22/06/2009

Dans les grands bois des deux Houdeng.

"Indépendance" - Vendredi 9 avril 1965. 

Les fameuses promenades séculaires. 

En son temps, nous avons signalé que les quelques habitués de la promenade dévote du 25 mars à la chapelle, avaient du surmonter d'énormes difficultés pour atteindre la clairière centrale: certains ont du se dévoyer pour y arriver par le carrefour dit du "Blanc Pain", d'autres se sont embourbés en voulant traverser le vallon au fond duquel coule le Thiriau-du-Sart, ruisselet-limite qui mettait les boues sur Goegnies et montre la chapelle sur Houdeng-Aimeries. 

Samedi et dimanche, d'accord! 

La saison favorable a fait éclore les fameux "Godets", les jonquilles populaires, un peu prématurément; ces fleurs tant évoquées dans le folklore, indifférentes aux ravages du déboisement des hommes et de leurs machines, fleurissent pêle-mi-pêle-mêle sur la glaise brune, dénudée; c'est vraiment très beau, parce qu'inattendu; mais ces entêtés y restent pratiquement inaccessibles au milieu des plaques glaiseuses, molles, glissantes. 

Promeneurs qui depuis des siècles et de tous les environs, venez au bois dès le printemps, n'y allez pas un autre jour que le samedi ou le dimanche: les autres jours, des engins cyclopéens y règnent, des dizaines de camions y sévissent; ils malaxent des boues argileuses, en tapissant sentes et abords, ou bien ils font rouler des nuages de poussière fine, noire, insinuante. 

Et 'encore, les samedi et dimanche, ne vous aventurez pas en souliers clairs et légers, en "talons-aiguilles", en toilettes délicates: des passages sont difficiles, embroussaillés, empoussiérés, caillouteux. 

Pour accéder, comme il est de règle séculaire, au rond point central, les sentes classiques subsistent; quoique par le chemin du "Bois des Raves" (feu la Villa des Oiseaux, le Château Nicaise, la Baraque Irma), vous atteindrez difficilement la chapelle. 

Par la sente au départ du milieu du Trieu-à-Vallée, l'accès reste quasi normal; en atteignant à mi-bords l'énorme percée prévue pour la division de l'autoroute (en autoroute de Wallonie et autoroute de Bruxelles), le déboisement à ciel ouvert surprend le promeneur, et offre une vue inhabituelle, encore que poétique, sur les bâtiments blancs et sur la chapelle rouge, à travers quelques arbustes encore peu feuillus. 

Par l'accès carrossable partant du carrefour du Blanc-Pain, des dizaines d'automobiles gagnent aisément le rond-point (et y mettent des notes colorées imprévues); encore faut-il circuler "à vue" car le chemin, qui est en droit une allée privée, n'a rien de l'autoroute qui va y être parallèle, et conduira vers d'autres buts qu'une chapelle sylvestre. 

Le Pont du Trieu-à-Vallée. 

On a déjà beaucoup discuté quant au sort de ce pont que-' les Vicinaux ont trouvé moyen, ridiculement de nommer "Pont de l'Etat" (Etat quoi?), et que les populations continuent à signaler comme "el pont Brin d'tchin" (il faudra un jour en donner la raison). 

Lors des premiers projets, il restait; lors des seconds projets, il devait disparaître, et les voisins sont vite allés le photographier; puis il a été décidé de le laisser subsister: le chemin de fer désaffecté devait reprendre vie pour être affecté au parc industriel au long de l'autoroute vers l'Aulnois d'Houdeng-Aimeries et le Lièvre Courant. 

Maintenant on réannonce sa démolition; quoi qu'il en soit son franchissement, actuellement, requiert une grande prudence; il est étroit, il est "cron" et à quelques cinquante mètres de là, des camions de 20-30 tonnes traversent continuellement le chemin en trombe les jours ouvrables. 

Pour le futur: signalons que la route qui y passe, menant vers les Ecaussinnes et Braine, sera dévié par le chemin du Sart (communément le chemin du Sourd, qui conduisait à ce qui fut la ferme du Sourd Meuter, disparue, annihilée,...) lequel chemin sera élargi et aménagé dans sa partie supérieure, puis tournera pour passer sous les remblais de l'autoroute, puis gagner, provisoirement le Pain-Blanc, pluà tard d'autres trajets. 

Un nouveau viol de frontière. 

Qui ne créera pas de Corée ou ... d'autres conflits. 

Nous avons signalé qu'au bas de ce chemin dit du Sourd, le Thiriau-du-Sart, ici malmené partout, coule dans un nouveau lit; or cette rivelette marque la limite administrative entre les communes d'Houdeng-Goegnies et d'Houdeng-Aimeries, qui est donc maintenant sans repère ! 

Et au coeur des bois ? Là aussi le Thiriau-du-Sart trace la limite: mettant le début du bois sur Goegnies, et au-delà de son cours, plaçant la clairière et la chapelle ancestrale sur Houdeng-Aimeries. Or, là aussi le ruisseau a été violenté, et va l'être davantage encore, bousculant les repères de la limite séparative communale ! Cela, bien sûr, n'a qu'une importance toute relative ...que les premiers, les Godets, ignorent, dédaignent. 

Les grands bois commencent à recevoir des promeneurs par centaines, car en plus du temps favorable, il y a l'attrait des chantiers, et l'on voit autant de curieux scrutant les directions, les niveaux, que de dévots allant à la chapelle, et presque autant que les cueilleurs de jonquilles. Des curieux ? Cela se comprend: des sites inchangés depuis au plus tard les années 1600-1700, sont maintenant bouleversés par des percées, des remblais, des creusements gigantesques; et l'antique chapelle hasardeusement à l'écart des prochains trafics internationaux y gagnera sans doute une nouvelle notoriété, ainsi que ses jonquilles, avec leurs rabelaisiennes évocations. 

Que les amateurs de silence, de calme, de sous-bois, que les poètes amateurs de fleurs, de chants d'oiseaux se rassurent: au-delà de la chapelle s'étendent encore, - certes un tout petit peu plus loin, - des hectares de bois intacts; qui se prolongent jusqu'à ce château authentiquement féodal des derniers seigneurs d'Houdeng (les Marquis de Wavrin-Villers-au-Tertre) devenu en fait château des barons Boël, et jusqu'aux limites du Roeulx, de Mignault, de Famlleureux, tous ces refuges bucoliques restant à l'écart des bouleversements des hommes modernes. 

Le Bédouin.

 

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20/06/2009

En suivant le Thiriau du Luc et le Thiriau du Sart.

"Indépendance" - Jeudi 17 juin 1948.

Nombre de grandes villes se sont érigées au confluent propice de deux cours d'eau, et Namur, Liège, Gand, Termonde, sont nées de cette facilité naturelle. 

Nos Houdinois, ceux de la coquette commune goegnéroise comme ceux du vieil Houdeng savent-ils bien que les deux communes jumelles, elles aussi se blotissent dans l'aisselle confortable d'un confluent, certes un peu plus modeste ? 

Communes jumelles, elles sont de quasi partout entourées par deux ruisseaux, eux aussi jumeaux, mais que raisonnablement l'on peut croire non parents (ou illustration des deux théories récentes sur la gémination?): le brun, le ténébreux Thiriau-du-Luc d'une part, et le blond, le clair Thiriau-du-Sart, qui ne vont mêler leurs eaux qu'à la sortie d'Houdeng, à l'entrée de Bracquegnies. 

Avec le brun-noir domestiqué. 

A peine sorti au jour, venant des confins Sud-Ouest de La Croyère, le Thiriau-du-Luc disparaît sous les massifs de l'industrie, puis, vicié dès son- jeune âge, domestiqué, violenté, il est astreint, au prix de sa liberté, à suivre un lit artificiel, laissant sa vallée au canal souverain. Les eaux déjà chargées, polluées, la rivière tente une esquive, mais son échappatoire vers la Barette, marquant de ci de là les limites territoriales louviéro-houdinoises, triviéroises, ne peut que le fourvoyer dans des chantiers de charbonnages, cours à bois, etc., pour s'y plomber davantage. Quand surgissant tout souillé au pied en quinconce de son Bois-du-Luc, entre deux mornes terrils, il a abandonné toute fantaisie, roulant des eaux lourdes, épaisses qui se surchargent encore de sous-produits industriels. Puis, morne, jaunâtre aujourd'hui, goudronneux demain, il va border l'ancien Marais, ingurgiter les mélanges du collecteur qu'est le Rieu Baron médian, puis, se cachant sous une douzaine de ponceaux dans les jardins entre le Stokou et le terril Garabon, il finit par plonger à gros bouillonnements sous le canal inférieur, dans un siphon boueux, décantant une lie charbonneuse surabondante. 

Avec le gamin des bois et des champs.

Surgissant du sol par ci par là entre les bois,  le frère jumeau, dit du Sart, se manifeste indépendant et sauvage dans le calme sylvestre des bois d'Houdeng; folâtrant, il promène avec fantaisie la limite territoriale des communes aoeurs, laissant sur Aimeries, la chapelle Notre-Dame et son carrefour pittoresque, isolant le hameau du Blanc Pain, bordant le bois moyennâgeux de l'Aulnois, attribuant l'historique Pigeonnier du seigneurial château du Sart à la commune de Goegnies, se payant un pont transcendant à la Chaussée. 

Continuant ses fantaisies, il conduit ses eaux claires dans le poétique étang faussement appelé du Moulin Collet, saute la roue à aubes du moulin Forges, muse dans l'antique bois de Bignault, furette au pied de la butte de Génival pour, lassé de ses baguenauderies, se plier avec désinvolture aux puissances qui érigèrent l'ascenseur n° 3 et filer, toujours propret et léger, le long du canal du bas. 

Confluent de deux mondes. 

Voici donc, émergeant des borborygmes du siphon fangeux, le frère noirâtre, et accourant prestement, l'âme et l'onde claire, le gamin champêtre: au confluent s'accomplit un mélange spectaculaire, avec des feintes, des glissades, un brassage silencieux, intime, mais souverain, avec des alternatives de prédominance, mais qui finit par laisser aux ténèbres une victoire sans appel. 

Le poète d'hier rêve, accoudé à cette barrière justement nommée garde-fou, rêve des reflets purs que la rive champêtre a capté dans son cours bucolique; le poète d'aujourd'hui pense aux travaux de titans qui ont plombé cette eau complexe qui sort du mystérieux siphon sous ses pieds. 

Et c'est dans l'embrassade fraternelle de ces rivières, jumelles que nos Houdeng ont étalé, étage leurs habitations et leurs industries en une typique synthèse du Centre: usines et simple nature. 

Le Bédouin.

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18/06/2009

Tourisme à Houdeng-Goegnies

"Le Centre" 14-15 septembre 1941.

 SON ASCENSEUR - NOTRE-DAME DU BOIS - L 'DUCASSE DOU TRIE. 

Septembre nous procurera- on l'espère - quelques belles journées, qui seront mises à profit par les touristes, désirant ne pas trop s'éloigner de leur demeure. Ils trouveront dans les environs de Houdeng-Goegnies de quoi charmer leurs journées dominicales. Nous ne nous étendrons pas sur tout l'intérêt que présentent les promenades sur les rives du canal du Centre, vers l'ascenseur, ici mais celle que l'on accomplit particulièrement les dimanches avant et après Pâques, à Notre-Dame du Bois, à l'époque où les godets sont en fleurs. D'autres lieux appellent les promeneurs, toujours heureux de flâner dans nos communes pour revoir des coins, qu'ils n'ont plus sillonné depuis des années, où vers lesquels leurs pas ne les ont jamais conduits. 

Houdeng-Goegnies, dont le véritable nom historique est "Goegnies" a des origines très éloignées: on relève son nom dans divers documents anciens et notamment dans le cartulaire de Saint-Denis (1100-1119) - Houdeng, qui a eu divers orthographes, Hosdeng, Husdeng, Hosdain, Housdeng est une appellation essentiellement romane. 

"Hos" signifie "houx"; eng, aing, sont clés extensions de ai, aie, finale de nombreux mots désignant le rassemblement, le groupement. La lettre "d" qui relie les deux parties du mot n'a qu'une explication linguistique secondaire; c'est une ajoute dans le langage populaire ou une lettre euphonique. Il est fort probable que, à l'origine, Houdeng s'appliquait à une région boisée plantée de houx, d'allure touffue, voire même sauvage. 

Il y a plusieurs interprétations quant à l'origine des dénominations "Aimeries" et "Goegnies". Les archéologues les plus autorisés et parmi ceux-ci nous citerons M. J. Monnoyer, étaient d'accord pour l'expliquer comme suit: 

Vers 1441, Nicolas Rollin, Grand Chancelier de Bourgogne et Seigneur du village d'Aimeries (situé aujourd'hui encore en France, département du Nord) acheta un fief de haute-Justice, au domaine de Houdeng. 

Mais dans la dite paroisse de Houdeng; existait déjà une Seigneurie de Haute-Justice, relevant du domaine du Roeulx. 

Il y eut un compromis entre les deux seigneurs afin d'éviter tout conflit et toute confusion. Les sires de Croy se mirent d'accord avec Rollin pour appeler leurs terres de noms différents; le fief des premiers fut réuni à Goegnies leur appartenant et prit nom: "Houdeng, jugement de Houdeng-Goegnies", et par abréviation Houdeng-Goegnies. Celui de Rollin: "Houdeng; jugement d'Aimeries", et par abréviation Houdeng-Aimeries. 

Etymologiquement, ces deux villages devraient donc s'appeler: Houdeng (pour Houdeng-Aimeries) et Goegnies (pour Houdeng-Goegnies) .

En 1299, Gilles, dit Rigaut, seigneur du Roeulx, permit à cette communauté d'extraire du charbon sous ses possessions à Houdeng et à Goegnies. Autrefois peu peuplé, le village compte aujourd'hui 9.000 habitants, ce chiffre ayant peu varié durant ces vingt dernières années. 

Houdeng-Goegnies compte une gendarmerie, des écoles modernes, une église, deux places et de nombreux magasins. Les maisons particulières se modernisent et remplacent les habitations anciennes; aux environs s'élèvent de jolies villas, qui ont complètement transformé le caractère de certains quartiers. 

La commune possède une distribution d'eau et de nombreuses ruelles reliant les différents quartiers, ce qui raccourcit de longs parcours par les chaussées. C'est ainsi, qu'on chantait naguère dans les revues de fin d'année: ("ce qui distingue Houdè d'Brussel, c'est les ruelles!) Ceci valait surtout pour Aimeries. 

La localité est proprette dans son centre, mais malheureusement trop de rues ne sont pas pavées, quoiqu'elles soient très fréquentées par des milliers d'ouvriers se rendant dans les usines et charbonnages du Centre. 

La population de Houdeng-Goegnies est très travailleuse et foncièrement honnête; beaucoup de familles fournissent à La Louvière, la main-d'oeuvre employée dans le commerce et l'industrie. Les Houdinois viennent volontiers alimenter nos salles de spectacles et nos fêtes et le courant d'affaires procuré par nos voisins est très grand.

Les origines de la fête de septembre. 

Aussi les Louviérois ne manquent aucune occasion de passer le Thiriau-du-Luc et le Pont Capitte qui forment la frontière, pour aller à Houdeng-Goegnies, lors d'événements importants tels la fête du Bois, le carnaval et la fameuse "Ducasse du Trie", considérée comme fête locale, mais qui est à proprement parler une réjouissance champêtre régionale. 

Le hameau du Trieu est d'origine fort ancienne. Là où existe la place de la fête, qui se célébrait chaque année*, existait une ferme très importante, dite la Mairie du Trieu. C'est là aussi que se trouvaient les prés communaux sur lesquels tous les habitants pouvaient faire paître leur bétail. Le fermier était placé sous la dépendance du duc de Croy, qui avait le privilège de la haute justice. 

Au XVIe siècle, les manants de Goegnies obtinrent le droit de disposer du regain - deuxième coupe de foin, appelée de nos jours encore "woyen" ou "woyin". La répartition du "woyen" entre les gens du village donna lieu à des difficultés et à des rivalités. 

Dès le XVIIe siècle, les comptes du greffe scabinal de Goegnies font mention de la vente des "woyens" et du partage de l'argent qu'elle produit entre les habitants pauvres ou manants. 

Les "woyens" étaient vendus publiquement près de la ferme du Trieu, au mois de septembre. Les acheteurs étaient souvent les gros propriétaires voisins ou les seigneurs de Mons et de Binche. Les manants recevaient donc au mois de septembre, une petite somme d'argent, qui le plus souvent passait en libations.

Insensiblement, la fête des "woyens" fut le prétexte pour la mise en vente d'autres produits agricoles. 

Des marchands voisins venaient s'installer au Trieu et donnaient à la fête le caractère d'une foire, d'une ducasse. 

Mais il fallait corser cette fête par trop monotone et les manants vinrent alors recevoir  leur quote-part avec une musique quelconque; ils s'adonnaient à des jeux divers qui attiraient les habitants des communes voisines. 

C'est dans cette vente des "woyens", renseignée dans les archives de Mons, pendant les XVIIe et XVIIIe siècles, que l'on doit voir l'origine de la fête du Trieu. 

Au XVIIIe siècle, la vente avait lieu le second mardi de septembre. Pendant de nombreuses années, la fête du Trieu se célébrait uniquement le mardi; il y a un siècle, on y ajouta le dimanche. Insensiblement, on chôma le lundi. Le marché du mardi, connu par tout le Centre, existait toujours, ces dernières années, mais la vente du "woyen" a été substituée à celle des fruits, légumes, etc.. Des primes étaient distribuées aux exposants des plus beaux produits de l'horticulture locale. 

La musique tintamarresque de cette journée, les libations des manants existaient encore il y a une trentaine d'années. A cette époque, on voyait s'amener le mardi, des groupes d'hommes et de femmes travestis, accompagnés d'une caisse roulante, d'instruments de musique variés. On gambadait de café en café, on chantait, on dansait. D'autres, plus calmes, organisaient des jeux populaires: courses en sacs, mâts de cocagne, jeux de quilles, de flèches, etc. Tous ces jeux, toutes ces distractions étaient mélangées, d'où l'origine de l'expression wallonne: "on fait les d'jeux r'mèlès". 

En 1815, un bal populaire, fort bien tenu, était organisé le mardi de la fête du Trieu, vers le milieu de la journée. Les dames engageaient les cavaliers. Ce bal existait toujours avant les événements de 1940. Sa vogue était considérable. On accourait de partout et aucun habitant des Houdeng ne travaillait ce jour-là. De nombreuses usines chômaient du reste, le mardi de la fête du Trieu étant porté au calendrier des jours de congés, aucune autre commune, qui tenta l'imitation du bal du mardi,' ne put réussir comme au Trieu. 

On rapporte que vers 1860, le lundi fut considéré comme faisant partie de la ducasse; avant cette date, les mineurs travaillaient le lundi, pour chômer le mardi ... et même le mercredi. La ducasse du Trie se fêta alors pendant trois jours. 

De beaux concerts auxquels participaient des sociétés réputées étaient organisés. Les bals connaissaient un succès étourdissant. 

C'est pour la fête du Trieu que l'on renouvelait sa garde-robe et que la jeunesse, les jeunes filles surtout, sortaient leurs plus belles robes, achetées pour la ducasse. L'illumination de la place et ses alentours avait bel effet. Les loges foraines étaient nombreuses. Oh rajeunissait les façades. Et les ménagères confectionnaient des fournées de tartes au sucre, aux prunes et au riz, qui étaient du reste distribuées en quartier, à profusion aux clients, aux amis et connaissances. Et lorsque le soir, les files de jeunes gens rentraient fatigués et quelque peu "pompette" de leurs journées et soirées passées au Trieu, on entendait, dans le lointain, les voix éraillées qui chantaient: 

"A ya l'ducasse dou Trie
Nos dirons co, nos dirons co,
A ya l'ducasse du Trie
Nos dirons co, quand l'vèra co!" 

C. F,

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16/06/2009

Le tourisme à bon marché.

"Le Centre" 26-27 juillet 1941.

 Houdeng-Goegnies, Houdeng-Aimeries, Château d'Houdeng. 

La promenade que nous allons découvrir est très peu connue. Elle s'accomplit dans une région agricole parsemée de fermes nombreuses. Au cours d'une après-midi, l'air pénétrera à profusion dans les poumons du promeneur, qui reviendra enchanté d'avoir sillonné les vieilles routes, que l'on croit lointaines et fatigantes mais qui, cependant, procurent aux flâneurs un délassement sain et bienfaisant. 

Prendre le tram jusque Houdeng-Goegnies (arrêt de la rue Léon Houtart). Poursuivre la route jusqu'à la Tombelle. Sitôt la première rue dépassée, à droite la chaussée est à cheval sur Houdeng-Aimeries à gauche et sur Houdeng-Goegnies à droite. 

On atteint la butte de la "Tombelle". Le chemin forme une partie de la route d'Ecaussinnes à Binche. Le nom de Tombelle (second chemin à gauche, en quittant l'arrêt du tram) remonte à une lointaine période, probablement germanique; une "tombelle" ou "thumbelle" était un tumulus, tombeau d'un seigneur germain. Cette tombe existe encore; en descendant le chemin de quelques cents mètres, on l'aperçoit surmontée d'un calvaire qui aura probablement remplacé, lors de l'introduction du christianisme, les emblèmes païens. 

Pour notre promenade, il ne faut pas suivre le chemin de la Tombelle, mais se diriger vers celui d'en face, du côté du "Trieu-à-Vallée".

"Trieu" désigne un endroit en friche appartenant à la communauté. "Trieu-à-Vallée" était donc un terrain impropre à la culture, à cause de l'eau qui s'amassait dans la vallée. Les anciennes cartes relatent, en effet, des étangs et des marécages à cet endroit. 

Dépassons les écoles, le bois sur la droite, proche, des campagnes à perdre de vue, à gauche, qui atteignent l'orée de bois bleuâtres. 

Le chemin, en descente, forme plusieurs lacets. Nous voici en plein hameau du "Pain Blanc". Ce nom tire sa signification de la nature, de la rente que les manants devaient à leur seigneur. 

De Houdeng-Goegnies, nous arrivons sur la commune soeur: Houdeng-Aimeries.

Une montée avec des champs de chaque côté, des arbres, des fermes, puis une descente. C'est le bois de Mignault. Lentement nous le traversons pour humer l'air pur et vivifiant. Le bois dépassé, c'est la campagne merveilleuse; on arrive au reposant village de Mignault. 

En sortant de l'église, admirons à nouveau les environs. A gauche, des champs, des terres à perte de vue, bordées au Sud-Ouest de bois. A droite, quelques fermes viennent seules rompre l'uniformité du décor qui n'est pas sans une poésie toute caractéristique. 

Poursuivons notre promenade. Prenons le chemin à droite, jusqu'à la première route à droite, longeons sur une certaine distance la voie ferrée Houdeng - Bruxelles. Suivons cette route, toujours poussiéreuse en été, et le chemin à gauche, qui précède les barrières à l'orée du bois, conduit la promenade au château d'Houdeng. 

On aperçoit celui-ci de loin, entouré de vieux arbres noueux, pour la plupart de hauts châtaigniers. Le château date de la domination espagnole. Des armoiries se voyaient sur les piliers du grillage. Des dépendances de fermes et communs se trouvent à gauche. Derrière, une vaste prairie se limitait au bois. 

Le château transformé en ferme pendant longtemps, abandonné, puis repris, a été acheté par un châtelain, qui en fait une résidence d'été. 

Un sentier, en face du château traverse les champs dans la direction du bois. On suit cette route qui traverse le hameau dit du Lait-Beurré, qui comme le Pain-Blanc, tire son nom de la redevance des manants au seigneur. On traverse le pont de chemin de fer. Sur la droite, le cimetière de Houdeng-Goegnies. On gagne ainsi la place des Trieux, où l'on retrouve la chaussée, à son point de départ. Un tram rapide vous ramène chez vous. Le promeneur reviendra avec une provision d'air et un grand appétit, en même temps qu'un grand désir de repos pendant lequel il méditera sur les jolis coins entrevus.

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14/06/2009

De la Louvière à Bois d'Haine en passant par Houdeng-Goegnies, Petite Suisse, Bois de Courrière, Familleureux

"Journal Le Centre" -5-6 juillet 1941.

Une promenade des plus agréables, qui ne cause guère de fatigue et qui peut s'accomplir en toute saison est celle qui se déroule le long du Canal du Centre en grande partie, en passant dans les bois et en sillonnant des sentiers, où l'on rencontre la fraîcheur bienfaisante. 

Le départ se fait du Drapeau Blanc. On gagne, soit à pied, mais de préférence en tram le pont Capitte. De là on longe la rive gauche ou droite du Canal du Centre. Près de l'Ascenseur on arrive sur la hauteur où un chemin vous conduit, à gauche d'où l'on admire un panorama grandiose de diverses usines d'où émergent les cheminées nombreuses. A droite, le parc et le château de La Louvière, appartenant à la famille Boël. Un coup d'oeil sur l'ascenseur, surtout au moment du passage d'un bateau, procurera un moment de distraction. Dans le lointain, sur la gauche, Jolimont, un nom bien connu, promontoire qui domine toute la région. Puis, c'est La Croyère. Derrière le promeneur, à perte de vue, les campagnes et encore des campagnes; à l'arrière plan, les bois de La Louvière. 

On continue la marche, en dépassant la Ferme Tout-y-Faut qui se trouve de l'autre côté du canal. Voici l'embranchement de La Croyère. Ici, on arrive dans une petite vallée très agréable; elle est fermée de deux hauts talus. Pénétrez dans les petits bosquets, que l'on néglige très souvent, préférant les rives du canal. Sur les crêtes des bosquets, des rangées d'arbres qui bordent le canal. Ces arbres procurent à la randonnée un aspect pittoresque. C'est la raison sans doute pour laquelle on a appelé cet endroit délicieux "La Petite Suisse". Arrêtez-vous et reposez-vous dans ces bosquets; un air pur vous pénètre dans les poumons et la chaleur ne vous incommodera nullement. 

Quelques centaines de mètres plus loin, les installations idylliques de la "Petite Suisse" avec sa petite maison entourée d'arbres touffus et ombrageux. C'est le lieu préféré des rendez-vous, surtout des Louviérois et des habitants du Centre. Aucun bruit ne vient troubler la quiétude. Cà-et-là, assis sur les talus des rives du canal, des amoureux et des promeneurs regardent passer les remorques, tirant un, deux, trois ou quatre bateaux. Entretemps des barques légères s'offrent aux amateurs de canotage, des kayaks pour les sportifs, leur permettent de se livrer à leurs ébats. 

Sur votre passage, du haut d'un talus, admirez le beau panorama de la Cité Reine Astrid, à Bois-de-Saint-Vaast, qui toute neuve, est rutilante, étincelante et gracieuse, dans un calme parfait, contournée par de belles routes bétonnées. De vraies villas au bord de la mer. 

Après un repos dans les guinguettes ' de "La Petite Suisse" prenez un sentier à gauche; il longe le bois de La Louvière avec ses venelles nombreuses des plus variées, d'où s'élèvent les chants continuels des oiseaux. 

C'est dans ce bois que des fouilles ont été faites naguère par feu M. Raoul Warocqué, le grand mécène, désireux d'augmenter ses collections du Château de Mariemont. 

On y découvrit notamment une cave et un four romain. On retira des poteries romaines, déposées au château de l'archéologue défunt. 

Après ces pérégrinations dans les endroits permis du bois de La Louvière, on gagnera le bois de Courrière. 

On découvrira le riant hameau de Besonrieux, on dépassera la "ferme du Transvaal" et l'on atteindra la grand'route de Marche-lez-Ecaussinnes pour aboutir au village de Familleureux, avec ses fermes disséminées un peu partout, fermes dont les propriétaires alimentent, en temps ordinaires, La Louvière principalement. On arrive ainsi place Communale.

Longez la rue côtoyant l'église. En remontant la rue, on découvre à nouveau le Canal du Centre, que l'on atteindra. Près du pont un tramway vous ramènera vers La Louvière, enchanté de votre promenade et certainement l'estomac tenaillé par un grand appétit, si vous n'avez pas pris soin surtout d'emporter quelques tartines, votre goûter quoi ! 

C. F.

 

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12/06/2009

Les deux Houdeng

"Journal de Charleroi -Ed. du Centre - Mercredi 19 août 1936.

Les deux Houdeng ne peuvent guère se séparer. C'est pourquoi dans la brochure excellente qu'elle a consacré à notre région, la Fédération Touristique du Centre, les a tenues sous un même titre, qu'elle a orné de ce bien poétique cliché de Fernand Liénaux: 

HOUDENG-AIMERIES: 

7.813 habitants. Sur la chaussée de Soignies à Mariemont: à 14.5 Km. de Soignies, à 16 Km. de Mons, à 3 Km. de La Louvière et de Roeulx. 

Tramways vers La Louvière, Roeulx et Strépy-Bracquegnies. Station de chemin de fer: Houdeng-Goegnies, Bois-du-Luc ou Bracquegnies. 

Charbonnages très importants de Bois-du-Luc, acte social du 15 février 1685 (l'extraction de la houille à cet endroit date de la fin du XlIIe siècle). A Bosquet-Ville (hameau) dans le "Bois-du-Luc" et sur le plateau autrefois dénommé "Le Castillon" (de castellum) on a retrouvé d'importants vestiges de l'époque préhistorique et de l'occupation belgo-romaine. 

Curiosités: Eglise Saint-Jean-Baptiste du XVIIIe siècle avec pierres tombales de l'église précédente au même endroit. Monument aux combattants et déportés, d'Alfred Courtens.

Ascenseurs hydrauliques N° 2 et 3 sur le Canal du Centre (dans un site très pittoresque).

Chapelle de Notre-Dame du Bois du Sart (au Bois du Sart).

Calvaire de la TombeIle (rue de la Tombelle) datant de 1766, restauré en 1924 (sur emplacement d'un tumulus antérieur à l'époque belgo-romaine). 

HOUDENG-GOEGNIES: 

9.200 habitants. Sur la chaussée de Soignies à Mariemont, entre Roeulx, Houdeng-Aimeries et La Louvière. Pour distances kilométriques, voir Houdeng-Aimeries. 

Station de chemin de fer: lignes: a) Bruxelles - Haine-Saint-Pierre, Erquelinnes, Chimay; b) Soignies à Haine-Saint-Pierre. Tramways électriques. 

Dans le bois de La Louvière (sur Goegnies) tumulus non loin du chemin allant à Besonrieux et vers le canal, fouille d'une ancienne villa romaine. 

Ecole communale des filles (chaussée) considérée comme une des plus belles et des mieux conçues du pays: véritable temple de l'enseignement primaire pour filles. Place Albert 1er, avec église,  presbytère,  Maison  libérale,  monument  aux morts. 

Ascenseur hydraulique N° 1 sur le Canal du Centre: gigantesque travail d'art, le premier construit en Belgique de 1884 à 1888 (Sur demande des groupes de touristes, l'ascenseur N° 1 est mis en activité et les explications sont fournies par un technicien). 

Industries diverses: verrerie, céramique, chimique, métallurgique. 

Vestiges de l'ancien manoir au lieu dit Pont du Sart. 

Curiosités: Maison du XVIIe siècle (style régional) rue Léon Houtart 

Folklore: La Ducasse du Bos (ou Ducasse à Godets) les dimanche et lundi de Pâques près de la Chapelle de Notre-Dame du Bois-du-Sart: pèlerinage.

La Ducasse du Trieu (ou du Trie), le 2e dimanche, lundi et surtout mardi de septembre: mardi à 12 heures, bal populaire très renommé. Coutumes folkloriques.

La fête de Longueville, le troisième dimanche d'octobre.

La ducasse très renommée du Bosquet-Ville, le dimanche le plus près du 21 juillet. 

Pèlerinages: En l'église Saint-Jean-Baptiste, le 24 juin et l'octave.

A la chapelle du Bois du Sart: le 25 mars et durant le mois de mai.

A Saint-Benoît (Bois-du-Luc) le lundi de Pâques; à Saint-Géry à Houdeng-Goegnies, le 11 août. 

Promenades:

1) la promenade des ascenseurs n° 1 à 4 (Thieu) du Canal du Centre: magnifique point de vue sur le sud du Hainaut, vers la France et Mons, le Borinage et les terrils. Coup d'oeil sur Genival, le Bignault, le Moulin Collet.

2) Promenade du canal vers la "Petite Suisse" et le Bois de Besonrieux (ou de La Louvière): emplacements d'une villa romaine (les vestiges sont au Musée de Mariemont: section archéologique), d'un tumulus et d'un four romain pour  la cuisson des poteries.

3) Promenade à la chapelle de Notre-Dame-du-Bois-du-Sart et dans les Bois d'Houdeng (du Sart, des Raves, des Soeurs, au lieu dit "Le Bocage", à Luna-Plage: bassin de natation, au Jardin Joyeux (rue du Bois des Raves). Retour par le "Cercle Horticole" avec son joli parc. 

Renseignements: auprès des Administrations Communales de Houdeng-Aimeries et de Houdeng-Goegnies et de la Fédération Touristique de la Région du Centre.

15:45 Écrit par Petit Loup dans Tourisme | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |