04.03.2007

Place Verte.

La place Verte, anciennement un Patis, était une terre inculte (friche, lande) communale sur lequel les habitants pouvaient faire paître leur bétail (plan Popp - B.162 - Art. 180).

 

Dès 1885 (Collège du 28 mai), nous trouvons cette place, ainsi que la ruelle la reliant à la place du Trieu et celle, aujourd’hui supprimée, la reliant à la rue du Stade (anciennement « rue Courte ») sous le nom de Caraco.

 

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Le sentier de la Place Verte en 1955.

 

A partir de 1898, nous la trouvons à la fois sous le nom de « place Verte » et « place Caraco » (Collèges des 19 novembre 1898, 12 février 1899, 22 mai 1904 et 11 avril 1922) et ce n’est qu’à partir de 1927 (Collège du 17 mai) que la désignation de « place Verte » lui est attribuée définitivement.

 

C’est en 1952 (Collège du 12 mai) que le sentier n° 25 de la place Verte au nouveau stade communal a été supprimé pour pouvoir utiliser au maximum le terrain disponible.


Un Caraco est un vêtement de dessus en forme de camisole à taille, pour les femmes. Peut-être cette désignation a-t-elle été donnée à cette place en raison du dessin formé par la place et la ruelle, dessin qui rappelle la forme de cette chemise en caraco. Nous n’avons pas trouvé d’autre solution à cette dénomination.

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03.03.2007

Place du Trieu.

Le Trieu doit son origine aux prés banaux qui s’y trouvaient aux siècles passés.

 

Trieu est un mot roman dérivé du germain « driesch », avec le sens de terrain en friche, biens communaux où chacun avait le droit de conduire son bétail

 

Le Trieu de Goegnies occupait jadis un vaste espace au milieu duquel un plan annexé à la Pantograhie de Gérard Sacré fait figurer un étang de forme elliptique (1660). Le plan de Popp reprend également cette forme.

 

Cette terre laissée en friche comprenait également la place Verte surnommée « El Petit Tri ».

 

Le Trieu était donc un espace libre appartenant à la commune et sur lequel les habitants étaient autorisés à laisser paître leur bétail.

 

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La place du Trieu. (CPA)

 

Les Trieux étaient très vastes à Houdeng-Goegnies: Trieu, Trieu à Vallée, Trieu Pauquet. Ils se groupaient autour de la Mairie du Trieu qui relevait de la seigneurie d’Elers, puis de celle de la Puissance. La mairie constitua une entité administrative jusqu’en 1789 et regroupa autour d’elle les quelques habitants en relevant. Les gens du Trieu s’entendaient parfaitement, il fut possible de répartir équitablement les droits de pâturages, tant pour les herbes vertes que pour les foins et les regains. Les droits étaient octroyés en nature pour autant que les bénéficiaires se livrassent aux travaux de la culture.

 

L’ère industrielle vint bouleverser cet ordre si bien établi. Les houillères attirèrent de nombreux habitants qui se désintéressèrent de l’agriculture et finirent par exiger que l’on remplace les droits en nature en paiements en espèces. Il fut donc procédé à la vente des regains qui se déroula au second mardi de septembre. Les manants du lieu qui recevaient de l’argent en quantité attirèrent de nombreux camelots et marchands ambulants : c’est ainsi que naquit la Ducasse du Trieu.

 

Faisaient également partie de cette Mairie du Trieu la Ferme du Trieu (ou Salasse) et la Ferme Trigallez qui était située sur le coin de la rue du Rieu Baron

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02.03.2007

Rue de Tout-y-Faut.

Au pied du viaduc du Canal du Centre à la chaussée Paul Houtart, à la limite de La Louvière, le chemin n° 2 de l’Atlas des Chemins Vicinaux nous conduit directement à l’ascenseur n° 1 de Houdeng-Goegnies.

 

En 1888 (Collège du 21 avril) ce chemin qui, venant de Mons et allant à Nivelles, est le prolongement de la rue de Mons fut dénommé « rue de l’Ascenseur ».

 

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L'ascenseur n°1 sur le canal du Centre. (CPA)

 

L’Atlas des Chemins Vicinaux nous montre que le chemin n° 2 ne longeait pas le canal, comme actuellement, jusqu’au pont permettant de rejoindre la Ferme Tout-y-Faut.

 

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La ferme Tout-y-Faut. (CPA)

 

Ce chemin partait directement de l’ancien embranchement pour rejoindre le chemin (particulier actuellement) conduisant à la limite de Familleureux. Ce n’est qu’en 1928 qu’il fut détourné le long du canal à la demande de la S.A. Glaces et Verres (Glaver) et de la S.A. pour la Fabrication des Engrais Azotés pour ne pas scinder leurs installations. En 1930 (Collège du 29 avril), la rue de l’Ascenseur est prolongée par le nouveau chemin détourné jusqu’à la limite de Familleureux (Maison du garde).

 

La ferme de Tout-y-Faut était donc comprise dans cette rue qui subit déjà avec la construction du canal du Centre de nombreux changements. Un plan de 1847 (Archives communales 4.0.1.) nous montre que l’on accédait à la ferme par un pont qui enjambait le canal, construit dans les années 1837 à 1839.

 

Cette ferme dépendait autrefois de l’Abbaye d’Aulne. Elle fut bâtie en 1450. Détruite, elle fut reconstruite de 1765 à 1782, entièrement à neuf sous l’abbatiale de Joseph Scrippe.

 

A la Révolution française de 1789, la ferme fut confisquée et revendue au sieur Paulée, ensuite au nom de sa femme Dervaux, puis aux belges Scoumanne et Sylvain Guyaux.

 

En juin 1815, ce grand bâtiment abrita l’avant-garde belge commandée par le Colonel Delporte, qui avait pour mission de surveiller la marche de l’armée française commandée par Napoléon 1er, quelques jours avant Waterloo.

 

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La rue de Tout-y-Faut en 1993. (Photo F.D.)

 

Tout-y-Faut signifie « tout y trompe » (de fallere - tromper). C’est le champ où tout manque, où rien ne prospère, ne vient à point. La nature humide du sol a jadis motivé cette sinistre appellation. Elle n’est plus rigoureusement vraie de nos jours, grâce à l’application du drainage et aux progrès de l’agriculture. Un drainage effectué il y a près de 100 ans et une culture tellement intelligente conduite par feu MM. Guyaux père et fils ont amélioré les terrains au point d’en faire les meilleurs de la région. La ferme avait à ce moment 100 hectares de cultures. On y faisait l’élevage des chevaux. C’est là que Sylvain Guyaux éleva le fameux étalon Rêve d’Or.

 

Mais le progrès anéantira bien vite cette antique construction. Elle est d’abord amputée d’une très grande partie de ses cultures par la construction du Canal du Centre et ensuite du canal à grande section. Achetée par la famille Boël qui se doit d’agrandir ses installations, la ferme sera bientôt envahie par une masse de laitier en dépôt, cette matière vitrifiée qui nage sur le métal en fusion.

 

C’est en 1963 que M. Garitte, dernier fermier de Tout-y-Faut, dut quitter les lieux, les crasses des hauts-fourneaux n’étant plus qu’à quelques mètres et menaçant de faire bientôt disparaître cette ancienne abbaye qui répondait primitivement aux besoins de la vie des moines.

 

Il avait été envisagé de sauver certaines parties de cette construction, telle que le portail de la grande entrée en style Hesbignion du XVIIIe siècle. Malheureusement il ne sera pas possible de réunir l’argent nécessaire pour récupérer ne fût-ce que partiellement une partie des matériaux.

 

Voilà, de nouveau, des pierres qui témoignent du passé de la région du Centre, qui disparurent à jamais. 

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28.02.2007

Rue Scailmont.

Le chemin n° 1 de l’Atlas des Chemins Vicinaux relie la Barette au Trieu à Vallée. La partie de la rue Scailmont est située au sommet de la colline sur la gauche du Rieu Baron. Le sous-sol est composé d’une roche schisteuse qui se débite comme l’ardoise, d’où ce nom de Scailmont, lieu où l’on trouve des écailles.

 

C’est en 1750 que la ferme de Scailmont fut bâtie par les abbés de Saint-Denis en Brocqueroie. Les pairies avoisinantes avaient déjà été transformées en verger dès 1664 et de grands espaces agricoles y étaient rattachés jusque Saint-Nicolas.

 

Après la Révolution française, la ferme, saisie comme bien religieux, fut vendue et rachetée par M. Dervaux.

 

Elle fut ensuite propriété de la famille locale de Pierre-Josèphe Delattre et de son épouse Aldegonde Cogneau qui exploitèrent la ferme toute leur vie. Puis ce furent les enfants qui à leur tour s’occupèrent de la ferme. Le nom de l’aînée, Séraphine, est souvent cité dans l’obituaire de l’église paroissiale; le cadet était surnommé Le Philosophe. Leur grande générosité leur valut la reconnaissance du peuple qui a dénommé le hameau « Coron Delattre ». Lors de la disette de 1815, les mineurs se rendant à leur travail pouvaient obtenir gratuitement à la ferme de Scailmont du pain et du saindoux..

 

Adrien Deburges devient ensuite propriétaire des bâtiments et installe une brasserie qui devient en 1899 propriété de Léon Bertaux, époux de Anna Deburges. C’est à destination de la brasserie-malterie que vint à Houdeng-Goegnies le premier bateau commercial qui emprunta l’ascenseur: en 1903 une péniche chargée d’orge arriva jusqu’à l’entrée du Croquet et y fut déchargée par les ouvriers de Bertaux.

 

En 1882 (Conseil du 27 mars), le chemin est dénommé « Coron Delattre » mais, à partir de 1888 (Conseil du 21 avril), le chemin n° 1 depuis la chaussée jusqu’au chemin de fer du charbonnage du Bois-du-Luc est dénommé « rue Scailmont ».

 

A partir de 1896, la rue n’a plus de liaison avec la rue Saint-Nicolas, coupée par la construction du Canal du Centre. D’autres aménagements seront effectués dans les années qui suivent pour assurer la liaison avec les rues qui se trouvent de l’autre côté du canal (voir la rue du Nouveau Canal).

 

Au départ de la chaussée se trouve à gauche la ruelle Aimé Dieu, puis à droite la rue du Culot. Presque en face de cette rue se trouvait l’entrée du château Deburges, entrée qui fut délaissée par la construction de la rue Deburges et de la rue Maurice Grévisse qui se trouve presque en face de la brasserie ; vis-à-vis de cette rue aboutit la ruelle du Culot. Pour terminer sa trajectoire, la rue Scailmont rejoindra la rue du Nouveau Canal en laissant sur sa gauche la ruelle Brouwez.

Rue de la Salle.

Le chemin n° 8 de l’Atlas des Chemins Vicinaux a été dénommé en 1888 (Conseil du 21 avril) « rue de la Salle ».

 

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Rue de la Salle. (CPA)

Aussi dénommé chemin de Braine-le-Comte à Binche, la rue de la Salle partait de la rue Léon Houtart (en face du notaire Bricout) pour se terminer à la place Saint-Nicolas. Mais les travaux du Canal du Centre, en 1900, sont venus couper la rue qui a été détournée vers le pont du Croquet. Les autres tronçons de la rue furent repris par la rue du Croquet et la rue du Nouveau Canal.

 

Elle a d’abord, à gauche, un accès discret vers l’impasse Stekke et, à proximité, était traversée par le chemin de fer privé du charbonnage du Bois-du-Luc. Elle est alors, jusque la place Saint-Nicolas, mitoyenne aux deux communes de Houdeng.

 

Par la construction du Canal du Centre, la rue de la Salle fut détournée du souvenir du site qui lui donna son nom. C’est en effet à l’emplacement de l’école communale de l’Abattoir, côté rue du Nouveau Canal, que se dressait jadis le château des Sarrasins.

 

L’historien et toponymiste régional Jules Monoyer nous donnait en 1879, dans son étude, l’explication suivante sur ce château:

 

« La Salle : hameau de Goegnies, à la coupure du Rieu Baron et du vieux chemin de Goegnies à Saint-Vaast, autrefois fief de la seigneurie de la Puissance. On a trouvé des vestiges d’antiques substructions maçonnées en grès du pays (disparus par les travaux du canal). C’est là, rapporte une tradition immémoriale, que se dressait jadis le château des Sarrasins.

 

Maints endroits en Belgique montrent des ruines affectées de noms similaires. Dans les légendes populaires qui nous ont été léguées par le Moyen Age, païen, Sarrasin ont le sens de non chrétien, idolâtre.

 

Ici nos Sarrasins sont bien les Francs et le mot Salle en est la démonstration: les Francs désignaient par Sala, saal, zaal, l’habitation du maître. »

 

Eloignée du site qui lui a donné son nom, la rue n’aurait-elle pas dû changer de dénomination ? Laisser à ce tronçon de la rue de Nouveau Canal le nom de « rue de la Salle » eut été plus juste et n’aurait pas donné aux générations futures une idée fausse de l’implantation de ce château. Les traditions ont des racines bien profondes et il serait bien difficile de les changer.

 

20.02.2007

Rue de la Maladrée.

Cet ancien chemin n° 7 de l’Atlas des Chemins Vicinaux est la prolongation de la rue Armand Colinet (la rue Léon Blum n’existait qu’en tant que sentier).

 

Ce chemin était déjà signalé sur une carte du XVIIe siècle indiquant des dépendances seigneuriales et était dénommé « Chemin des Grands Viviers ».

 

Pourquoi « rue de la Maladrée » ? Des travaux de drainage exécutés en cet endroit ont mis à jour des ossements humains, ce qui laisse supposer qu’un établissement de maladrerie s’installa sans doute temporairement sur ce champ écarté, bien qu’on ne vit plus de trace extérieure en 1660.

 

Probablement venue d’Orient après les croisades, la lèpre a été le fléau du Moyen Age. Pour éviter la propagation de ce mal affreux, la prudence avait fait séquestrer les malheureuses victimes en des refuges ou hospices qui s’appelèrent des maladreries.

 

Quand plus tard la peste vint à son tour en Europe, lui coûtant le quart de sa population, des lazarets d’élevèrent sur tous les points où sévissait l’épidémie. Ceux-ci disparurent avec la contagion.

 

Signalons également qu’un gros fragment d’une hache polie en silex de Spiennes fut découvert en cet endroit.

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19.02.2007

Rue du Lait-Beurré.

Le chemin n° 3 de l’Atlas des Chemins Vicinaux, à partir du pont du chemin de fer de Houdeng à Soignies jusqu’au magasin à poudre, sera dénommé « rue du Lait-Beurré Haut » . Le chemin n° 13bis qui part du chemin n° 3 pour aboutir à la rue des Bois sera dénommé « rue du Lait-Beurré Bas » (Conseil du 21 avril 1888).

 

En 1930 (Conseil du 12 septembre), la rue du Lait-Beurré Haut ou « chemin d’en Haut » devient « rue de Familleureux » et la rue du Lait-Beurré Bas ou « chemin d’en Bas » devient « rue Lait-Beurré ».

 

C’est dans cette rue que le Hôme Familial construisit en 1925 ses maisons sociales. 18 logements furent construits, dont 8 furent achetés par les locataires.

 

En 1929 (Collège du 22 janvier), suite à une pétition des habitants du hameau, une école communale avec deux classes fut construite. Sa fermeture fut décidée en 1969 (Collège du 12 septembre) et les bâtiments servirent alors de lieux de rencontre pour des groupements du quartier.

 

Le canal à grande section et l’autoroute de Wallonie sont venus couper la rue à proximité de l’école et lui supprimer toute issue.

 

Mais quelle est la signification de Lait Beurré ? Nous ne pouvons faire que des suppositions et nous référer aux écrits des historiens et étymologistes du XIXe siècle. Les dénominations de ce genre trouvent leur origine dans certaines redevances en nature fort anciennes, dues par les occupants du sol, soit à la table des pauvres, soit au seigneur, soit au desservant de la paroisse. La Commission d’Assistance publique, devenue C.P.A.S. (Centre Public d’Aide Sociale), qui se dénommait il y a quelques décennies Bureau de Bienfaisance, s’appelait au XVIIIe siècle « table des pauvres ».