10/06/2009

Les ascenseurs hydrauliques du Centre classés.

Le Soir - Samedi 7 novembre 1992.

Des vestiges centenaires, uniques au monde et toujours en activité. 

Le ministre Robert Collignon, chargé de l'aménagement du territoire, du logement et du budget à la région wallonne, l'a annoncé officiellement hier au cours d'une visite sur les lieux : les quatre ascenseurs hydrauliques de Houdeng, Bracquegnies et Thieu, mis en service à la fin du siècle dernier sur le canal du Centre, ainsi que les ponts-levis entre les infrastructures 2 et 3, sont classés comme monuments. 

L'ensemble formé par ceux-ci, tout comme les berges boisées, sont également classés comme site. 

Je crois que c'était une démar­che essentielle, a déclaré Ro­bert Collignon, parce qu'ils con­stituent un ensemble unique au monde, seuls à grouper quatre ascenseurs successifs et encore en activité. Sans oublier qu'ils sont le témoignage de notre réussite technique et industrielle. 

Les conséquences de ce classement seront d'abord une garantie pour l'avenir, puisqu'il incombera désormais au ministère de procéder à l'entretien et à la réhabilitation des ascenseurs, afin de les maintenir en bon état de marche. Une source de profonde satisfaction pour leurs défenseurs, tant il est vrai que de véritables « pionniers visionnaires » ont du se battre pour assurer la protection et l'entretien de ces joyaux maintes fois menacés. On se souviendra également que les ascenseurs sont entrés dans l'histoire régionale avec « l'affront » qui avait été infligé au roi Léopold II lors de leur inauguration, lorsqu'un militant avait crié « vive la république » au passage du souverain.

Cela dit, le caractère exceptionnel des ascenseurs dits « de La Louvière », tout comme leur parfait état de conservation permettront peut-être à la Commission royale des monuments, sites et fouilles de les proposer à présent comme éléments du patrimoine mondial. Robert Colli­gnon a par ailleurs annoncé certaines dispositions en faveur du logement dans le Centre. Nous y reviendrons. 

C.C.

 

15:45 Écrit par Petit Loup dans Ascenseur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : canal |  Facebook |

08/06/2009

Une halte à l'ascenseur n°1 du Canal du Centre

"Indépendance"  - Mercredi 24 avril   1957.

Nul n'ignore combien apparaît urgent et important le problème que pose actuellement en Hainaut la modernisation des voies d'eau. La région du Centre, tout particulièrement, se voit intéressée à cette question primordiale dont la réalisation permettra l'aménagement de l'embranchement Seneffe - La Louvière du canal de Charleroi à Bruxelles et celle du Canal du Centre qui relie La Louvière à Nimy. 

Rappelons en passant combien ces tronçons sont d'importance dans la vie économique de la région. Ils accusent, en effet, pour 1954, un trafic total (chargements et déchargements) de 2.900.000 tonnes. 

Mais ceci ne sera qu'une entrée en matières à notre propos d'aujourd'hui, car, appuyé au garde-fou du pont surplombant l'Ascenseur n° 1 à Houdeng-Goegnies, nos pensées ont, soudainement, rejoint une époque révolue où cependant les hommes allaient de l'avant. 

EN PRESENCE DE LEOPOLD II. 

Ce gigantesque travail d'art, une" des gloires de l'Administration des Ponts et Chaussées, fut construit de 1884 à 1888 et inauguré par le roi Léopold II, le 4 juin 1888. 

C'est M. Paul Houtart, bourgmestre d'Houdeng-Goegnies, qui accueillit le souverain, entouré des hautes personnalités du monde de l'industrie, du commerce et de la politique de la région du Centre. 

Le roi exprima toute la satisfaction qu'il éprouvait en venant inaugurer un appareil unique en Europe et rendit hommage aux ingénieurs belges qui l'avaient conçu.

L'auteur du projet, M. Hector Genard, et l'ingénieur principal de la firme Cockerill expliquèrent le mécanisme et le fonctionnement de l'ascenseur au royal visiteur.

Puis, tout le monde prit place dans une allège, entrée dans l'un des sas, et la première ascension se déroula sous le regard intéressé des innombrables spectateurs. 

LE CANAL DU CENTRE. 

Le canal du Centre réunit le bassin de la Meuse au bassin de l'Escaut. Il est situé dans les prolongements de l'embranchement de Seneffe, dérivation du canal Charleroi -Bruxelles. Il réunit deux grands bassins fluviaux par un raccourci, son creusement est en crête et surélevé par rapport aux vallées du Thiriau et de la Haine, qu'il épouse. Ses eaux sont des eaux de pompage. 

Signalons encore que la différence de niveau entre l'amont et l'aval est de 15 m. 40 pour l'ascenseur n° 1 de Houdeng-Goegnies, de 16 m. 03 pour l'ascenseur n°2 d'Houdeng-Aimeries, n° 3 à Bracquegnies et n° 4 à Thieu. 

PORTES DE SERVICE DES BATEAUX. 

Vus d'une façon simpliste, les ascenseurs du canal du Centre se composent de deux bassins de 45 m. de longueur sur 5m. 80 de largeur et 3 m. 15 de profondeur; les bassins du sas présentent une hauteur de 2 m. 40. 

Ces deux bassins reposent chacun sur un piston de 2 m. de diamètre dont la hauteur est de 9 m. 44. Ces pistons plongent dans deux cylindres de 2 m. 060 de diamètre et communiquent entre eux par une tuyauterie. Au centre de cette tuyauterie se trouve une vanne dont l'ouverture et la fermeture sont commandées par le mécanicien de la cabine centrale qui se trouve au milieu de* la partie haute de l'ascenseur.

De l'eau remplit cette tuyauterie et l'espace compris entre les deux cylindres et les pistons. 

Quand la vanne centrale est fermée, les deux bassins sont bloqués dans leur position respective. Si les deux bassins sont remplis à un même niveau, ils ont sensiblement le même poids (1.000 tonnes). Si un bateau entre dans le bassin, il en fait sortir un volume d'eau correspondant à son poids. Donc, facteur essentiel: les deux bassins remplis à un même niveau, avec ou sans bateau, ont le même poids.

Dès lors, si on met les deux cylindres en communication en ouvrant la vanne centrale, les deux bassins vont se comporter comme les deux plateaux d'une balance et se mettre dans une position moyenne, à mi-hauteur entre le niveau du canal d'aval et du canal d'amont. Dans ces conditions, il serait impossible de faire passer un bateau du bief supérieur dans le bief inférieur, et réciproquement; mais si on ajoute au bassin qui se trouve à l'amont (soit au niveau du canal supérieur) une surcharge de 30 cm. d'eau, l'équilibre sera rompu et le bassin supérieur descendra jusqu'au niveau du fief aval en faisant passer le bassin inférieur au niveau du bief amont. 

En réalité, le bassin descendant s'arrête, à un niveau situé à 30 cm. au-dessus du niveau inférieur, le bassin montant à 30 cm. au-dessous du bief supérieur. 

Cette manoeuvre doit permettre d'évacuer la surcharge d'eau du bassin descendant et d'admettre une surcharge de 30 cm. dans le bassin qui vient de monter. Les bateaux pourront alors sortir des sas aux bassins en service, prêts à recevoir d'autre bateaux. 

AUTOUR D'UN MECANISME. 

On remarque ainsi qu'il existe une interruption entre le bief supérieur du canal et le sas qui arrive à l'amont, tout comme il existe une solution de continuité entre le sas qui est descendu et le bief du canal supérieur. 

Dans ces conditions, on ne peut ni ouvrir la porte qui ferme le canal supérieur ni la porte d'amont du sas qui fait vis-à-vis; ces opérations amèneraient en effet le vide total des bassins. 

Il faut alors supprimer cette solution de continuité; on y arrive grâce à un dispositif pouvant être comparé au soufflet réunissant deux wagons de train. La jonction établie, on peut admettre de l'eau entre le bief et le sas: les portes sont ainsi équilibrées et on peut dès lors lever simultanément les deux portes afin d'évacuer le bateau prisonnier du sas. 

Si la boîte à bourrage perd, si donc les cylindres ne tiennent pas leur eau, le bassin descendant (celui' qui a une surcharge de 70 tonnes) descendra jusqu'à son niveau normal, mais ne parviendra pas à faire monter l'autre bassin au niveau désiré. Pour le faire monter davantage, on amènera de l'eau à 45 kg. de pression par cm2, dans le cylindre du sas à monter, la vanne centrale étant fermée. 

Cette eau sous pression est obtenue par des pompes à piston, commandées par des turbines hydrauliques, actionnées par une chute d'eau utilisant la différence de niveau existant entre l'amont et l'aval de chaque ascenseur. Cette eau, sous pression, sert également aux manoeuvres de levage des portes, car, seuls les cabestans qui tirent les bateaux dans les sas et les en retirent sont électriques. 

ET LES LOURDS CHALANDS GLISSENT... 

Beaucoup d'entre vous, amis lecteurs, ont certes déjà poussé une promenade vers ce coin facilement accessible soit par le chemin de halage, soit par le rue de l'Ascenseur où voitures et autocars trouvent une route très praticable pour gagner le bief. 

Vous vous êtes donc penchés, comme nous, sur ce travail gigantesque, sans trop en connaître, peut-être, le puissant fonctionnement. C'est pourquoi nous vous avons donné ci-dessus tant de détails qui vous permettront maintenant de renseigner vos amis qui, venus de l'étranger, aimeront à découvrir dans notre région ce gigantesque travail d'art.

Ils le découvriront avec d'autant plus d'intérêt que l'endroit ne manque nullement de poésie. IL suffit simplement de regarder autour de soi tout en pensant que ce tronçon du canal du Centre baigne une terre laborieuse où le travail pose son empreinte parmi de lourds chalands qui glissent à travers la campagne.

En effet, du promontoire surplombant l'ascenseur le paysage apparaît tel un décor où la brutalité des industries voisines semble adoucie par les hauts peupliers qui se balancent en une toile de fond souple et harmonieuse. 

Et les bateaux montent ou descendent, franchissant les hautes portes du sas et emportant dans leurs flancs goudronnés un peu de notre vie et de notre terre hennuyère. 

V.D.

15:45 Écrit par Petit Loup dans Ascenseur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : canal |  Facebook |

06/06/2009

Les ascenseurs du Canal du Centre, portes de service de bateaux

"Indépendance"  -  Vendredi 20 août  1954.

Vus d'une façon simpliste, les ascenseurs du canal du Centre se composent de deux bassins de 45 m. de longueur sur 5.80 m. de largeur et 3.15 m. de profondeur ; hauteur dans les bassins du sas: 2.40 m. 

Ces deux bassins reposent chacun sur un piston de 2 m. de diamètre dont la hauteur est de 19.44 m. Ces pistons plongent dans deux cylindres de 2.060 m. de diamètre et communiquent entre eux par une tuyauterie; au milieu de cette tuyauterie se trouve une vanne, un robinet dont la fermeture ou l'ouverture est commandée par le mécanicien de la cabine centrale qui se trouve au milieu de la partie haute de l'ascenseur. 

De l'eau remplit cette tuyauterie et l'espace compris entre les deux cylindres et les pistons. Quand la vanne centrale est fermée, les deux bassins sont bloqués dans leur position respective. 

Si les deux bassins sont remplis à un même niveau, ils ont sensiblement le même poids (1.000 tonnes). Si un bateau entre dans le bassin, il en fait sortir un volume d'eau correspondant à son poids. Donc, chose essentielle, les deux bassins remplis à un même niveau, avec ou sans bateau, ont le même poids. Dès lors, si nous mettons les deux cylindres en communication en ouvrant la vanne centrale, ces deux bassins vont se comporter comme les deux plateaux d'une balance et se mettre dans une position moyenne, à rai-hauteur entre le niveau du canal d'aval et du canal d'amont. Dans ces conditions, il serait impossible de faire passer un bateau du bief supérieur dans le bief inférieur et réciproquement; mais si on ajoute au bassin qui se trouve à l'amont (au niveau du canal supérieur) une surcharge de 30 cm. d'eau l'équilibre sera rompu et le bassin supérieur descendra jusqu'au niveau du bief aval en faisant passer le bassin inférieur au niveau du bief amont. 

En réalité, le bassin descendant s'arrête à un niveau situé à 30 cm. au-dessus du niveau du bief inférieur et le bassin montant à 30 cm. au-dessous du bief supérieur. Cette manoeuvre permettra d'évacuer la surcharge d'eau du bassin descendant est d'admettre une surcharge de 30 cm. dans le bassin qui vient de monter. Les bateaux pourront alors sortir des sas ou bassin en service, prêt à recevoir d'autres bateaux. 

QUELQUES REMARQUES. 

On remarque qu'il existe une  interruption entre  le  bief supérieur du canal et le sas qui arrive à l'amont tout comme il existe une solution de continuité entre le sas qui est descendu et le bief du canal supérieur. Dans ces conditions, on ne peut ni ouvrir la porte qui ferme la canal supérieur, ni la porte d'amont du sas qui fait vis à vis, ces opérations aliéneraient le vide total du canal. Il faut alors supprimer cette solution de continuité; on y arrive par un dispositif qui peut être comparé au soufflet réunissant deux wagons de trains internationaux. La jonction établie, on peut admettre de l'eau entre le bief et le sas: les portes sont ainsi équilibrées et on peut, dès lors, lever simultanément les deux portes pour évacuer le bateau du sas. 

Si la boîte à bourrage perd, si donc les cylindres ne tiennent pas leur eau, le bassin descendant, celui qui a une surcharge de 70 tonnes, descendra jusqu'à son niveau normal, mais ne parviendra pas à faire monter l'autre bassin au niveau désiré. Pour le faire monter davantage, on amènera l'eau à 45 kgs de pression par cm2, dans le cylindre du sas à monter, la vanne centrale étant fermée. 

Cette eau sous pression est obtenue par des pompes à piston commandées par des turbines hydrauliques, actionnées par une chute d'eau utilisant la différence de niveau existant entre l'amont et l'aval de chaque ascenseur. Cette eau, sous pression, sert également aux manoeuvres de levage des portes, car seuls actuellement, les cabestans qui tirent les bateaux dans les sas ou les retirent, sont électriques. 

La différence de niveau entre l'amont et l'aval est de 15 m. 40 pour l'ascenseur n° 1 de Houdeng-Goegnies, de 16 m. 03 pour 1'ascenseur n° 2 de Houdeng-Aimeries, n° 3 à Bracquegnies et n° 4 à Thieu. 

LE CANAL.

Le canal du Centre réunit le bassin de la Meuse au bassin de l'Escaut: il est dans le prolongement de l'embranchement de Seneffe, dérivation du canal de Charleroi à Bruxelles. Il réunit deux grands bassins fluviaux par un raccourci, il est en crête et surélevé par rapport aux vallées du Thiriau et de la Haine, qu'il suit. 

Il faut encore souligner qu'il suffit d'une surcharge d'eau de 30 cm. pour faire franchir à deux bateaux une différence de niveau variant de 15,4 m. à 17 m. 

V.D.

15:45 Écrit par Petit Loup dans Ascenseur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : canal |  Facebook |

04/06/2009

L'ascenseur n°1 d'Houdeng-Goegnies et le Canal du Centre

"Journal de Charleroi - Centre" Jeudi 30 avril 1936.

Le canal du Centre, voie navigable à grande section constitue un trait d'union de plus, entre le bassin de l'Escaut et celui de la Meuse. 

Il unit ses eaux à Mons à celles du canal de Mons à Condé et à Houdeng-Goegnies, à l'embranchement venant de Seneffe, du canal de Charleroi à Bruxelles, aussi à grande section. 

On comprend dès lors, toute son importance, pour la région industrielle du Centre. 

Sa construction a été laborieuse. En effet, sa longueur est de 21 km.07 et la différence de niveau, entre le point de départ et celui d'arrivée, atteint 89 mètres 457. 

De Mons à Thieu, sur une longueur de 15 km. environ, cette différence est rachetée au moyen de 4 écluses de 4 m. 20 de chute et d'une cinquième de 2 m. 26 soit en tout 23 m. 26. Mais de Thieu à Houdeng-Goegnies, sur un parcours de 6 km., la différence de niveau à racheter était de 66 m.19. Il aurait fallu dans ce but établir au moins 17 écluses, sur un terrain dont le sous-sol est creusé par l'exploitation houillère, depuis des siècles et dont la nature géologique manque en certains endroits de consistance. 

Il ne fallait pas penser à cette solution, une des écluses se serait peut-être enfoncée à l'instar du pont de Bracquegnies, anéantissant ainsi tout le trafic du Canal. 

Une autre manière de résoudre cette grosse difficulté fut présentée par M.Genard, le savant inspecteur principal des Ponts et Chaussées. 

Elle consistait dans la construction de quatre ascenseurs hydrauliques. Le N° 1, à Houdeng-Goegnies, de 15 m. 397 de chute; le N° 2, à Houdeng-Aimeries, de 16 m. 934 de chute; le n° 3 à Strépy, de 16 m. 933 de chute; le n° 4 à Thieu, de 16 m. 933 de chute, au total 66 m. 197. 

Elle fut adoptée par le Gouvernement.

L'ascenseur n° 1 de Houdeng-Goegnies fut exécuté de 1885 à 1888, en même temps que la mise à grande section d'une partie du canal de Charleroi à Bruxelles et de l'embranchement venant de Seneffe. 

Il fut inauguré par S.M. le Roi Léopold II, le 4 juin 1888. Le Roi fut reçu à la gare d'Houdeng par l'Administration Communale d'Houdeng-Goegnies, présidée à ce moment par le regretté M. Paul Houtart, bourgmestre. 

Nous extrayons du cahier n° 3 des excursions de M. l'Inspecteur principal Stilmant, la description de l'Ascenseur de Houdeng-Goegnies. 

DESCRIPTION: C'est une énorme balance dont les plateaux sont des bassins (sas) supportés chacun par un énorme piston. Le piston glisse dans une presse et le sas est guidé par une construction métallique, supportant à sa partie supérieure une passerelle communiquant avec le bas au moyen d'un escalier''. 

Les sas de 43 m. de long sur 5 m. 80 de large, avec portes mobiles aux extrémités sont remplis d'eau au même niveau que le canal, c'est-à-dire à 2 m. 70. 

Le sas descendant contient 0.30 m. d'eau de plus que le sas montant. Ce surplus (45X5.8X0.3) ou 74.820 kg. sert à vaincre les frottements et à rétablir l'équilibre. Les pistons de 20 m. 5 de hauteur sur 2 m. de diamètre ont des parois de 0 m. 075 d'épaisseur. Ils pèsent chacun 20.000 kg. et plongent dans des cylindres ou presses en fonte de 2 m. 06 de diamètre, garnis de 0 m. 05 (épr.) de frette d'acier; l'épaisseur totale = 0 m. 150. 

Les corps de presse sont reliés entre eux par une canalisation sur laquelle est placée une vanne servant à établir ou à intercepter la communication. Un jeu de soupapes permet au mécanicien d'actionner l'un ou l'autre sas. L'étanchéité est parfaite, des caoutchoucs comprimés par l'appareil lui-même sont placés dans toutes les parties jointives. 

Nous allons exposer succinctement le fonctionnement. 

L'eau prise dans le bief supérieur par une canalisation métallique de gros diamètre, avec une force de 1.5 atmosphère acquise par la différence de niveau, tombe au bief inférieur, sur des turbines; celles-ci actionnent deux pompes aspirantes foulantes qui aspirent une partie de cette eau et la refoulent dans un accumulateur  supportant une charge de 80 tonnes. 

C'est l'eau ainsi comprimée à 40 atmosphères qui se répartit aux chambres des presses établies à l'aval, sous le canal et à l'amont entre les deux branches de sorties des sas, et qui provoquent la levée des portes. 

Elle peut aussi, à un moment donné, ou en cas d'accidents, faire monter l'un des bacs. 

La manoeuvre se divise en deux grandes parties: 1) la balance (montée et descente); 2) la levée et la fermeture des portes. 

La hauteur de flottaison est la même dans le canal que dans les bassins (sas). 

LA BALANCE: Le dispositif est tel que le fond du bassin arrivant en haut de sa course, est toujours de 30 centimètres plus bas que celui du canal. 

Dès lors, ce bassin prend automatiquement une surcharge de 75 tonnes consistant en une tranche d'eau de 0.30 m. d'épaisseur sur toute l'étendue du sas. La manoeuvre des portes terminée ainsi que la sortie et l'entrée des bateaux, le machiniste placé dans une cabine établie au sommet de l'appareil ouvre la vanne centrale de communication entre les presses et le piston du bas supérieur, le plus lourd, par suite de la surcharge, refoule sous lui l'eau qui fait monter l'autre. Il est à remarquer que le bassin arrivant en bas de course a 0.30 m. d'eau en plus que la hauteur de flottaison; or son fond arrive au niveau du fond du canal inférieur et sa surcharge s'écoule automatiquement dans le bief inférieur, lors de la manoeuvre des portes. 

LA LEVEE ET LA MONTEE DES PORTES: II importait de neutraliser les pressions de l'eau sur la porte fermant le canal d'abord et sur celle fermant le bac ensuite.

Ainsi que nous le disions plus haut, l'étanchéité est parfaite entre les deux portes par suite d'un joint en caoutchouc, comprimé par l'appareil lui-même. 

On remplit le vide entre les deux portes avec de l'eau prise dans le bac, en ouvrant une ventelle, et l'on neutralise les pressions précitées. 

Le machiniste appelle l'eau comprimée à 40 atmosphères de l'accumulateur, dans la chambre des presses et celles-ci provoquent la levée des portes, lente d'abord pour éviter les coups de bélier, plus rapide ensuite. 

Aussitôt commence la sortie et l'entrée des bateaux. La manoeuvre demande 15 minutes au maximum. 

Il est à remarquer que le mouvement de balance terminé, le machiniste de la cabine doit enclencher immédiatement ses fers pour permettre la manoeuvre des portes.

La prise en surcharge automatique est une conception qui fait le plus grand honneur au corps des Ponts et Chaussée belge. 

En effet, dans les appareils de ce genre établis à l'étranger, la surcharge se faisait mécaniquement, par le pompage de l'eau dans une rivière voisine ou dans le canal, ce qui demandait un temps considérable et donnait aux manoeuvres une durée trop longue, nuisible aux intérêts du batelier. 

On s'extasie devant le génie de l'homme qui a élaboré le projet de cette gigantesque machine, espèce de géant de fer, marchant lentement mais avec exactitude sans l'aide de la vapeur ou de l'électricité, rien que par l'application des principes élémentaires de la physique.

PROMENADES: La visite de l'ascenseur d'Houdeng-Goegnies constitue un but d'excursion très intéressant et très instructif. 

Pour s'y rendre, il est à conseiller de descendre à la gare d'Houdeng et de suivre l'embranchement du canal de Seneffe finissant au bassin de Bois-du-Luc en face de la dite station. 

On laisse à droite les Verreries du Centre, importante gobeleterie récemment installée et l'on admire la fameuse grue roulante du rivage charbonnier qui charge si rapidement les bateaux. 

A gauche, on voit les ruines des usines Basset mises à sac par les Allemands pendant l'occupation. 

La visite de l'ascenseur n° 1 terminée, deux superbes promenades se présentent: celle du Canal du Centre, vers le Sud et celle de la "Petite Suisse, vers le Nord-Est. 

La promenade du Canal du Centre ne manque pas de variété. 

On pourrait croire qu'elle reflète la monotonie ordinaire d'une longue marche le long du canal. 

Bien au contraire, après avoir traversé la chaussée de Soignies à Mariemont et le viaduc du chemin de fer d'Houdeng à Erquelinnes, on aperçoit le remarquable pont sur lequel passe le chemin de fer de Bois-du-Luc; il constitue un beau spécimen de travail d'art en métallurgie. 

Plus loin le pont très ordinaire du Croquet laissant à droite l'agglomération de Goegnies, d'où émerge svelte et fière la flèche de l'église Saint-Géry. 

Tenant au canal, une jolie école de hameau est plantée en haut de la berge et 50 mètres plus loin se trouvent l'abattoir communal et l'usine frigorifique de la Corporation des Bouchers du Centre (fabrique de glace artificielle). Poursuivant la route, l'on aperçoit le vieux clocher d'Aimeries et le panorama de la vallée du Thiriau avec le clocher de Bracquegnies, les cheminées de la Cimenterie de Thieu et bien loin dans la pénombre le beffroi de Mons. 

Après la traversée de l'agglomération surgit l'Ascenseur n°2; la visite du gigantesque appareil s'impose car elle permet de se rendre compte des progrès considérables accomplis depuis 1888; leur application intelligente et heureuse fait le plus grand honneur aux ingénieurs belges, les manoeuvres s'y font avec une sûreté et une exactitude mathématique surprenantes. Les mesures de sécurité sont remarquables. 

Le coup d'oeil du bief supérieur est magnifique; à gauche, les installations de la puissante société minière de Bois-du-Luc s'étalent en amphithéâtre dans la vallée verdoyante du Thiriau. En face, vers Bracquegnies, c'est le charbonnage de cette dernière localité avec ses vastes bâtiments; à gauche les plantations savamment agencées du Canal. 

Deux cents mètres de marche vous amènent à l'Ascenseur n° 3; à droite, en s'écartant quelque peu de la voie navigable, on peut admirer le site intéressant de Bignault et la vallée pittoresque de la vallée du Sart. Bignault s'écrivait Vignault au XVIe siècle; or cette côte très raide est exposée au midi. On aurait bien pu, autrefois, y faire des essais de culture de la vigne. 

L'excursion se continue, en traversant le hameau industriel de Bracquegnies pour arriver à l'Ascenseur n° 4 de Thieu dont la masse architecturale est imposante.

Ce dernier tronçon du Canal tient contaminent en éveil l'attention du Gouvernement.

En effet, la qualité médiocre du sol marneux et peut-être aussi les travaux souterrains, occasionnant de fortes pertes d'eau au Canal, au point de mettre en péril l'alimentation régulière de celui-ci et le maintien constant de la ligne de flottaison.

Avec la deuxième promenade, le but à atteindre c'est la Petite Suisse, endroit pittoresque, situé sur Faroi Heureux, à la limite d'Houdeng-Goegnies, de La Louvière et de Bois-d'Haine. 

C'est le rendez-vous des habitants de ces grosses localités industrielles.

En  quittant l'Ascenseur, sur la rive droite, on grimpe la passerelle pour admirer le panorama de l'industrie du Centre: les immenses aciéries Gustave Boël, les boulonneries de La Louvière, les laminoirs de La Croyère, les importantes usines Gilson, les ateliers du Thiriau, la chocolaterie Kwatta, la Franco-Belge, l'usine d'agglomération de minerais, à proximité, les vastes chantiers de la Mécaniver et la S.A.F.E.A.; vers le sud, les vastes installations de la Brugeoise et Nicaise et Delcuve, les Verreries du Centre, les Ateliers Charlez-Gobert et Cie; plus loin les terrils des charbonnages; ces montagnes noires, jettent dans l'espace, leur note sombre, donnant au paysage un aspect caractéristique, inédit, qui a son charme. Et bien au lointain, les crêtes de la vallée de la Sambre et la Frontière française. 

On longe alors la rive gauche du Canal, pour arriver au pont Tout-y-Faut, proche de la ferme du mime nom. Celle-ci dépendait autrefois à l'abbaye d'Aulne, qui l'a fait rebâtir telle qu'elle existe actuellement de 1765 à 1782. 

Tout-y-Faut signifie tout y trompe (de fallere tromper). 

Effectivement autrefois les terres de cette ferme étaient réputées mauvaises. Un drainage effectué il y a environ 60 ans et une culture intelligemment conduite par feu MM. Guyaux père et fils, les ont améliorées au point d'en faire les meilleures de la région. Ce grand bâtiment abrita en juin - 1815, l'avant-garde belge commandée par le Colonel Delporte>, qui avait pour mission de surveiller la marche de l'armée française commandée par Napoléon 1er, quelques jours avant Waterloo. 

La promenade se poursuit à travers de jolies et fertiles campagnes, limitées au Nord par le Bois de La Louvière sur Houdeng et à l'Est par l'agglomération de La Louvière.

L'on arrive au 3e pont dit de Sartiau. 

Ce coin sauvage est un petit Sart, un sol récemment défriché pour être soumis à la culture. 

Le canal s'enfonce dans une vallée fortement encaissée et des plus jolies; elle présente, au fond, le chemin de halage et à mi-côte un passage réservé aux piétons, qui constitue un sous-bois délicieux. 

Le quatrième pont est en vue. 

On laisse à gauche cette partie du Bois célèbre par les fouilles qu'y pratiqua feu Raoul Warocqué, de 1891 à 1895. 

Elle ont amené la découverte des vestiges de deux villas romaines; de nombreux souvenirs de cette époque lointaine y ont été rencontrés et conduits au merveilleux musée du Château de Mariemont. 

Il reste cependant une annexe inédite: un four romain pour la cuisson des poteries, il est conservé dans un enclos fermé à clef pour éviter les dégradations de personnes qui n'en apprécient pas la haute valeur archéologique. Malheureusement cet abri tombe en ruines actuellement. 

Disons aussi quelques mots d'autres vestiges tout proches, ceux de la ferme de Sartiaux, fief de la Seigneurie de la Puissance, célèbre aux XVe et XVIe siècles. Le bois Lion la séparait de l'agglomération de Goegnies.D'après les reliefs de 1695 et 1696, elle comprenait 12 bonniers de pâtures avec deux maisons. 

15:30 Écrit par Petit Loup dans Ascenseur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : canal |  Facebook |