen avec une pointe bracquegnéroise, traverse, ou traversait le Bois de l'Aulnois, pour atteindre encore sur Houdeng-Aimeries, le carrefour du Pain-Blanc, où passe la rue de Braine. Les formidables remblais pour l'autoroute ont, pour un temps, obstrué ce chemin dans le bois. 

Mais actuellement, à grands coups de pelles mécaniques et de grues géantes, on creuse un nouveau tracé pour ce chemin, de façon à le faire glisser sous les talus de l'autoroute; cela se fera plus ou moins en parallèle avec le lit du Thiriau du Sart qui revient des bois, et qui sera, là aussi, fourré dans un long tunnel métallique dont les éléments brillent au soleil sur les terres rapportées. 

A noter que ce tracé nouveau de l'Aulnois serait destiné à constituer une section de la route projetée pour... plus tard, qui reliera Binche à la chaussée de Houdeng-Aimeries près du Pont-du-Sart, donc à très proche distance du nœud d'autoroutes, et qui est prévue pour aller reprendre la direction de Braine-le-Comte, par l'antique rue de Braine, comme dans les autrefois. 

Ainsi donc, tous les environs de l'échangeur du Lièvre Courant, accès à la Nationale 55 aux limites du Roeulx et d'Houdeng-Aimeries, - avec une pointe de territoire bracquegnérois, - sont sur le point de constituer une zone étendue de nœuds routiers, avec des voies modernes vers divers centres, les uns lointains, les autres plus proches; et l'on comprend que, vu la configuration tourmentée des sites, avec rivières, buttes, traversées, les travaux s'y révèlent longs dans leurs préparatifs, puis spectaculaires dans leurs réalisations. Maintenant que l'on "commence à y voir clair", les promeneurs et curieux, les commentateurs et chercheurs y viennent puiser de nombreux sujets de conversation et d'étonnement. 

E. L. D.

16:45 Écrit par Petit Loup dans Travaux publics | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : autoroute |  Facebook |

22/07/2009

Le double autoroute aux Houdeng.

"Indépendance" - Vendredi 13 novembre 1964.

  A travers champs et bois, monts et vallées. 

Le chantier spectaculaire centré sur la chaussée Houdeng - Le Roeulx aux abords du lieudit "Le Lièvre courant", n'apparaît pas changer de beaucoup en ces jours-ci, du moins aux yeux des non avertis. 

Cependant les divers aménagements, certains souterrains (conduites de transport de gaz à longue distance, égouttage, câbles,...) s'y achèvent; et des bouleversements gigantesques ont modifié les horizons de part et d'autre: vers les campagnes de Bracquegnies-Haut, et dans le Bois de l'Aulnois sur Houdeng-Aimeries. 

Vers Bracquegnies, ce qui était "le pré à l'flâche", paradoxalement en culminance parce que gardé humide par un sous-sol d'argiles plastiques, a disparu, ainsi que son arbre isolé; sur ces larges espaces qui formaient des emblavures fertiles, des routes provisoires sont tracées pour le charroi de service, et de leur butte qui serait réduite, on distingue aisément la large coulée de l'autoroute vers Thieu et ville-sur-Haine, franchissant les ponts,-et offrant sa large voirie pour les derniers revêtements.

DERRIERE LE CIMETIERE D'HOUDENG-AIMERIES. 

Vers le nord-est, la tranquillité proverbiale des nécropoles est magistralement troublée par les bulldozers et les camions qui parcourent les espaces qu'exige l'assiette de l'autoroute, et sur lesquels se dressaient encore naguère les dizaines d'arbres majeurs. 

A la sortie du Bois de l'Aulnois, une sorte de drame cadastro-administratif se joue. En effet la rivelette bien connue du Thiriau-du-Sart y fait de tout temps la limite entre Houdeng-Aimeries et Goegnies, et son petit pont, au bas du chemin du Sart (dit du... Sourd), le Pont des Charbonniers est lui-même mitoyen, or les derniers plans acceptés en haut lieu prévoient que cette rivelette sera poussée hors de son lit séculaire; son cours sera reporté à quelque cent mètres sur le territoire goegnérois, pour pouvoir réaliser, sous les hauts remblais (10 à 12 mètres) de l'autoroute, un passage en tunnel, plus court parce que perpendiculaire à la route. A noter que le creusement de ce nouveau lit du Thiriau-du-Sart est commencé, et que se sont amoncelés en réserve de gros tas de terre arable, qui  sera plus tard répartie sur les importants épaulements de l'autoroute, qui devront être ensemencés. 

Et au fond de cette vallée fortement marquée, la fermette dite autrefois "du sourd Meuter", et récemment du "Grand Dri" et qui étalait ses anciens bâtiments en retrait du chemin, a disparu pour ne laisser qu'un tas de décombres, briques et mortier gris-clair... 

DU TRIEU-A-VALLEE A LA CHAPELLE. 

Une partie des rails de l'ancien chemin de fer vers Le Roeulx ont été enlevés, mais le sort du populaire Pont "Brin d'Tchi'n" est encore incertain: il est probable qu'il disparaîtra, mais les grands projets de l'I.D.E.A. vers le Lièvre Courant pourraient bien nécessiter la relance de cette voie ferrée, du moins sur une partie de son trajet.

Quant au franchissement du chemin du Trieu-à-vallée par l'autoroute, elle se réalisera mais suivant des plans qui sont retournés pour des examens dans les hautes sphères des Travaux Publics: c'est un problème! 

Dans le bois, sur la partie gauche du Thiriau-du-sart, donc goegnéroise, de larges éclaircies ont été effectuées, des centaines de gros arbres abattus, le taillis mis en tas et brûlé: jour après jour des nuages de lourdes fumées noires ont intrigué les habitants moins proches. 

En ce qui concerne la séculaire chapelle, rive droite, donc sur Houdeng-Aimeries, elle s'en tire intacte, parce que, à sa hauteur, la double autoroute s'incurve pour donner naissance à l'autoroute vers Bruxelles d'une part, et aux deux bandes de l'autoroute de Wallonie. 

Ces travaux cyclopéens bouleversent des sites séculaires, et attirent, malgré le temps, de nombreux spectateurs-promeneurs. 

E.L.D.

16:30 Écrit par Petit Loup dans Travaux publics | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : autoroute |  Facebook |