20/03/2009

Les Houdeng et leurs ruelles.

Journal "Indépendance" - Lundi 6 août 1951. 

A LA GLOIRE DE NOS VILLAGES.

Un dicton houdinois, qui a dépassé les frontières des deux communes, que l'imagerie populaire a gentiment reconduit, et qui consacré une vérité savoureuse, veut que : "çu qui distink Houdè d'BrusseIles, c'est ses ruelles". 

Ce dicton ne fait que reprendre le distique d'une chanson de revue folklorique comme en écrivent nos chantres wallons du début du siècle. 

En fait, il importe surtout pour les étrangers, et pour les Houdinois et Goegnérois, jeunes d'âge ou d'adoption, il importe de préciser que le rythme poétique et musical a dicté "Houdè", mais que l'auteur a bien voulu dire Houdè et Goegnière, car les deux villages si bien enchevêtrés renferment autant de ruelles l'un que l'autre... 

LE POIDS DU NOMBRE. 

Si ce dicton, cette chanson correspondant ainsi à la notoriété, c'est que la loi du nombre a joué. 

En effet, pour le centre, amalgamé, des deux communes, le connaisseur, l'initié pourra recenser au delà de trois douzaines de ruelles, ruelles en quelque sorte officielles, consacrées, administrativement baptisées, bordées d'habitations, de face, de profil ou de... dos; et ceci sans compter les dizaines de sentiers, de venelles plus ou moins champêtres, sylvestres, ou mixtes, qui strient de leurs raccourcis les alentours moins bâtis. 

Evidemment, ces ruelles, terme consacré, comprennent ce que certains puristes étrangers nommeraient impasse ou cour, mais "RUELLE" pour nous, c'est un joli diminutif, qui implique discrétion, calme, consécration historique, - et cadastrale -, modestie, poésie ! 

Longues et courtes, droites et capricieuses, nettes et compliquées, imprévues, même indiscrètes, elles s'insinuent, audacieusement, entre des pignons, au long de clôtures, de murs, de haies vives; elles gardent ou livrent des secrets à qui sait les parcourir. 

Ne peuvent s'y aventurer aucun profane, mais aux initiés, elles livrent la complaisance de leurs raccourcis, à la fois géométriques et humoristiques, souvent truffés de surprises diverses, pittoresques... 

Et quel émerveillement, au sortir de ces "boyaux", de déboucher au plein air d'une place moderne, lumineuse, ou bien dans une rue bruyante, ou bien en pleine chaussée commerçante... à moins que ce ne soit dans une autre ruelle muette, mystérieuse, goguenarde. 

LEURS CHARMES FOLKLORIQUES. 

Pour leurs habitués, jeunes, adolescents et adultes, ces coulisses du théâtre quotidien offrent leurs complaisances multipliées, pour les promenades à deux, les tête-à-tête prolongés et discrets, - pour les accidentés... de l'habillement, les accidentées des vétustés jarretières, des bas, ou autres... dessous... délicats, - pour les rabelaisiens malmenés par la nature. 

Peut-on en quelques phrases, cataloguer et publier, les multiples charmes de ces retraites, de ces passages, de ces cachettes? Non, bien sûr! 

Tenons-nous en aux noms, à quelques noms, les uns venus du nom d'un propriétaire voisin, peut-être oublié, les autres venus d'un immeuble, d'un commerce, d'une particularité marquante; certains perpétuent ainsi l'histoire officielle, d'autres défient la toponymie, et intriguent le chercheur... 

En Goegnies si la rue Ste-Anne (avec une poteIle justificatrice) s'est affirmée, nos parents ne la connaissent que comme la significative ruelle du Cachot. Toute voisine la rue de la Ronce prend des airs, mais elle garde l'hypothèque pittoresque de sa moitié non encore émancipée : "ell ' ruelle dell' Ronche", avec ses saules, sa haie, ses recoins. Quelle poésie intense, dans la reconduction d'une industrie typique, grâce à la ruelle du Marchand de Noir, au nom d'apparence étrange ! 

Et cette longue ruelle du Peuple, aux vieux murs aveugles, percés de baies bien closes, aux portes sourdes, cachant quels mystères derrière leurs planches ternies? 

La ruelle Mastoque perd son nom, de même la ruelle Ussmé (Ursmer, sans doute), la ruelle à Soques s'est élargie en une rue du Culot aux surprenants virages, etc... etc. 

Mais la volonté populaire les a toutes consacrées; elles sont éclairées (à regrets par certains, et certaines) et pavées, et que nulle enquête "de commodo et incommodo" n'aille tenter de solliciter une suppression quelconque: une clameur monterait d'opposants tenaces, de traditionnalistes farouches. 

DANS LE VIEIL HOUDE 

Si nous quittons Goegnies pour pénétrer dans le vieux village voisin, nous ne cessons d'accumuler les amusantes découvertes. 

D'abord la mitoyenne rue de la Corderie (de cette corderie évoluée, perpétuée, modernisée, productrice de câbles de mine), qui débuta modeste ruelle tout comme l'historique ruelle du Calvaire, en train de se muer en avenue du Calvaire. Ruelle à l'iau, vers le Pont du Sart, n'a bizarrement rien de comparable à la ruelle de la Fontaine, au Marais; la première regrette l'eau, la seconde la glorifie, en offrant son jaillissement pur. 

Et pour les anciens élèves que de souvenirs s'élèvent à l'évocation de la ruelle du Queffagne, d'ell voye Ste-Barbe, etc. 

Si quelque fouineur cherche des illustrations quant aux soins que nos ancêtres témoignaient de bâtir à l'abri des vents, qu'il explore ce complexe "Stokou" où tant de ruelles parsemèrent les maisons dans les ruelles Jeumont, Duflot, Merrand, du Larron, etc... avant que ne naisse l'officielle rue du Stokou. Et si ce fouineur aime compléter ses recherches qu'il fouille papiers, mémoires, traditions... pour découvrir le sens d'une ruelle Kinker! Et tant d'autres gardent des appellations qui méritent les honneurs de sous-titres en capitales! 

POURTANT. 

Nous aimons ces ruelles, leurs accueils, leur discrétion, - et nous évoquons les défuntes : "d'en temps, doulà, ç'nie foc enn' ruelle", - pourtant pour beaucoup de nos "évolués", il en coûte un peu d'orgueil de donner comme adresse le nom d'une ruelle: complexe de citadin mal justifié, ingratitude, égarement.

Anvers ne tient-il pas à ses appellations de "canal", de remparts, de "rui", Liège à ses "Strées". 

Estimons donc ces trésors si particuliers, nés des batailles de nos pères, batailles entre le public, le populaire et le propriétaire, batailles sanctionnées par l'administration officielle: nos ruelles! 

Et si Bruxelles a son "Manneken-Pis, Mons ses rues "cronques" ses rues-à-degrés, son singe... si Liège a ses potales, Bruges ses canaux..., "Goegnière" eyet "Houdè" ont leurs ruelles. 

Le B.

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16/03/2009

Les ruelles des Houdeng

Journal "Indépendance" - Mardi 21 juillet 1948. 

Un dicton houdinois, complaisamment répété, né des vérités chantées dans une populaire revue folklorique d'avant la guerre (l'autre), établit formellement que: "çu qui distink' Houdè d'Brusselles, c'est ses ruelles". 

Le rythme de la chanson a voulu que l'auteur patoisant écrive Houdè aussi bien pour l'un qui est Goegnière, que pour l'autre qui, historiquement et du droit d'usage est Houdè. 

Mais, du point de vue réaliste, géographique... et cadastral, la vérité s'applique aussi bien à l'un qu'à l'autre des villages. 

TROIS DOUZAINES. 

Pour les deux Houdeng, soit quelques 4.500 maisons, l'autochtone patient pourra recenser environ trois douzaines de ruelles, y comprenant trois ou quatre impasses, mais négligeant les quinze, vingt, à trente sentiers et venelles champêtres ou mixtes qui n'ont pas de nom officiel et qui découpent les étendues peu ou non bâties des alentours. 

Ruelle, diminutif désuet mais charmant pour peu qu'on s'y arrête et qu'on le redit.

Longues et courtes, droites ou courbes, elles insinuent autant de secrets entre des pignons, entre des murs, au long de clôtures voire de haies antiques; elles déroutent le profane, tout en réservant aux initiés des raccourcis savants, géométriques et fantaisistes à la fois, farcis de surprises, pour déboucher brusquement sur le vaste plein air d'une vue majeure, d'une place lumineuse, d'une chaussée nette et disciplinée. 

Coulisses du théâtre quotidien de la vie urbaine, elles abritent complaisamment de si peureux, de si troublants tête-à-tête, elles accueillent si maternellement tous les... éclopés... de la nature, ou de la "vesture"! 

Et pourtant un complexe de citadin snob empêche maint habitant de révéler qu'il cache son home dans une ruelle, si accueillante, si coquette qu'elle puisse être " et cela fait si village sur une adresse !" 

FOLKLORE. 

La plupart de ces capricieuses et propices liaisons se nomment d'après tel ou tel propriétaire, souvent défuncté, du terrain ou des immeubles contigus. Certaines gardent le secret d'anciens lieux, situent telle curiosité locale, ou perpétuent un souvenir particulier, alors que d'autres s'affublent d'une appellation hétéroclite dont personne ne retrouve plus l'origine! 

A Goegnies, la ruelle du Cachot ne subsiste plus que dans le souvenir des grands-pères, depuis que la rue Ste-Anne l'a détrônée. N'apparaît-elle pas mystérieuse cette ruelle... du Marchande de Noir? Hybridité typique que celle de la populaire ruelle dell' Ronche, dont une partie s'est émancipée en rue, et dont la fin conserve ses caractéristiques rares ! Qui n'a considéré avec quelque ébahissement dans cette longue ruelle du Peup', ces portes aveugles, évocatrices des romans moyenâgeux et derrière lesquelles se cachent des mondes secrets? 

Dans le vieil Houdè, qui rappellerait les ascendances de cette inattendue ruelle Kinkor, en Saint-Amand? Alors que la ruelle du Calvaire s'illustre d'une preuve d'histoire authentique, qui figure dans tous les cartulaires. Que la ruelle de la Fontaine (qui a perdu son nom de Percia, ou Perce-iau) se paye le luxe d'une rareté hydrologique: un jaillissement intarissable d'eau fraîche et abondante. Que de mondes de souvenirs évoquent le sentier du Queffagne, la ruelle-des-tallus!... Il arrive aux anciens Houdinois en partant de telle rue du village de leur enfance, de rappeler : "Ah! oui, d'emm' temps, doulà, cie n'ruelle". 

Postales en Liège, Manneken-Pis à Bruxelles, canaux à Bruges, cronques rues et rues-à-degrés à Mons... chacun a ses trésors, mais laissez à Houdè, à Goegnière, çu qui les distink' de Bruxelles, Les Ruelles !

LE BEDOUIN.

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05/03/2007

Rue Wache.

Le sentier n° 39 de l’Atlas des Chemins Vicinaux est déjà signalé comme « ruelle Marie Wache » en 1877 (Collège du 15 mai).

 

En 1896, l’élargissement de cette ruelle est envisagé (Collège du 20 mars) mais ce n’est qu’en 1902 (Collège du 14 juin) qu’elle est ouverte à la circulation en tant que rue.

 

Partant de la place du Trieu, elle rejoint la rue de la Ronce en son milieu. Elle doit probablement son nom à une habitante exerçant une profession libérale.

 

En 1935 (Conseil du 30 avril), nous la retrouvons inscrite à l'Atlas des Chemins vicinaux sous le n°22.

20:30 Écrit par Petit Loup dans Rues V-W-X-Y-Z | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : ruelle |  Facebook |

Rue Camille Vaneukem.

Le sentier n° 37 de l’Atlas des Chemins Vicinaux part de la chaussée Paul Houtart à la rue Wache.

 

Il fut d’abord dénommé « ruelle du Cachot » par le public. Dans son milieu à l’emplacement de l’école communale gardienne, se trouvait le cachot communal situé dans les anciennes annexes communales.

 

En 1890 (Collège du 3 avril), nous le trouvons désigné officiellement sous le nom de « rue Sainte-Anne » et, en 1901 (Conseil du 20 octobre), il est aménagé en rue qui sera bientôt mise à sens unique, sa largeur ne permettant pas son utilisation dans les deux sens.

 

Cette ruelle fut également, mais pour quelques mois seulement, désignée « rue des Ecoles » (Collège du 10 mars 1891).

 

De nombreuses couturières habitaient la rue, ce qui est certainement la raison de sa désignation en « rue Saint-Anne », patronne des brodeuses et couturières.

 

Nous avons relevé en 1890 les couturières suivantes:

 

  • BLONDIAU Amélie

née à Houdeng-Goegnies le 15 mars 1822:

rue Saint-Anne n° 25 (R.P. V. 8 f° 111)*

  • RESTELEUR Clara

née à Houdeng-Goegnies le 5 mars 1875:

rue Sainte-Anne n° 4 (R.P. V. 8 f° 89)*

  • OLAND Clémentine

R née à Houdeng-Goegnies le 1er décembre 1864:

rue Wache n° 26 (R.P. V. 9 f° 75)*

  • PAREE Elisa

née à Hioudeng-Goegnies le 24 avril 1865:

rue Sainte-Anne n° 1 (R.P. V. 10 f° 19)*

  • VAEREMANS Alphonsine

née à Houdeng-Goegnies le 11 août 1870:

rue Sainte-Anne n° 35 (R.P. V. 12 f° 162)*.

 

* (R.P. - registre de la population - V. - volume - f° - folio)

 

La présence d’une statuette de la sainte, exposée pendant de nombreuses années dans une niche située dans le mur de la première habitation, en est aussi l’origine.

 

En 1982, suite aux fusions des communes cette rue est baptisée « rue Camille Vaneukem », la dénomination de « rue Sainte-Anne » étant laissée à la commune de Maurage.

 

 

Sainte Anne.

 

STE_ANNE_02~2Mère de la Vierge Marie. Selon la tradition rapportée dans le proto-Evangile de Jacques (IIe siècle après J-C), Anne (du nom hébraïque Hannah: grâce) donna naissance à son unique enfant après vingt années de mariage avec saint Joachim.

 

Très charitable, Anne n’avait malheureusement pas d’enfant, ce qui constituait une tare importante dans la communauté juive de l’époque. A un âge déjà avancé, elle fut prévenue par l’ange Gabriel de la grâce qui allait lui être faite. C’est ainsi qu’elle mit au monde une fille nommée Marie qu’elle consacra immédiatement à Dieu. Elle l’éleva dans la connaissance des saintes Ecritures. Peu de temps après sa mort, son corps fut transporté à Apt en Provence, à l’époque des persécutions.

 

Les Evangiles ne citent pas son nom et cependant son culte se répandit en Orient et à partir de VIIIe siècle, en Occident. A la fin du Moyen Age, sainte Anne devient l’une des figures les plus populaires de l’iconographie chrétienne et est représentée dans maintes peintures du XVe siècle, apprenant à lire à Marie ou, le plus souvent avec la Vierge et l’enfant.

 

En 1584, la fête de sainte Anne fut établie le 26 juillet par le pape Grégoire XIII. Sainte Anne est la patronne des mères, des veuves, des mineurs, des brodeuses et des couturières. Elle est invoquée contre les maux de ventre et pour les enfants pleurards.

 

 

Camille Vaneukem.

 

10 mars 1910 - Dachau 6 février 1943.

 

Jeune, il s’intéressa à ce qui l’entoure et particulièrement au sort de la classe ouvrière. C’est un lutteur, un homme dur et il n’est pas de ceux qui se laissent décourager. Il suivra la voie du Parti socialiste et dirigera les jeunes gardes socialistes.

 

Il devient ensuite secrétaire national de la Centrale d’éducation ouvrière. Il travaille dans l’ombre, car Camille Vaneukem est modeste, et il ne tient pas à se mesurer avec des hommes politiques au langage facile. Lorsque survint la mort d’Emile Vandervelde, il a bataillé pour rejeter la candidature de Henri De Man.

 

Il est mobilisé en 1940 et n’est pas étonné de la trahison de De Man. En août 1940 il a déjà lancé le premier journal clandestin, portant le nom de Clandestin. Camille Vaneukem était prêt à tout subir plutôt que tout accepter. Il fut l’un des premiers à avoir répondu au mot d’ordre de Londres: organiser la lutte souterraine.

 

Il regroupe des militants, le tirage du Clandestin se multiplie et des ramifications s’étendent dans tout le pays. Des contacts sont établis avec la Hollande, la France. Et c’est alors le premier congrès socialiste clandestin. Il rassemble le matériel qui servira à l’installation de faux documents. Ni lui, ni Haulot, qui le seconde dans ses activités, ne le connaîtront en pleine activité. Vaneukem lança un second journal , l’Espoir. Cette feuille devait lui permettre de réorganiser le P.O.B. et d’en faire le P.S.B. clandestin. C’est là l’aboutissement de sa vie de militant socialiste.

 

Il se fait arrêter le 1er mai 1942 à la frontière française. Il était porteur d’une trop grosse somme d’argent belge. Le douanier l’emmène au poste pour l’interroger. Justement dans la cabine se trouve un agent de la gestapo. Il est arrêté, des papiers politiques insignifiants ayant été découverts sur lui, ainsi que l’adresse d’Arthur Haulot. Il fut écroué à la prison de Saint-Gilles et Arthur Haulot le suivit de très près. Il furent ensuite dirigés sur Northausen pour aboutir ensuite à Dachau. Arthur Haulot revint de ce sinistre camp de concentration mais Camille Vaneukem mourut le 6 février 1943.

19:30 Écrit par Petit Loup dans Rues V-W-X-Y-Z | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ruelle, biographie |  Facebook |

28/02/2007

Rue Scailmont.

Le chemin n° 1 de l’Atlas des Chemins Vicinaux relie la Barette au Trieu à Vallée. La partie de la rue Scailmont est située au sommet de la colline sur la gauche du Rieu Baron. Le sous-sol est composé d’une roche schisteuse qui se débite comme l’ardoise, d’où ce nom de Scailmont, lieu où l’on trouve des écailles.

 

C’est en 1750 que la ferme de Scailmont fut bâtie par les abbés de Saint-Denis en Brocqueroie. Les pairies avoisinantes avaient déjà été transformées en verger dès 1664 et de grands espaces agricoles y étaient rattachés jusque Saint-Nicolas.

 

Après la Révolution française, la ferme, saisie comme bien religieux, fut vendue et rachetée par M. Dervaux.

 

Elle fut ensuite propriété de la famille locale de Pierre-Josèphe Delattre et de son épouse Aldegonde Cogneau qui exploitèrent la ferme toute leur vie. Puis ce furent les enfants qui à leur tour s’occupèrent de la ferme. Le nom de l’aînée, Séraphine, est souvent cité dans l’obituaire de l’église paroissiale; le cadet était surnommé Le Philosophe. Leur grande générosité leur valut la reconnaissance du peuple qui a dénommé le hameau « Coron Delattre ». Lors de la disette de 1815, les mineurs se rendant à leur travail pouvaient obtenir gratuitement à la ferme de Scailmont du pain et du saindoux..

 

Adrien Deburges devient ensuite propriétaire des bâtiments et installe une brasserie qui devient en 1899 propriété de Léon Bertaux, époux de Anna Deburges. C’est à destination de la brasserie-malterie que vint à Houdeng-Goegnies le premier bateau commercial qui emprunta l’ascenseur: en 1903 une péniche chargée d’orge arriva jusqu’à l’entrée du Croquet et y fut déchargée par les ouvriers de Bertaux.

 

En 1882 (Conseil du 27 mars), le chemin est dénommé « Coron Delattre » mais, à partir de 1888 (Conseil du 21 avril), le chemin n° 1 depuis la chaussée jusqu’au chemin de fer du charbonnage du Bois-du-Luc est dénommé « rue Scailmont ».

 

A partir de 1896, la rue n’a plus de liaison avec la rue Saint-Nicolas, coupée par la construction du Canal du Centre. D’autres aménagements seront effectués dans les années qui suivent pour assurer la liaison avec les rues qui se trouvent de l’autre côté du canal (voir la rue du Nouveau Canal).

 

Au départ de la chaussée se trouve à gauche la ruelle Aimé Dieu, puis à droite la rue du Culot. Presque en face de cette rue se trouvait l’entrée du château Deburges, entrée qui fut délaissée par la construction de la rue Deburges et de la rue Maurice Grévisse qui se trouve presque en face de la brasserie ; vis-à-vis de cette rue aboutit la ruelle du Culot. Pour terminer sa trajectoire, la rue Scailmont rejoindra la rue du Nouveau Canal en laissant sur sa gauche la ruelle Brouwez.

20:30 Écrit par Petit Loup dans Rues S-T-U | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : toponymie, ferme, hameau, chateau, ruelle |  Facebook |

27/02/2007

Ruelle Sainte-Barbe.

Le sentier n° 53 de l’Atlas des Chemins Vicinaux partait, avant la construction du Canal du Centre, de la place Saint-Nicolas pour aboutir à l’Ecole Moyenne de Houdeng-Aimeries.

 

En 1815, le Conseil municipal de Goegnies Houdeng, en sa réunion du 24 décembre, le désigne comme ruelle du Croquet, mais par la suite, en 1845, celle-cil prit le nom de « ruelle Sainte-Barbe », la sainte patronne des ouvriers qui avait sa chapelle à proximité.

 

A la limite de Houdeng-Aimeries, au Hameau du Croquet, s’élève en effet la chapelle Sainte-Barbe, isolée dans les jardins, à une centaine de mètres du chemin. Un sentier entre deux haies y conduit.

 

Cette chapelle a une histoire qui se mêle à celle des premiers charbonnages. Ce modeste oratoire est donc un monument commémoratif, probablement le seul, des débuts de l’industrie houillère dans les deux Houdeng. La chapelle ancienne, plus petite que celle d’à présent, était en briques ordinaires et toute simple. Deux ifs l’encadraient.

 

L’oratoire actuel a été reconstruit en 1899, au même emplacement. La chapelle, malgré les souvenirs qu’elle évoquait, n’était plus visitée que par les processions pour être finalement abandonnée.

 

En 1973, avec la fermeture du Charbonnage du Bois-du-Luc, la chapelle fut vendue à un particulier. A l’heure actuelle, elle est dans un état de délabrement bien avancé et il sera sans doute bien difficile de la sauver de la destruction totale.

 

Avant 1973 de nombreux sentiers aboutissaient à cette chapelle. Tous les sentiers situés sur la commune d’Houdeng-Aimeries furent vendus à des particuliers, sauf celui situé à Houdeng-Goegnies et partant de la rue du Croquet qui est resté accessible et se termine en cul-de-sac près de la chapelle.

 

En 1801 un puits de mine fut établi à proximité de la chapelle et la fosse Sainte-Barbe fut ainsi créée. On l’arrêta presque complètement en 1883 et le puits fut comblé en 1887. Elle avait occupé pendant ces longues années près de 300 ouvriers. A la fosse Sainte-Barbe on descendait jusque 120 mètres environ, et par vallées on atteignait ensuite la profondeur de 220 mètres. En cette période, les déchets d’extraction n’étaient pas très importants puisqu’ils servaient à remblayer les galeries qui étaient creusées. C’est ce qui explique le peu de déchets déversés à proximité de ce puits. 

Sainte Barbe.

 

STE_BARBE~1Sainte Barbe, dit la légende, vécut au IIIe siècle à Nicodémie. Pour certains, elle aurait vécu à Antioche au Vie ou VIIe siècle.

 

Dioscore, son père, l’enferma dans une tour pour la soustraire à ses prétendants. Au retour d’un voyage, il découvrit qu’elle était devenue chrétienne et la dénonça aux autorités.

 

En 295, Barbe, vierge et martyre, fut condamnée à mort et son père réclama de lui trancher lui-même la tête, mais il fut aussitôt frappé par la foudre et réduit en cendre.

 

Sainte Barbe est toujours représentée dans de riches vêtements et son attribut constant est la tour à trois fenêtres dans laquelle elle avait été enfermée. Elle tient généralement dans une main l’épée qui servit à sa décapitation et, dans l’autre, la palme du martyre ou une foudre.

 

Elle est invoquée contre les dangers de la foudre et du feu, la mort subite et les éruptions cutanées autour de la bouche et du menton.

 

Ce n’est évidemment que bien plus tard après son martyre que sainte Barbe fut sanctifiée mais très rapidement on la considéra comme la patronne de tous les travailleurs exerçant un métier dangereux. Les hommes de la mer furent d’ailleurs les tout premiers à l’honorer.

 

Vers la fin du XVIIIe siècle, mais surtout au cours du XIXe siècle, les travailleurs de la mine adoptèrent Sainte Barbe comme patronne, fêtée le 4 décembre.

 

Bientôt, elle devint la fête la plus populaire parmi toutes les fêtes des saints patrons célébrés dans nos régions.

 

Il n’y a à cet engouement rien d’étonnant quand on considère que c’est dans nos régions que l’on comptait la plus grande proportion de travailleurs de la mine et aussi que le métier de houilleur a, de tout temps et à juste titre, été considéré comme l’un des plus dangereux, sinon le plus dangereux de tous les métiers.

 

Aujourd’hui, bien d’autres corps de métier fêtent Sainte Barbe et notamment les maçons, les pompiers, les plafonneurs, les bateliers et d’autres encore.

18:45 Écrit par Petit Loup dans Rues S-T-U | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ruelle, hameau, chapelle, charbonnage, biographie |  Facebook |

22/02/2007

Ruelle Odon.

Cette ruelle qui n’a jamais été baptisée officiellement apparaît déjà sur un plan de 1866 (4.1.5.(1)) et partait de la chaussée Paul Houtart en face de l’ancienne brasserie Dequenne - Ronneau pour rejoindre la rue de la Couturelle en longeant en grande partie le parc du Cercle Horticole.

 

Elle porta différents noms : 

  • sentier du Moulin : un moulin à vapeur à farine fut exploité ; le propriétaire en était Antoine Valentin (1784-1871) ;
  • ruelle Odon : Odon Vranckx(1870-1936) y exploita une boulangerie (Collège du 25 mars 1924) ;
  • ruelle du Magasin (Collège du 31 juillet 1956) ;
  • ruelle du Lavoir : le premier grand lavoir communautaire « La Rayonnante » y fut installé.

Le Collège échevinal, en sa réunion du 31 juillet 1956, décida de supprimer l’urinoir public installé dans cette ruelle