29/04/2009

Rue de la Salle

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26/03/2009

La riche histoire des rues: les deux Houdeng

Journal "Indépendance" - Mercredi 15 janvier 1964. 

Ce n'est pas toujours au centre de nos communes que les noms historiques se retrouvent, et les lois du temps n'obéissent pas aux hommes. 

Pour certains, il paraîtra surprenant de placer sous le titre: "Aux DEUX Houdeng" le nom: 

PLACE ET RUE ST-NICOLAS. 

En effet, officiellement la rue Saint-Nicolas est une rue de Goegnies, uniquement de Goegnies. 

Toutefois l'usage populaire - cet usage qui est d'ailleurs souverain en matière de toponymie - consacré par des "ducasses" vivantes, désigne sous le nom de place Saint-Nicolas le large carrefour mitoyen où se joignent cinq rues: la rue Saint-Nicolas, goegnéroise évidemment; la rue Hector Ameye, du nom d'un habitant y tué par les Allemands et qui s'appelait hier encore la rue de Mons (raison facile à expliquer, encore que ce chemin conduisait vers Nivelles); la rue de la Paix, hier, un hier très proche ici, rue de la Barette, les deux appellations rappelant un charbonnage, et cette rue étant mitoyenne; la rue de l'Infante Isabelle, uniquement houdinoise, c'est-à-dire sur Houdeng-Aimeries, rue prolongeant vers Mons la rue Ameye et que suivit l'Infante Isabelle en 1631; enfin la rue de la Salle, qui bizarrement commence par être mitoyenne, pour devenir ensuite territoire goegnérois. 

Pourquoi Saint-Nicolas? En fait, la raison se trouve dans une SIXIEME voie, absente! 

En effet, dans le coin vide entre la rue Infante IsabeIle et la rue de la Salle, aboutissait un long sentier venant, par sa branche principale de la Jobrette, par la chapelle Sainte-Barbe; et à l'aboutissement de cette "pied-sente" sur le grand carrefour, sur le point culminant, place de répartition de directions, s'élevaient autrefois deux arbres encadrant une chapelle dédiée à saint Nicolas, et c'était donc sur une portion de territoire devenue houdinoise. 

Le sentier fut déplacé plusieurs fois, pour finir par être reporté maintenant au long des ateliers Lucas, et aboutir dans la rue de l'Infante Isabelle, en face de la ferme de feu Constant Monoyer, la ferme dire du bailli, Constant étant un petit-fils de l'authentique bailli des seigneurs d'Houdeng. 

Et c'est donc cette chapelle disparue sur Houdeng-Goegnies, qui justifie un nom de rue sur Houdeng-Goegnies. 

LA RUE DE LA SALLE. 

De ce carrefour part donc la rue de la Salle: plusieurs explications de fortune, comme plusieurs orthographes, ont contribué à brouiller, aux yeux de beaucoup d 'habitants, la signification et les raisons lointaines de cette appellation qui reconduit un souvenir historique réel, et plein d'intérêt. 

Si nous nous aidons de l'historien et toponymiste régional feu Jules Monoyer, nous lisons en 1879 : "La Salle = hameau de Goegnies, à la coupure du Ri eu Baron et du vieux chemin de Goegnies à Saint-Vaast (certainement = La Louvière), autrefois fief de la seigneurie de la Puissance... On a trouvé... des vestiges d'antiques substructions maçonnées en grès du pays. C'est là - rapporte une tradition immémoriale - que se dressait jadis le CHATEAU DES SARRASINS... détail confirmé par Florent Have, propriétaire de la Vieille-Salle... 

"Maints endroits en Belgique montrent des ruines affectées de noms similaires; dont Casteau... Viesville... Dans les légendes populaires que nous a léguées le Moyen-Age, "Payen, Sarrazin" ont le sens de "Non chrétien, idolâtre". 

"Ici nos Sarrasins sont bien les Franks, et le mot "Salle" en est la démonstration : les Franks désignaient par Sala, Saal , Zaal, l'habitation du maître." 

"La vieille censé de la Salle, aujourd'hui partiellement démolie pour cause de vétusté conserve le nom et le souvenir du manoir de quelque chef frank". 

"Plus tard, elle devint propriété et résidence des Sires du nom de Goegnies; on en rencontre dès le milieu du Xllè siècle. Lyonnel de Goegnies fait encore relief de son fief en 1410. 

CONFIRMATIONS 

Ces lignes furent écrites en 1879 quand J.Monoyer habitait près de là sur Houdeng-Aimeries, en sa grosse maison de la rue de l'Aval, devenue rue Jules Monoyer. Le canal n 'avait pas encore bouleversé le site évoqué; que tout de même, on peut s'imaginer en observant la rue de la Salle, descendant au carrefour du St-Nicolas, se prolonge, non vers le pont et la rue de l'Abattoir, mais par le début de la rue du Croquet, et se retrouve au-delà du canal dans ce qui s'appel le la rue du Nouveau Canal,à l'endroit où le Rieu Baron reprenant les eaux de la Chapelle St Biaise, se prépare à passer sous le canal. 

Ce que l'historien dit de château, de ferme des Sarrazins peut être rapproché de ce que d'autres historiens ont dit au sujet de Morlanwelz, où des souvenirs ont subsisté d'un château des Sarrazins; et de nombreux autres lieux dits de communes wallonnes qui ont gardé, après des siècles et des siècles, des signalements toponymiques rappelant ces Sarrazins. 

CARTOGRAPHIE. 

Quant à nous, sur une carte datant originalement de 1750, soit un siècle et quart avant les conclusions de J.Monoyer, carte recopiée et identifiée en 1875 et plus tard, nous avons repéré des noms de lieux typiques, certains avec des orthographes approximatives, et parmi ces noms:

- la fontaine de Goegnies (chapelle St-Blaise, qui viendra bien après);
- l'Houpette;
- le moulin à vent du Lucq, avec plus au sud le double Thiriau-du-Luc;
- la campagne du Grand Peuplier et du Bignieau (sic);
- le bois de Bengnieau (sic);
- la Ronge (sic) et le Trieu-à-Valé, etc... et aussi, en rapport avec nos lignes ci-avant:
- le Pied-Sente Colas, allant de la future Jobrette à une chapelette esquissée au bord du carrefour évoqué;
- les 2 bâtiments de la "Censé de La Sal", à l'endroit bien précis dont parle l'historien houdinois. 

Voici donc deux rues de nos villages qui ont apporté du lointain et du proche passé des noms pleins de signification historique. 

Il n'y eut pas de "Fosse Saint-Nicolas": les noms de rues avec "saint" ou "sainte" rappellent des fosses, des puits de mine sur Houdeng-Aimeries, et rien que cela; alors que ce n'est pas le cas sur Goegnies: l'histoire décide, et les usages de nos pères. 

E.L.D.

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14/03/2009

Les hameaux, les champs, les lieux dits (suite)

Journal "Le Centre" - Mercredi 20 janvier 1943. 

Nos lecteurs trouveront dans ce troisième et dernier article, quelques mots d'explication sur les dénominations qui se rencontrent dans les plus anciens documents relatifs à Houdeng et à Goegnies, au point de vue de l'histoire et de l'étymologie. 

LE MARAIS. 

Lieu dit, au confluent du Rieu Baron et du Thiriau du Luc. C'est un endroit très déprimé, en forme de cuve. On y voyait la venue d'eau de l'ancienne platinerie de Houdeng-Aimeries. Près de là, jaillissait la fontaine de "Perce-eau", vulgairement "perjà", dont on saisit facilement l'étymologie. 

RIEU BARON OU PIERON. 

Petit cours d'eau qui sortait des prés de la Couturelle et de la fontaine de Goegnies pour confluer au Thiriau-du-Luc à l'endroit dit "Marais". "Ri" et "Rieu" viennent du latin "rivus", ruisseau. "Baron" est inconnu, mais "Pieron" (diminutif de Pierre) est, en roman, le nom vulgaire de l'oie, comme de nos jours un geai commun est un "Jacques", un moineau franc, un "pierrot", etc. Le rieu Piéron serait donc le ruisseau fréquenté des oies, ce qui est probable, attendu qu'il coule dans une vallée étroite, profonde et autrefois inondée. 

SAINT-NICOLAS. 

Hameau ainsi nommé d'une chapelle démolie au commencement du XIXe siècle. Elle était dédiée au patron de la jeunesse et figurait entre deux arbres, au milieu d'un carrefour, sur les plans dressés en 1660, par Gérard Sacré (auteur de la pantographie de Houdeng et de Goegnies). 

SALLE (CENSE DE LA) 

Une ferme très ancienne, autrefois située sur la rive du rieu "Piéron" ou "Baron", vers le point où ce cours d'eau traverse le chemin de Goegnies à Saint-Vaast, s'appelait de son côté "Cense de la Salle" et faisait partie du fief de la Salle, seigneurie de la Puissance. 

SART (LE). 

Synonyme de "l'essart", le défrichement; venant de "sartare", défricher en basse latinité, d'où "assartum", "sartum", sart et ses diminutifs sartier et sartiau. 

SARTY (LE). 

Autre diminutif de "Sart"; c'est le défrichement du "Bois Lyon" (de Goegnies ?). 

On voit par un plan de 1722 (Archives de Mons) , que le Bois Lyon, depuis le Sarty, dont il est question, était situé au-delà de la ferme du Cripiau, entre le chemin de Goegnies à Mignault et le bois de La Louvière. 

THIRIAU (LE) 

Ruisseau formé de deux bras, le "Thiriau du Luc", et celui du "Sart", qui se réunissent à la limite de Houdeng-Aimeries et de Bracquegnies. Le Thiriau arrose, après Bracquegnies, le territoire de Thieu et celui de Boussoit, où il se jette dans la Haine. 

Il faut décomposer ce nominal en "Thi-riau" ou "Thir-iau" c'est-à-dire "petit ruisseau de Thieu" ou "eau de Thieu"; car Thieu que l'on prononce vulgairement "Thi-" s'écrivit longtemps "Thier" ou "Their", et signifie simplement village de la montagne, éminence, colline ou du Tertre ("tierne" en notre wallon et "thier "en liégeois). Cette étymologie est en rapport avec la situation du village entre deux tertres, celui de Saint-Pierre au Nord, celui du Moulin au Sud. 

Puisque le Thiriau dérive de "Thier" et que ce mot signifie montagne, élévation, le ruisseau peut avoir pris sa qualification non du village de Thieu, mais des berges raides et très élevées du vallon resserré dans lequel il serpente. 

La plupart des vallées étroites et profondes qui ont été jadis inondées au moyen de barrages. Les seigneurs et les abbayes transformaient de la sorte en "viviers" des prairies fertiles, d'abord pour éviter le soin de récolter chaque année, ensuite pour s'y procurer le gibier d'eau et le poisson de leur table.

Tel fut, dans les siècles passés, l'état de la vallée du Thiriau et tout particulièrement de celui du Luc depuis Bracquegnies jusqu'à sa source. C'est ainsi que le confluent des deux branches se trouve sur l'ancien fief de "l'Ecluse", ainsi nommé d ' un barrage dont on a retrouvé les traces; en amont de ce point viennent, sur Houdeng-Aimeries, le "Marais" et les bas fonds du Bois du Luc appelés "Viviers del Luh" dans un acte de 1260. En remontant au delà de la Barette, le ravin élargi prenait le nom de "Plat Vivier" (1680). Entre les Censes de La Louvière et de Tout-y-Faut, se trouvaient le "Vivier de La Louvière" et le "Grand Vivier", dont les travaux de tenue d'eau furent exécutés en juillet 1284 (Cartulaire d'Aine, n° 357); charte à laquelle intervinrent messire Nichole de Houdeng et les "échevins" de Saint-Vaast. On croit avoir le souvenir que les religieux d'Aine imposèrent aux fondateurs du charbonnage de La Louvière l'interdiction expresse de déverser leurs eaux du fond dans ces viviers, de peur de les dépeupler (1735). 

L'autre branche du Thiriau se trouvait dans le même état presque jusqu'au Sart. 

TOMBELLE (LA) 

Mot à mot, la petite tombe, le petit tumulus. Le chemin de Binche aux Ecaussinnes s'appelait "chemin de la Tombelle", depuis le centre de Houdeng-Aimeries jusqu'à la rencontre de la chaussée de Mariemont. 

D'où vient ce nom, si ce n'est du voisinage de la sépulture de quelque guerrier germain ou celte ? L'acte de fondation du bénéfice du Sart, en 1234, parle d'une "thumbelle" près de la commune. Or, on voit encore le long de ce chemin une éminence artificielle considérablement amoindrie, et surmontée d'un calvaire. Un hameau de Dour présente également un tumulus avec chapelle; et l'on sait que les apôtres du christianisme dans les Gaules remplaçaient par de semblables monuments les vestiges des rites païens... Quoi qu'il en soit, ce calvaire figure sur la carte de Gérard Sacré en 1660. La veuve d'Eloi-André Monoyer le dota d'un bel escalier en pierre de taille (1766). Sous la Terreur, le calvaire, vendu comme bien national sous charge de démolition, fut acheté par deux habitants de Houdeng (l'ex-bailli Monoyer et le R.P. Paul Renchon, ancien religieux) qui le firent relever après le Concordat, tel qu'on pouvait le voir déjà vers 1875. 

TOUS-VENTS. 

Nom emprunté à la climature. C'est le point culminant des deux Houdeng. Son altitude est de 134 mètres 73 centimètres au-dessus de l'océan, niveau moyen d'Ostende. 

TOUT-Y-FAUT. 

C'est le champ où tout manque, où rien ne prospère, ne vient à point. "Faut", de "Fallere", tromper. La nature mauvaise et humide du terrain a jadis motivé cette sinistre appellation. Elle n'était plus rigoureusement vraie dès 1875, grâce à l'application du drainage et aux progrès de l'agriculture. 

L'ancienne communauté d'Aine avait en cet endroit de vastes propriétés exploitées par la ferme de "Tout-y-Faut". Cette dernière a été reconstruite entièrement à neuf, telle qu'on la voit aujourd'hui, sous l'abbatiat de Joseph Scripps (1765-1782). 

TRIEU. 

Mot roman dérivé du tudesque "driesch", avec le sens de terre en friche, biens communaux où chacun avait le droit de conduire son bétail. Le trieu de Goegnies occupait jadis un vaste espace au milieu duquel un plan annexé à la "Pantopographie" de Gérard Sacré fait figurer un étang de forme elliptique (1660). 

TRIEU-A - VALLEE. 

Ce hameau était assez considérable dès 1875. Assis en partie sur Houdeng et sur Goegnies, il a pris, pour se distinguer de l'autre Trieu, un nom emprunté à la nature accidentée du sol. 

WIDANGE (LA) 

Nom du champ où se voit le "château de Houdeng", qui appartenait à la famille de Wavrin-Villers-au-Tertre. 

"Wider", en roman, sortir; "Widange", sortie, issue, passage. Le Widange est, à proprement dire, un chemin qui, à travers la haie du Roeulx, donnait accès à un fief nommé de là, Fief de la Widange. 

Textes anciens: "le Widange des bois parmy les hayes dou Roelx" (Cartulaire du Hainaut de 1410-1411); "la Widange des bois parmy les hayes du Roeux" (vente de 1441). 

Un chemin qu'on dit "Widange" a quinze pieds de large. (Décrets de la Cour aux plaids, p. 272, Mons, 1700).