30/03/2009

Goegnies aura bientôt une rue de l'Ancien Canal

Journal "Indépendance" - Mercredi 2 avril 1969. 

Dans le Goegnies ancien - le plus ancien puisque y exista la résidence des seigneurs de Goegnies (voisins des seigneurs d'Houdeng, devenu Aimeries), - une rue au tracé croqué est appelée rue du Nouveau Canal: cela ne manque pas d'étonner ceux qui, ignorant, ou bien oubliant la topographie et l'histoire locales, ne font pas la comparaison avec le Premier canal, celui qui fut inauguré en 1839. (Ne confondons pas avec cette inauguration spectaculaire, sensationnelle de l'ascenseur, chère à Léopold II, et chère à feu Conreur (chère parce que payée cher). 

En effet, c'est en 1839 que le bief venant près de la chaussée (qui date de 1775) fut inauguré, et aussitôt, les charbonnages de Bois-du-Luc y construisirent des installations de chargement des péniches (grue à vapeur, et... chantier de construction et de réparations des péniches - Goegnière - port chantier de mer!). 

Les trains de charbon venant d'Houdeng-Aimeries y furent pendant quelque 8 ans, tractés par chevaux, car ce n'est qu'en 1847 que Bois-du-Luc put y affecter une locomotive à vapeur. 

Mais tout cela c'est hier, un hier bourré de souvenirs éloquents que les progrès effacent plus ou moins. 

Et un nouvel effacement se prépare : on va boucher ce bras du canal; pour commencer, le petit pont-levis près des usines chimiques va être désaffecté, puis remplacé par un pont fixe, ce qui permettra ainsi un nouvel aménagement des abords routiers. 

Que deviendront ces espaces ? Si cela n'en prend pas le nom, du moins ce sera l'ancien - ancien canal. 

Bois-du-Luc n'y charge plus, "Le Bon Grain" abandonne son élévateur-suçoir à grains, la gare aurait environ 110 ans d'âge (ce fut longtemps la station "du Centre", parce que la société constructrice était la société du Chemin de Fer du Centre, et ce nom de Centre reste piqué sur ces parages. 

Comme dit l'hymne discuté: "Le siècle marche...".

Brulot.

16:30 Écrit par Petit Loup dans Rues et lieux-dits | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : canal |  Facebook |

28/03/2009

Houdeng-Goegnies: deux nouvelles rues inaugurées.

Journal "Indépendance" - Mardi 13 septembre 1966.

 Samedi matin, à l'occasion de la célèbre ducasse du Trieu a eu lieu l'inauguration de deux nouvelles rues de Houdeng-Goegnies. Cette cérémonie s'est déroulée en présence d'innombrables personnalités. La première artère portera le nom de l'avenue Alexandre André, la seconde est une partie de l'ancienne rue Houtart. Dorénavant elle s'appellera rue Léon Duray. 

Vers 10h. M.Rochefort, bourgmestre et les membres de l'administration communale reçurent les invités en la salle de réunion du 1er étage de l'hôtel communal. Nous y avons reconnu; MM. le Consul de France; Haulotte commissaire d'arrondissement; Maurice Herlemont, vice-président du Conseil provincial du Hainaut; les députés Collard et Hurez; Jennard sénateur suppléant; Desmet, ancien sénateur; Phillipart, directeur de l'IPEL; Désier, directeur de la clinique de La Hestre; Bacq, receveur communal régional; les bourgmestres; Mengal de La Louvière entouré des échevins Robert Kumps et Hollevoet; Demarez" de Houdeng-Aimeries; Benoit Friart de Roeulx; Roland de Thieu; Hurez député-bourgmestre de Bracquegnies. 

LE CORTEGE. 

Après les souhaits de bienvenue et le vin d'honneur traditionnel, un cortège se forma dans lequel prirent place; la police locale, les délégations avec drapeaux, les sociétés patriotiques et sportives, suivies des enfants des écoles précédant la Fanfare Ouvrière des Deux-Houdeng. Derrière cette phalange musicale marchaient les personnalités et une bonne partie de la population. Le cortège s'ébranla par la rue du Tri eu, emprunta la chaussée du Roeulx, bifurqua par le Trieu-à-Vallée prit la rue Joseph Wauters et déboucha bientôt devant le nouveau quartier où se trouve l'avenue Alexandre André. 

LE DISCOURS DU BOURGMESTRE. 

M. Rochefort s'adressa à l'assistance et tout particulièrement a M. Alexandre André en ces termes: 

"Notre administration communale a été amenée à choisir de nouvel les appellations pour les rues de la cité construite par la société coopérative "Le Home Familial". Nous avons décidé de dénommer l'artère principale de cette nouvelle cité: Alexandre André. Dans ce beau quartier neuf, situé à peu de distance de ce qui sera prochainement l'autoroute dé Wallonie, dans ce quartier placé sous le signe du Hainaut de demain, il s'indiquait d'honorer dignement le grand mandataire public qui, sans trêve a livré le meilleur de lui-même en faveur de l'amélioration des conditions de vie des citoyens du Hainaut, en faveur de leur émancipation, de leur instruction, de leur éducation, de leur promotion artistique et culturelle." 

Et M.Rochefort d'ajouter: 

"N'est-ce pas un symbole parfait cette nouvelle avenue qui s'installe si près de quelques vestiges du passé glorieux de cette ferme fortifiée du Sart, de ce pigeonnier en ruine, autour duquel ont vécu si misérablement des mamans, des paysans, puis des charbonniers, des ouvriers courageux qu'exploitait, abusivement, un patronnât sans pitié? Les humbles et déshérités d'autrefois trouveront aujourd'hui dans cette nouvelle avenue des logements salubres et agréables qu'une société démocratique moderne se doit d'offrir aux travailleurs. 

Dans quelques années, s'éveillera à proximité de l'avenue Alexandre André, le trafic d'une autoroute indispensable à la vie économique de la Wallonie et à la reconversion industrielle du Centre; elle coupera le trajet de la vieille chaussée charbonnière du transport de charbon nous amènera la prospérité économique du début du 20e siècle, contre l'infrastructure qui se réalise aujourd'hui, apportera le travail et la subsistance à nos enfants et petits-enfants". 

Après avoir retracé ce tablea£u optimiste, le bourgmestre fit remarquer que parmi ces pionniers les plus ardents on peut inscrire le nom d'Alexandre André. Digne successeur de Paul Pastur, François André et autres grands serviteurs de la province du Hainaut, il a voulu en faire une région prospère, où il fait bon vivre. Nous perpétuerons ainsi son souvenir et rappellerons à notre population laborieuse, la haute figure d'Alexandre André. Il part en laissant un bel exemple aux jeunes, dit M. Rochefort en conclusion. 

M.ANDRE REMERCIE. 

Après avoir coupé le ruban symbolique et découvert la plaque portant son nom, M.André fut fleuri par trois petites filles. Puis il remercia l'Administration communale d'Houdeng-Goegnies pour le geste qu'elle venait de faire. Il mit l'accent sur le fait que le souci principal d'un mandataire public c'est de s'occuper de l'enfance, "L'enseignement est fait pour rendre l'enfant bon et rendre l'homme meilleur"  dit le Président honoraire du Hainaut. 

Puis le cortège parcourut la nouvelle avenue au son de la Fanfare Ouvrière. 

RUE LEON DURAY. 

Au carrefour formé par la chaussée Houtart et l'ancienne rue portant le même nom, une cérémonie semblable eut lieu quelques instants plus tard. M.Rochefort déclara que l'administration communale, désireuse de rendre hommage et de perpétuer le souvenir de son ancien bourgmestre a décidé de donner le nom de Léon Duray à cette rue. Il rappela la carrière de l'ancien mayeur, qui fut élu au conseil communal en 1921 et élu échevin de l'Instruction publique en 1925. A la mort de M.Pinthelon, Léon Duray remplit les fonctions de premier magistrat de la commune. 

"Dans l'exercice de son mandat il fit toujours preuve d'un sens pratique, d'une bonne volonté agissante, d'une entente éclairée des affaires et d'une connaissance étendue des lois et coutumes de nos rouages administratifs. Riches ou pauvres pouvaient en toute confiance, s'adresser à lui, avec la certitude et l'assurance qu'une suite favorable serait réservée à leur requête, dans la limite des lois et règlements. Epris d'un grand esprit de justice, il s'efforça en toute circonstance de se rendre agréable à tous. Il fut un bourgmestre modèle qui consacra la plus grande partie de son temps et de son intelligence pour assurer le bien-être de notre population". 

Et M. Rochefort de conclure: 

"En inaugurant cette rue, nous avons voulu rendre hommage au bourgmestre qui pendant 25 ans présida avec dévouement, compétence et bonne humeur aux destinées des plus populeuses communes du Centre. Je demande à Mme Duray de bien vouloir couper le ruban d'ouverture de la rue qui portera le nom de son regretté mari". 

Ainsi devait commencer une bien belle ducasse du Trieu, une ducasse qui s'annonçait à merveille. Cette première journée de kermesse se déroula sous un soleil radieux, et bien des habitants des deux Houdeng et des communes avoisinantes devaient rendre visite durant le week-end prolongé à cette fameuse "ducasse à l'tarte". 

Albert Acou.

16:30 Écrit par Petit Loup dans Rues et lieux-dits | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : andre, duray |  Facebook |

26/03/2009

La riche histoire des rues: les deux Houdeng

Journal "Indépendance" - Mercredi 15 janvier 1964. 

Ce n'est pas toujours au centre de nos communes que les noms historiques se retrouvent, et les lois du temps n'obéissent pas aux hommes. 

Pour certains, il paraîtra surprenant de placer sous le titre: "Aux DEUX Houdeng" le nom: 

PLACE ET RUE ST-NICOLAS. 

En effet, officiellement la rue Saint-Nicolas est une rue de Goegnies, uniquement de Goegnies. 

Toutefois l'usage populaire - cet usage qui est d'ailleurs souverain en matière de toponymie - consacré par des "ducasses" vivantes, désigne sous le nom de place Saint-Nicolas le large carrefour mitoyen où se joignent cinq rues: la rue Saint-Nicolas, goegnéroise évidemment; la rue Hector Ameye, du nom d'un habitant y tué par les Allemands et qui s'appelait hier encore la rue de Mons (raison facile à expliquer, encore que ce chemin conduisait vers Nivelles); la rue de la Paix, hier, un hier très proche ici, rue de la Barette, les deux appellations rappelant un charbonnage, et cette rue étant mitoyenne; la rue de l'Infante Isabelle, uniquement houdinoise, c'est-à-dire sur Houdeng-Aimeries, rue prolongeant vers Mons la rue Ameye et que suivit l'Infante Isabelle en 1631; enfin la rue de la Salle, qui bizarrement commence par être mitoyenne, pour devenir ensuite territoire goegnérois. 

Pourquoi Saint-Nicolas? En fait, la raison se trouve dans une SIXIEME voie, absente! 

En effet, dans le coin vide entre la rue Infante IsabeIle et la rue de la Salle, aboutissait un long sentier venant, par sa branche principale de la Jobrette, par la chapelle Sainte-Barbe; et à l'aboutissement de cette "pied-sente" sur le grand carrefour, sur le point culminant, place de répartition de directions, s'élevaient autrefois deux arbres encadrant une chapelle dédiée à saint Nicolas, et c'était donc sur une portion de territoire devenue houdinoise. 

Le sentier fut déplacé plusieurs fois, pour finir par être reporté maintenant au long des ateliers Lucas, et aboutir dans la rue de l'Infante Isabelle, en face de la ferme de feu Constant Monoyer, la ferme dire du bailli, Constant étant un petit-fils de l'authentique bailli des seigneurs d'Houdeng. 

Et c'est donc cette chapelle disparue sur Houdeng-Goegnies, qui justifie un nom de rue sur Houdeng-Goegnies. 

LA RUE DE LA SALLE. 

De ce carrefour part donc la rue de la Salle: plusieurs explications de fortune, comme plusieurs orthographes, ont contribué à brouiller, aux yeux de beaucoup d 'habitants, la signification et les raisons lointaines de cette appellation qui reconduit un souvenir historique réel, et plein d'intérêt. 

Si nous nous aidons de l'historien et toponymiste régional feu Jules Monoyer, nous lisons en 1879 : "La Salle = hameau de Goegnies, à la coupure du Ri eu Baron et du vieux chemin de Goegnies à Saint-Vaast (certainement = La Louvière), autrefois fief de la seigneurie de la Puissance... On a trouvé... des vestiges d'antiques substructions maçonnées en grès du pays. C'est là - rapporte une tradition immémoriale - que se dressait jadis le CHATEAU DES SARRASINS... détail confirmé par Florent Have, propriétaire de la Vieille-Salle... 

"Maints endroits en Belgique montrent des ruines affectées de noms similaires; dont Casteau... Viesville... Dans les légendes populaires que nous a léguées le Moyen-Age, "Payen, Sarrazin" ont le sens de "Non chrétien, idolâtre". 

"Ici nos Sarrasins sont bien les Franks, et le mot "Salle" en est la démonstration : les Franks désignaient par Sala, Saal , Zaal, l'habitation du maître." 

"La vieille censé de la Salle, aujourd'hui partiellement démolie pour cause de vétusté conserve le nom et le souvenir du manoir de quelque chef frank". 

"Plus tard, elle devint propriété et résidence des Sires du nom de Goegnies; on en rencontre dès le milieu du Xllè siècle. Lyonnel de Goegnies fait encore relief de son fief en 1410. 

CONFIRMATIONS 

Ces lignes furent écrites en 1879 quand J.Monoyer habitait près de là sur Houdeng-Aimeries, en sa grosse maison de la rue de l'Aval, devenue rue Jules Monoyer. Le canal n 'avait pas encore bouleversé le site évoqué; que tout de même, on peut s'imaginer en observant la rue de la Salle, descendant au carrefour du St-Nicolas, se prolonge, non vers le pont et la rue de l'Abattoir, mais par le début de la rue du Croquet, et se retrouve au-delà du canal dans ce qui s'appel le la rue du Nouveau Canal,à l'endroit où le Rieu Baron reprenant les eaux de la Chapelle St Biaise, se prépare à passer sous le canal. 

Ce que l'historien dit de château, de ferme des Sarrazins peut être rapproché de ce que d'autres historiens ont dit au sujet de Morlanwelz, où des souvenirs ont subsisté d'un château des Sarrazins; et de nombreux autres lieux dits de communes wallonnes qui ont gardé, après des siècles et des siècles, des signalements toponymiques rappelant ces Sarrazins. 

CARTOGRAPHIE. 

Quant à nous, sur une carte datant originalement de 1750, soit un siècle et quart avant les conclusions de J.Monoyer, carte recopiée et identifiée en 1875 et plus tard, nous avons repéré des noms de lieux typiques, certains avec des orthographes approximatives, et parmi ces noms:

- la fontaine de Goegnies (chapelle St-Blaise, qui viendra bien après);
- l'Houpette;
- le moulin à vent du Lucq, avec plus au sud le double Thiriau-du-Luc;
- la campagne du Grand Peuplier et du Bignieau (sic);
- le bois de Bengnieau (sic);
- la Ronge (sic) et le Trieu-à-Valé, etc... et aussi, en rapport avec nos lignes ci-avant:
- le Pied-Sente Colas, allant de la future Jobrette à une chapelette esquissée au bord du carrefour évoqué;
- les 2 bâtiments de la "Censé de La Sal", à l'endroit bien précis dont parle l'historien houdinois. 

Voici donc deux rues de nos villages qui ont apporté du lointain et du proche passé des noms pleins de signification historique. 

Il n'y eut pas de "Fosse Saint-Nicolas": les noms de rues avec "saint" ou "sainte" rappellent des fosses, des puits de mine sur Houdeng-Aimeries, et rien que cela; alors que ce n'est pas le cas sur Goegnies: l'histoire décide, et les usages de nos pères. 

E.L.D.

16:30 Écrit par Petit Loup dans Rues et lieux-dits | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : nicolas, salle |  Facebook |

24/03/2009

La belle histoire de nos rue, de bracquegnies aux deux Houdeng.

Journal "Indépendance" - Mercredi 16 janvier 1963. 

Ce n'est pas depuis tant d'années que nos rues "ont des plaques", qu'elles sont distinguées par des noms officiels, fixés en somme: pour nombre de nos communes c'est au début de ce siècle que les premières dénominations, et les premières inscriptions sont apparues. 

Ce qui posa des problèmes délicats: certaines voies avaient deux noms, certaines étaient connues par des noms que les administrateurs estimaient, et pour cause, d'une verdeur à ne pas consacrer; comme d'autres conduisaient à des bourgs notoires avaient leur nom tout trouvé, comme d'autres venaient avec un beau passé d'histoire. 

Telle la chaussée Brunehault à Morlanwelz et environs, tel le Coron de Tombou à Bracquegnies, et le Canterlot à La Hestre, la rue de Houdain (du nom d'un seigneur d'Houdeng) , etc... et ailleurs, des remparts, des rampes, des faubourgs. 

Outre la grande histoire, la petite histoire, et sa soeur populaire la gaieté folklorique ont illustré le répertoire de nos rues. 

RUE DES ABONNES. 

Il reste quelques habitudes pratiquant encore une terminologie périmée, en disant: acheter par abonnement, payer par abonnement, pour les opérations qui se comprennent maintenant: achats à crédit, vente à tempérament, à paiements différés. 

Et qui appellent encore, - rarement il est vrai - ces acheteurs des "abonnés" et ce fut le cas spécialement pour les petits propriétaires à terme, de maisons dites ouvrières. 

Le hasard voulut que plusieurs de ces propriétaires modestes se groupent :

- A Houdeng-Goegnies en cette rue perpendiculaire à la rue des Trieux et partant de l'Hôtel de Ville.
- A Bracquegnies au long du chemin de cette demi-rue partant du petit chemin de la Lue et longeant la voie ferrée vers Maurage. 

Et dans le populaire surgit bien vite les signalements : Rue des Abonnés; c'était bien là une décision souveraine, d'ailleurs empreinte de considération quoi qu'on en pense. 

Toutefois à nos interrogations récentes il nous fut précisé : "On dzoù toudi çà, mais i n'a jamès yeu d'plaque avû ç'nom-là". 

DES COUPS D'EPONGE. 

Ces noms ne sont pas restés. A Goegnies, l'occasion se présenta lors d'un événement qui passionna tout le monde : l'exécution du révolutionnaire espagnol Francisco Ferrer, élevé au rang de héros par les organisations et les partis démocratiques; avec comme conséquence que nombre de municipalités donnèrent le nom de Ferrer à une rue , à une place: ce fut le cas de La Louvière, à La Hestre, à Familleureux, à Morlanwelz, etc. à Mons, à Bruxelles (où une statue fut élevée au martyr). 

Houdeng-Aimeries eut sa place Ferrer, devenue place du Souvenir à la suite d'aménagements en cascade (Ferrer à ce qui fut rue Arthur Putsage, Putsage à la place de Ste-Barbe, qui préexistait dans les Carrés). 

Et Goegnies baptisa, cette fois de façon officielle, la rue dite des Abonnés: rue Ferrer. 

Avant de rappeler ici la solution de Bracquegnies, commune connue pour ses véhémentes manifestations de gauche, de Bracquengies-la-Rouge, remarquons qu'il n'y existe aucune rue Ferrer, ce qui étonne. La raison c'est qu'au moment, 1909-1911, des rigueurs espagnoles, le bourgmestre était M. Coppée, et aucun mandataire de gauche ne siégeait au conseil communal. 

Et encore avant d'en finir avec Bracquegnies, faisons encore, faisons d'abord une incursion dans les quartiers neufs d'Houdeng-Goegnies. 

Les administrateurs ont dû trouver ou inventer des noms de rues : ily eut la cité du Trieu-à-Vallée où manquaient des allusions historiques; à une allée centrale sans nom digne de mention il a été donné comme voisines des noms de fleurs, sans doute en s'inspirant des bois tout proches: rue des Primevères et rue des Jacinthes (encore que le fameux "Godet bleu" soit une fausse jacinthe). 

Au quartier tout neuf du stade, la nouvelle rue principale a reçu le nom de rue de l'Indépendance par allusion à date de son ouverture inaugurale : le 21 juillet. 

Mais à Bracquegnies, où nous revenons, il existe une rue de l'Indépendance mais celle-ci n'a rien à voir avec notre indépendance nationale, vieille d'un siècle un quart.

En effet, il s'agit là d'une revendication, d'un sursaut savoureux de l'amour-propre wallon: les "Abonnés" de Bracquegnies ayant un beau jour éteint leur dette, étaient devenus libres de tout engagement pécuniaire, ont prié l'administration locale de biffer le nom des Abonnés, de sanctifier en somme leur accession à la propriété sans restriction : à l'Indépendance! 

La modeste conclusion est appréciable: il y a indépendance belge et Indépendance bracquegnéroise, deux choses différentes. 

E.L.D.

16:30 Écrit par Petit Loup dans Rues et lieux-dits | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : abonnes |  Facebook |

22/03/2009

Petit glossaire de nos rues.

Journal "Indépendance" - Samedi-Dimanche 6-7 octobre 1951. 

Les commissions de toponymie ont toutes bonnes raisons de protéger les appellations de nos rues; d'autant plus que de très nombreuses parmi elles s'ornent d'appellations historiques ou folkloriques tellement précieuses et remarquables. 

Et de nos villages, petits ou grands n'arriverait-il pas facilement que l'on exagère l'importance d'une notoriété locale, peut-être même toute passagère. 

Si certains partisans, certains thuriféraires avaient pu imposer leurs vues, il ne resterait plus guère de belles appellations dans nos adresses; et comme la gloire tourne, il aurait fallu parfois dégommer un édile qui n'aurait pas tenu ses promesses, ou dont le nom rappelé quelque turpitude locale.

Quant aux désinences abstraites, telles les rues de la Liberté, de la Bonté, du Progrès, consécration naïve des idées républicaines, leur abondance risquerait de donner une nomenclature risible; le même principe amènerait des rue de la Clarté, de la Blancheur, du Rire, de la Vie, de la Vapeur... 

N'est-ce point déjà discutable que l'on soit arrivé à dire et à imprimer ce pléonasme "rue de la Chaussée"? Modernisme qui n'a pas la saveur des mots de nos "Tayons", qui se comprenaient en disant "El grand pavé", et pour telle autre artère "elle brizée", ou "el brizè". 

Venues de l'Histoire, de la Grande Histoire, les dénominations houdinoises ont survécu; la rue (aux cartulaires: le chemin) de l'Infante Isabelle, qui aurait suivi l'Infante lors d'un ou de passages historiques, la rue Jospeh II, partie de la chaussée de Bois-du-Luc, dont la construction fut autorisée par ce prince, Goegnies de son côté a gardé, - en partie mitoyenne, - une rue de Lasalle, ou de la Salle, du nom d'un fief avec ferme et dépendances aux environs du canal actuel; et dans les années plus récentes, une rue Léopold II, en souvenir d'une inauguration d'ascenseur par ce monarque, inauguration d'ailleurs fertile en incidents franchement révolutionnaires.

Plus descriptifs apparaissent les termes de Maladrée, où l'on entretient le souvenir sans traces, d'une Maladrerie ou Ladrerie, soeur contemporaine de celle qui a laissé des vestiges bien conservés aux confins du Roeulx, de Couturelle, où s'étendaient de vastes emblavures, ou "Coutures"; de Marais, où le confluent du Rieu Baron et du Thiriau-du-Luc humifiait tout un delta; de Moulin Collet, où subsiste à flanc de coteau un moignon de moulin à vent, - et que trop de gens hâtifs confondent avec le moulin à eau, qui subsiste, sur le tout proche Thiriau-du-Sart. 

L'INDUSTRIE. 

Les platineries Debauque édifiées au Marais (en 1840) pas plus que leur laminoir et leurs fours à réverbère n'ont pas laissé de trace dans le glossaire du moins; mais Houdè conserve une rue de la Fonderie dont beaucoup ne connaissent plus l'origine; les bâtiments eux subsistent pourtant, mais transformés en brasserie à la Chaussée! 

La Goegnéroise rue de la Chaudronnerie rappelle cette industrie typique dont il ne reste plus que de vagues traces; mais la rue de la Corderie, partagée entre chaque Houdeng a vu son nom inopportunément méprisé au profit de Vandervelde. 

Pourtant la Corderie continue une production bien typique; les câbles des mines; l'histoire de cette spécialité, de ces bâtiments plantés à califourchon sur cette voie qui, de ruelle passe rue mérite une relation détaillée et envisagée. 

La rue de l'Abattoir ne posa aucun problème aux édiles, guère plus que la rue des Bouchers au coeur de Goegnies; mais s'il y existe une glacière, dans le sens de fabrique de glace, la rue de la Glacière se cache autour des carrés de Bois-du-Luc, sur Houdeng-Aimeries, - où elle remémore une autre espèce de glacière, simpliste; et ce tout à côté d'une rue du Gazomètre en souvenir d'un modeste gazomètre des charbonnages. 

FOLKLORE ET FANTAISIE. 

Les historiens ont voulu, - sans le prouver, - attribuer à des usages de dîmes les appellations de Lait Beurré et de Pain blanc qui sonnent si bellement dans les noms de hameaux près des bois d'Houdeng-Goegnies et Aimeries). 

Mais il reste quelque fidélité aux terminologies et à l'esprit wallons dans les désinences, à travers les deux communes : rue du Vent de Bise, rue de la Ronce, fera la ruelle du Cachot agrandie en rue Ste Anne, la "potale" en justification existe alors que le cachot est disparu, - rue Gran'peine, rue du Culot, ruelle à l'Eau, ruelle du Marchand de Noir, rue de l'Egalité (ici à cause du cimetière égalitaire et voisin). 

Nos investigations n'ont pas encore permis de découvrir de façon certaine l'origine des noms si particuliers de Jobrette, feu Matroquette, Malapatte, etc. 

Les Houdinois et Goegnérois connaissent-ils tous les noms de rues dans leurs communes ? Certainement pas tous, car des coutumes ont persisté, telle en Houdeng-Aimeries de ne dire "El Bos-du-Luc" que pour la rue du Moulin (en souvenir d'un moulin à eau sur le Thiriau-du-Luc) qui s'enfonce dans le mystère entre "l'pavè", ou rue officielle du Bois-du-Luc d'une part et l'église et les écoles de Bois-du-Luc d'autre part; telle en Goegnies celle de désigner l'actuelle rue Jean Jaurès en citant "ellepierke" de tir à l'arc qui s'y dressa longtemps, et celle de nommer " el Coron Delatte" la rue Scailmont cependant baptisée historiquement. 

D'AUTRES EVOCATIONS. 

Bien d'autres raisons ont motivé la nomenclature : les Bois des Houdeng (Aulnois, Sart, Hutte, Houpette, Notre-Dame, des Raves), le Sart mitoyen, les trieux goegnérois (sauf un qui accepte d'être un peu mitoyen), la Tombelle et le Calvaire en Houdeng-Aimeries, la Barette qui s'égare sur trois ou quatre communes, etc... 

Mais malgré l'entremêlé des rues, chaque Houdeng, comme pour susciter des confusions, possède une place Albert 1er, une rue Joseph Wauters, une rue des Ecoles, une rue du Moulin (plus celle du Moulin Collet). Ce qui distinguerait peut-être au plus ce serait les ponts rabelaisiens en Goegnies: Brin d'Tchie et Trau d'c..., et la rose des vents dans les Carrés de Bois-du-Luc sur Houdeng-Aimeries: rues du Nord, du Midi, du Levant et du Couchant. 

Tout cela vaut-il les Ruelles des Houdeng?

16:30 Écrit par Petit Loup dans Rues et lieux-dits | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : folklore |  Facebook |

20/03/2009

Les Houdeng et leurs ruelles.

Journal "Indépendance" - Lundi 6 août 1951. 

A LA GLOIRE DE NOS VILLAGES.

Un dicton houdinois, qui a dépassé les frontières des deux communes, que l'imagerie populaire a gentiment reconduit, et qui consacré une vérité savoureuse, veut que : "çu qui distink Houdè d'BrusseIles, c'est ses ruelles". 

Ce dicton ne fait que reprendre le distique d'une chanson de revue folklorique comme en écrivent nos chantres wallons du début du siècle. 

En fait, il importe surtout pour les étrangers, et pour les Houdinois et Goegnérois, jeunes d'âge ou d'adoption, il importe de préciser que le rythme poétique et musical a dicté "Houdè", mais que l'auteur a bien voulu dire Houdè et Goegnière, car les deux villages si bien enchevêtrés renferment autant de ruelles l'un que l'autre... 

LE POIDS DU NOMBRE. 

Si ce dicton, cette chanson correspondant ainsi à la notoriété, c'est que la loi du nombre a joué. 

En effet, pour le centre, amalgamé, des deux communes, le connaisseur, l'initié pourra recenser au delà de trois douzaines de ruelles, ruelles en quelque sorte officielles, consacrées, administrativement baptisées, bordées d'habitations, de face, de profil ou de... dos; et ceci sans compter les dizaines de sentiers, de venelles plus ou moins champêtres, sylvestres, ou mixtes, qui strient de leurs raccourcis les alentours moins bâtis. 

Evidemment, ces ruelles, terme consacré, comprennent ce que certains puristes étrangers nommeraient impasse ou cour, mais "RUELLE" pour nous, c'est un joli diminutif, qui implique discrétion, calme, consécration historique, - et cadastrale -, modestie, poésie ! 

Longues et courtes, droites et capricieuses, nettes et compliquées, imprévues, même indiscrètes, elles s'insinuent, audacieusement, entre des pignons, au long de clôtures, de murs, de haies vives; elles gardent ou livrent des secrets à qui sait les parcourir. 

Ne peuvent s'y aventurer aucun profane, mais aux initiés, elles livrent la complaisance de leurs raccourcis, à la fois géométriques et humoristiques, souvent truffés de surprises diverses, pittoresques... 

Et quel émerveillement, au sortir de ces "boyaux", de déboucher au plein air d'une place moderne, lumineuse, ou bien dans une rue bruyante, ou bien en pleine chaussée commerçante... à moins que ce ne soit dans une autre ruelle muette, mystérieuse, goguenarde. 

LEURS CHARMES FOLKLORIQUES. 

Pour leurs habitués, jeunes, adolescents et adultes, ces coulisses du théâtre quotidien offrent leurs complaisances multipliées, pour les promenades à deux, les tête-à-tête prolongés et discrets, - pour les accidentés... de l'habillement, les accidentées des vétustés jarretières, des bas, ou autres... dessous... délicats, - pour les rabelaisiens malmenés par la nature. 

Peut-on en quelques phrases, cataloguer et publier, les multiples charmes de ces retraites, de ces passages, de ces cachettes? Non, bien sûr! 

Tenons-nous en aux noms, à quelques noms, les uns venus du nom d'un propriétaire voisin, peut-être oublié, les autres venus d'un immeuble, d'un commerce, d'une particularité marquante; certains perpétuent ainsi l'histoire officielle, d'autres défient la toponymie, et intriguent le chercheur... 

En Goegnies si la rue Ste-Anne (avec une poteIle justificatrice) s'est affirmée, nos parents ne la connaissent que comme la significative ruelle du Cachot. Toute voisine la rue de la Ronce prend des airs, mais elle garde l'hypothèque pittoresque de sa moitié non encore émancipée : "ell ' ruelle dell' Ronche", avec ses saules, sa haie, ses recoins. Quelle poésie intense, dans la reconduction d'une industrie typique, grâce à la ruelle du Marchand de Noir, au nom d'apparence étrange ! 

Et cette longue ruelle du Peuple, aux vieux murs aveugles, percés de baies bien closes, aux portes sourdes, cachant quels mystères derrière leurs planches ternies? 

La ruelle Mastoque perd son nom, de même la ruelle Ussmé (Ursmer, sans doute), la ruelle à Soques s'est élargie en une rue du Culot aux surprenants virages, etc... etc. 

Mais la volonté populaire les a toutes consacrées; elles sont éclairées (à regrets par certains, et certaines) et pavées, et que nulle enquête "de commodo et incommodo" n'aille tenter de solliciter une suppression quelconque: une clameur monterait d'opposants tenaces, de traditionnalistes farouches. 

DANS LE VIEIL HOUDE 

Si nous quittons Goegnies pour pénétrer dans le vieux village voisin, nous ne cessons d'accumuler les amusantes découvertes. 

D'abord la mitoyenne rue de la Corderie (de cette corderie évoluée, perpétuée, modernisée, productrice de câbles de mine), qui débuta modeste ruelle tout comme l'historique ruelle du Calvaire, en train de se muer en avenue du Calvaire. Ruelle à l'iau, vers le Pont du Sart, n'a bizarrement rien de comparable à la ruelle de la Fontaine, au Marais; la première regrette l'eau, la seconde la glorifie, en offrant son jaillissement pur. 

Et pour les anciens élèves que de souvenirs s'élèvent à l'évocation de la ruelle du Queffagne, d'ell voye Ste-Barbe, etc. 

Si quelque fouineur cherche des illustrations quant aux soins que nos ancêtres témoignaient de bâtir à l'abri des vents, qu'il explore ce complexe "Stokou" où tant de ruelles parsemèrent les maisons dans les ruelles Jeumont, Duflot, Merrand, du Larron, etc... avant que ne naisse l'officielle rue du Stokou. Et si ce fouineur aime compléter ses recherches qu'il fouille papiers, mémoires, traditions... pour découvrir le sens d'une ruelle Kinker! Et tant d'autres gardent des appellations qui méritent les honneurs de sous-titres en capitales! 

POURTANT. 

Nous aimons ces ruelles, leurs accueils, leur discrétion, - et nous évoquons les défuntes : "d'en temps, doulà, ç'nie foc enn' ruelle", - pourtant pour beaucoup de nos "évolués", il en coûte un peu d'orgueil de donner comme adresse le nom d'une ruelle: complexe de citadin mal justifié, ingratitude, égarement.

Anvers ne tient-il pas à ses appellations de "canal", de remparts, de "rui", Liège à ses "Strées". 

Estimons donc ces trésors si particuliers, nés des batailles de nos pères, batailles entre le public, le populaire et le propriétaire, batailles sanctionnées par l'administration officielle: nos ruelles! 

Et si Bruxelles a son "Manneken-Pis, Mons ses rues "cronques" ses rues-à-degrés, son singe... si Liège a ses potales, Bruges ses canaux..., "Goegnière" eyet "Houdè" ont leurs ruelles. 

Le B.

16:15 Écrit par Petit Loup dans Rues et lieux-dits | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ruelle |  Facebook |

19/03/2009

L'origine dela place Albert Ier

Journal "Indépendance" - Mardi 31 août 1948.

L'origine de la place Communale d'Houdeng-Goegnies est intimement liée à ceIle de l'église locale qui fut fondée ou plutôt qui prit comme patron le célèbre Saint-Géry, évêque de Cambrai, qui convertit au christianisme une bonne partie des populations du comté de Hainaut. L'évêché de Cambrai était d'ailleurs très vaste et s'étendait jusqu'à Marche-lez-Ecaussinnes, les deux Houdeng, Mignault et beaucoup de paroisses de la région se sont placées sous la protection de Saint-Géry, citons Marche-lez-Ecaussinnes, Houdeng-Goegnies, Thieu, Boussoit, etc. La saint-Géry tombe le 11 août, une procession organisée en son honneur a lieu le dimanche suivant, et la kermesse se déroule le même jour. 

Autrefois, le buste de Saint-Géry était porté par des jeunes gens habillés en toile bleue et d'un pantalon blanc. A l'issue de la procession, ils étaient reçus par le Seigneur et plus tard à partir de 1623, par le Vicomte. 

LE SEIGNEUR. 

Le château seigneurial était bâti à proximité de l'église et fut transformé au 17ème siècle en bâtiments de ferme que la famille Haye occupa avec le titre de Vicomte ou de Lieutenant de la famiIle princière de Roeulx, Florent Haye, le dernier de la lignée mourut en 1889. 

La commune acheta alors la maison et ses dépendances aux héritiers afin de compléter l'agrandissement de la place Communale vraiment trop exiguë. 

Dès 1887, elle avait été allongée par la suppression et l'incorporation du presbytère et de son jardin. Ce geste de l'administration locale fut l'objet d'une polémique violente et devint l'enjeu des élections communales de l'époque. 

Les grandes lignes du plan de la future grand' place furent tracées par l'architecte Legrain de Bruxelles; il fut définitivement mis au point et exécuté par M. l'architecte Paul Dubail de Morlanwelz. 

UN JOLI COUP D'OEIL. 

A l'arrêt du tram, le coup d'oeil flatte la vue, et a retenu l'attention de plusieurs artistes. 

La ligne des bâtiments constitués par le presbytère, l'église, la maison libérale et l'habitation formant le coin présente un ensemble architectural des plus distingués, il est l'oeuvre de M. Eugène Bodson, de Saint-Ghislain. 

C'est pourquoi d'ailleurs la place de Goegnies est citée, à juste titre comme l'une des plus jolie de la région. 

10:01 Écrit par Petit Loup dans Rues et lieux-dits | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : place, albert |  Facebook |