14/02/2007

Place de Goegnies.

L’origine de la place Communale de Houdeng-Goegnies est intimement liée à celle de l’église locale. C’est probablement vers l’an 1300 que l’on érigea, dans l’enceinte même de la résidence seigneuriale, le premier temple à Houdeng-Goegnies.  L’édifice ne fut pourvu d’une tour qu’en 1561.

 

Le dernier seigneur féodal fut Alphonse François de Wavrin Villers au Tertre du Hainaut, l’abolition de l’ancien régime ayant été décrété le 12 décembre 1792. Il est mort à Houdeng le 14 avril 1802, âgé de 75 ans (Houdeng-Goegnies et Strépy par Jules Monoyer (1871) p : 22).

 

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L'ancienne église et le vieux cimetière vers 1900. (CPA)

 

C’est le 8e jour de juin 1561 que cette tour fut commencée par Adrien le Muyau, Mathieu et sa femme. Ils l’ont assise en partie sur leur courtil (enclos, propriété privée). Le chœur fut entièrement reconstruit vers l’an 1600.

 

On remplaça par la suite, par un édifice aux dimensions plus spacieuses, la chapelle de Goegnies, devenue insuffisante pour les besoins de la population. L’axe de construction nouvelle coupe à angle droit, par son milieu, celui de l’ancienne église dont la tour a été maintenue. Voici ce qui explique pourquoi cette dernière, par une anomalie dont on a vu peu d’exemples, se trouvait isolée sur le côté de l’église au lieu de la surmonter.

 

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L'ancienne église et l'entrée de l'ancien cimetière vers 1900.(CPA)

 

C’est en 1900 que l’on envisage la construction d’une nouvelle église, les bâtiments anciens se trouvent dans un état déplorable et la population a augmenté dans de notables proportions. La charpente est vermoulue, la flèche menace ruine et les murs lézardés en de nombreux endroits. La mise en bon état aurait nécessité une dépense considérable.

 

La nouvelle église fut bâtie au milieu de l’ancien cimetière désaffecté à partir de 1905, et c’est le 1er décembre que l’antique église, dont l’entrée était située au coin de la rue de la Poste et de la Place, fut abandonnée par le clergé et les fidèles.

 

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L'ancienne église et l'entrée du cimetière vers 1900. (CPA)

 

Le cimetière qui, comme dans de nombreuses localités, se situait autour de l’église fut désaffecté le 31 décembre 1888 et transféré à l’endroit actuel, rue du Cimetière. Sa situation en plein centre du village ne pouvait qu’apporter des désavantages sanitaires (contaminations). La proximité de la source se déversant dans le Rieu Baron en avait déjà contaminé les eaux.

 

A noter également que les manants du lieu élevèrent à leurs frais, dans le cimetière, en 1666, une école pour l’instruction des enfants, école qui fut abandonnée, sa situation ne pouvant qu’amener des désagréments au point de vue sanitaire. C’est probablement sous l’impulsion du Docteur André Laurent que cette école fut organisée.

 

Né à Houdeng-Goegnies, en 1600, doué d’une intelligence remarquable, il fut sacré prêtre, puis reçu docteur en sciences théologiques et, en 1647, il était désigné en qualité de président du petit collège des théologiens et attaché à cet important établissement en qualité de professeur. En 1666, il fut promu président du grand collège. Il est décédé le 17 mai 1679.

 

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L'ancienne église après démolition du cimetière. (CPA)

 

En 1890, le presbytère situé en bordure du cimetière fut également démoli. Le terrain sur lequel il était bâti fut acquis par la commune en 1821 au sieur Jean François Baize. Ce bien qui n’était pas affecté au moment de sa fondation à l’usage de presbytère n’était qu’une maison destinée à servir de logement au curé. Ce terrain était nécessaire pour l’agrandissement, l’amélioration, l’assainissement et l’embellissement de la place communale. Le Conseil envisagea donc de construire une nouvelle cure. En attendant, une indemnité de logement fut allouée annuellement au curé de Houdeng-Goegnies. Entre Le Coron de là-Haut et l’ancienne église se trouvaient les prés de la cure, apanage de l’ancien presbytère ; un des sentiers qui les traversaient était dénommé « sentier des Soupirs »

 

La nouvelle église, conçue par l’architecte Eugène Bodson de Saint-Ghislain, fut consacrée le 1er décembre 1907 par Mgr Walraevens, évêque de Tournai. Elle est édifiée sur le terrain de l’ancien cimetière.

 

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L'ancienne et la nouvelle église Saint-Géry, construite à l'emplacement du cimetière.

 

Ce bel édifice, néo-gothique, de dimensions moyennes (50 m. sur 20) peut contenir huit cents à neuf cents personnes. L’édifice est de style ogival primaire à trois nefs, avec clair étage et faux transept. La tour est située en façade et forme le portail. Le choeur est surbaissé, à pans coupés. Son chevet est orné de trois verrières.

 

L’église n’a conservé comme pièces anciennes que les fonts baptismaux de l’église précédente. Tout le reste du mobilier est de facture récente, mais forme un ensemble très homogène et d’une rare pureté de style.

 

Il est intéressant de noter que la tradition n’a pas été suivie. L’orientation n’est pas respectée, le chœur de l’église, traditionnellement dirigée vers l’est, aurait dû être exposé vers la place publique. Les autorités locales ont préféré lui donner l’implantation actuelle afin de donner à la nouvelle place une importance toute particulière.

 

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La Place de Goegnies après démolition de l'ancienne église et construction de la Maison Libérale vers 1910.

 

L’emplacement de l’ancienne église et une partie du cimetière furent acquis en 1909 par le parti libéral qui y construisit la Maison Libérale qui fut en même temps le local des fanfares. La première pierre a été posée le lundi 21 juin 1909. Ce bâtiment comprenant une grande salle des fêtes fut réalisée grâce aux dons effectués par les libéraux de Houdeng-Goegnies. En 1946 la salle des fêtes fut transformée en salle de spectacle cinématographique dénommée Liberty Cinéma (Collège du 18 décembre 1945). En 1967, à la demande de la firme Charles Yernaux de La Louvière la Maison Libérale fut entièrement démolie pour faire place à un immeuble à appartements sous le nom de Résidence Albert 1er (Collège du 21 août 1967).

 

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La tour de l'ancienne église, construite en 1576 et démolie en 1908. (CPA)

 

La commune de Houdeng-Goegnies ne possédait plus de cure depuis 1890. Le loyer demandé pour la maison occupée par le curé atteignait des proportions trop élevées. Dès lors, le Conseil fut unanimement d’avis de construire un nouveau presbytère et demande à l’architecte Bodson de Saint-Ghislain de réaliser un avant-projet. Les plans définitifs furent approuvés par le Conseil le 3 août 1928. Ce bâtiment sera construit sur un terrain communal, à proximité de l’église.

 

Les travaux de construction furent adjugés à MM. L’Hoir Frères, entrepreneurs à Houdeng-Goegnies. La première brique a été placée par Monsieur le Curé Deschamps le jeudi 2 mai 1929 et l’occupation de la cure sera définitive en 1930.

 

La Ferme Haye était aussi un obstacle à la réalisation de l’agrandissement de la place communale. Cet ancien château seigneurial fut transformé au XVIIe siècle en bâtiment de ferme par la famille Haye qui l’occupa avec le titre de Vicomte ou de Lieutenant de la famille princière de Roeulx.

 

Florent Haye, le dernier de la lignée mourut en 1889. La ferme fut cédée par les héritiers pour la somme de vingt-quatre mille francs et fut ensuite acquise par l’Administration communale qui pourra ainsi établir une vaste et grande place propre à la création d’un vaste marché et constituera un notable embellissement de la commune.

 

La ferme qui occupait près de la moitié de la place actuelle fut entièrement démolie. Les terrains disponibles furent mis en vente publique après l’agrandissement de la place Communale (Conseil du 10 février 1890).

 

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La tour de la nouvelle église, consacrée en 1907, et la monument aux morts de la guerre 14-18, édifié en 1923. (CPA)

 

Un Arrêté Royal du 30 juillet 1845 autorise l’Administration communale à établir dans la localité un marché hebdomadaire, le mercredi et le samedi, pour la vente de lainage, des fruits, des légumes, du poisson, des volailles, etc. Ce marché connut diverses péripéties au cours des ans. Le plus célèbre fut le marché aux cochons, le dimanche matin. De nombreux marchands venus des campagnes avoisinantes, de Flandre même, y exposaient aux choix des familles de porcelets. Il a été supprimé en 1937 (Collège du 22 septembre).

 

Les grandes lignes du plan de la place furent tracées par l’architecte Legrain de Bruxelles. Le plan fut définitivement mis au point et exécuté par l’architecte Paul Dubail de Morlanwelz. C’est en 1911 (Conseil du 3 décembre) que se décida la plantation de tilleuls tout autour de la place. Avec leur disparition, l’endroit a perdu toute sa splendeur.

 

Le Monument aux Morts de la guerre 1914-1918 a été inauguré le 21 octobre 1923. En sa réunion du 11 mai 1923, le Conseil décide que le monument aux morts sera placé sur la Grand’Place en face du balcon de la Maison Libérale. Ce monument fut réalisé par le maître-carrier Rombaux-Gaudier. Il est surmonté d’un Coq Gaulois ce qui amène le Directeur Gérant de Bois-du-Luc de lui attribuer un caractère politique. Le Collège en sa séance du 21 août 1923 trouve que cette appréciation est erronée. Le Coq Gaulois ne peut avoir cette interprétation du fait qu’il est placé en Wallonie.

 

Nous serions incomplets en omettant de signaler la Maison des Oeuvres à côté de la cure, le Café des Arcades remplacé par des magasins divers et dont la façade a été transformée de fond en comble. Enfin, signalons encore le Café de la Fontaine, aujourd’hui disparu, et sa source qui fut polluée suite à la proximité de l’ancien cimetière.

 

Le Grand Bazar, devenu aujourd’hui une supérette, au coin de la rue Dardry, servit de cure pendant de longues années après avoir été une école privée. Cette école était tenue par Melle Baudry Delphine qui cessa ses activités en 1861 comme institutrice privée en raison de la construction d’une école communale et de sa nomination comme institutrice communale.

 

Pour terminer cette énumération de bâtiments ayant existé à l’emplacement de la place citons enfin, près de la ruelle Burgeon, la Maison Colombophile qui fut remplacée par quelques magasins.

 

Le remplacement de la Maison Libérale par le building Albert 1er, en 1967, n’a rien apporté à cet endroit qui était autrefois le plus beau de la région.

 

La place de Goegnies a reçu de nombreuses dénominations officielles et officieuses. D’abord reprise comme « place Communale », le Conseil et le Collège la désignent en 1884, « place de Goegnies » et en 1890, « Grand’Place » et « place Communale », en 1906 « place de Goegnies » et en 1926 « place de l’Eglise ». C’est en 1934 que, pour rendre hommage à la mémoire de Sa Majesté le Roi Albert 1er, le Conseil décide de l’appeler désormais « place Albert 1er ». C’est en 1982, suite aux fusions des communes que l’appellation de « place de Goegnies » lui sera de nouveau attribuée.

05/02/2007

Rue Cardinal Mercier.

C’est en même temps que la construction de la nouvelle église que cette rue fut aménagée. Elle fit disparaître l’ancien cimetière qui se trouvait au pied de l’ancienne église dont la tour avait été bâtie en 1561 et la nef en 1779.

Elle fut d’abord dénommée « rue de la Nouvelle Eglise » (Collège du 26 avril  1908) pour être ensuite désignée sous le nom de « rue de l’Eglise ».

C’est en 1939 (Collège du 27 janvier) qu’elle devient «  rue Cardinal Mercier » pour perpétuer le souvenir du grand prélat pacifiste qui osa tenir tête à l’occupant durant la première guerre mondiale.

Cette nouvelle rue permit un accès plus facile à l’école libre, qui après la promulgation de la loi du 1er juillet 1879, fut construite et ouverte en 1886.

A signaler également que les urinoirs qui subsistent toujours au flanc de l’église ont été installés en 1913 (Conseil du 22 juin) et sont les seuls qui ont existé jusqu’en 2000 dans la commune.

Le Cardinal Mercier.

 

Désiré-Joseph Mercier naquit à Braine-l’Alleud le 21 novembre 1851 ; sa maison natale existe toujours à l’entrée de la chaussée d’Alsemberg.

Il fut ordonné prêtre en 1875. Après de nombreuses années consacrées à l’enseignement, notamment au séminaire de Malines il devint Monseigneur Mercier en 1906 et présida le Séminaire Léon XIII, son oeuvre de prédilection selon la déclaration du Cardinal Van Roey qui devait lui succéder en 1907.

Le régime de confiance, l’esprit de famille et le sens des responsabilités furent les grandes directives de Désiré-Joseph Mercier dans son Séminaire.

La guerre 1914-1918 lui fournit l’occasion de prouver son patriotisme sans provocation mais fier de s’afficher face à un ennemi implacable.

Il écrivit, pour encourager les Belges dans leur résistance à l’occupant, une lettre pastorale intitulée « Patriotisme et endurance » qui fut lue dans toutes les églises. Il y proclamait que l’obéissance n’est due qu’à Dieu et à l’autorité légitime.

Cette lettre suscita des héros mais jamais l’occupant n’osa user de représailles à l’égard de son illustre auteur. Il imposait le respect à tous ceux qui l’approchaient.

En 1906, il fut élevé à la dignité de Prélat de Belgique et la pourpre cardinalice recouvrit cette stature haute par la taille, plus haute encore par la valeur et la sainteté. Dans son visage émacié, son regard calme et droit nous fait deviner toute la science, toute la grandeur morale, toute la bonté aussi de celui qui, usé par une longue vie bien remplie  consacrée au bonheur des autres, devait s’éteindre sur un lit d’hôpital de la rue des Cendres à Bruxelles, le 23 janvier 1926.

18:45 Écrit par Petit Loup dans Rues A-B-C | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : biographie, eglise, cimetiere, ecole, urinoir |  Facebook |