22/06/2009

Dans les grands bois des deux Houdeng.

"Indépendance" - Vendredi 9 avril 1965. 

Les fameuses promenades séculaires. 

En son temps, nous avons signalé que les quelques habitués de la promenade dévote du 25 mars à la chapelle, avaient du surmonter d'énormes difficultés pour atteindre la clairière centrale: certains ont du se dévoyer pour y arriver par le carrefour dit du "Blanc Pain", d'autres se sont embourbés en voulant traverser le vallon au fond duquel coule le Thiriau-du-Sart, ruisselet-limite qui mettait les boues sur Goegnies et montre la chapelle sur Houdeng-Aimeries. 

Samedi et dimanche, d'accord! 

La saison favorable a fait éclore les fameux "Godets", les jonquilles populaires, un peu prématurément; ces fleurs tant évoquées dans le folklore, indifférentes aux ravages du déboisement des hommes et de leurs machines, fleurissent pêle-mi-pêle-mêle sur la glaise brune, dénudée; c'est vraiment très beau, parce qu'inattendu; mais ces entêtés y restent pratiquement inaccessibles au milieu des plaques glaiseuses, molles, glissantes. 

Promeneurs qui depuis des siècles et de tous les environs, venez au bois dès le printemps, n'y allez pas un autre jour que le samedi ou le dimanche: les autres jours, des engins cyclopéens y règnent, des dizaines de camions y sévissent; ils malaxent des boues argileuses, en tapissant sentes et abords, ou bien ils font rouler des nuages de poussière fine, noire, insinuante. 

Et 'encore, les samedi et dimanche, ne vous aventurez pas en souliers clairs et légers, en "talons-aiguilles", en toilettes délicates: des passages sont difficiles, embroussaillés, empoussiérés, caillouteux. 

Pour accéder, comme il est de règle séculaire, au rond point central, les sentes classiques subsistent; quoique par le chemin du "Bois des Raves" (feu la Villa des Oiseaux, le Château Nicaise, la Baraque Irma), vous atteindrez difficilement la chapelle. 

Par la sente au départ du milieu du Trieu-à-Vallée, l'accès reste quasi normal; en atteignant à mi-bords l'énorme percée prévue pour la division de l'autoroute (en autoroute de Wallonie et autoroute de Bruxelles), le déboisement à ciel ouvert surprend le promeneur, et offre une vue inhabituelle, encore que poétique, sur les bâtiments blancs et sur la chapelle rouge, à travers quelques arbustes encore peu feuillus. 

Par l'accès carrossable partant du carrefour du Blanc-Pain, des dizaines d'automobiles gagnent aisément le rond-point (et y mettent des notes colorées imprévues); encore faut-il circuler "à vue" car le chemin, qui est en droit une allée privée, n'a rien de l'autoroute qui va y être parallèle, et conduira vers d'autres buts qu'une chapelle sylvestre. 

Le Pont du Trieu-à-Vallée. 

On a déjà beaucoup discuté quant au sort de ce pont que-' les Vicinaux ont trouvé moyen, ridiculement de nommer "Pont de l'Etat" (Etat quoi?), et que les populations continuent à signaler comme "el pont Brin d'tchin" (il faudra un jour en donner la raison). 

Lors des premiers projets, il restait; lors des seconds projets, il devait disparaître, et les voisins sont vite allés le photographier; puis il a été décidé de le laisser subsister: le chemin de fer désaffecté devait reprendre vie pour être affecté au parc industriel au long de l'autoroute vers l'Aulnois d'Houdeng-Aimeries et le Lièvre Courant. 

Maintenant on réannonce sa démolition; quoi qu'il en soit son franchissement, actuellement, requiert une grande prudence; il est étroit, il est "cron" et à quelques cinquante mètres de là, des camions de 20-30 tonnes traversent continuellement le chemin en trombe les jours ouvrables. 

Pour le futur: signalons que la route qui y passe, menant vers les Ecaussinnes et Braine, sera dévié par le chemin du Sart (communément le chemin du Sourd, qui conduisait à ce qui fut la ferme du Sourd Meuter, disparue, annihilée,...) lequel chemin sera élargi et aménagé dans sa partie supérieure, puis tournera pour passer sous les remblais de l'autoroute, puis gagner, provisoirement le Pain-Blanc, pluà tard d'autres trajets. 

Un nouveau viol de frontière. 

Qui ne créera pas de Corée ou ... d'autres conflits. 

Nous avons signalé qu'au bas de ce chemin dit du Sourd, le Thiriau-du-Sart, ici malmené partout, coule dans un nouveau lit; or cette rivelette marque la limite administrative entre les communes d'Houdeng-Goegnies et d'Houdeng-Aimeries, qui est donc maintenant sans repère ! 

Et au coeur des bois ? Là aussi le Thiriau-du-Sart trace la limite: mettant le début du bois sur Goegnies, et au-delà de son cours, plaçant la clairière et la chapelle ancestrale sur Houdeng-Aimeries. Or, là aussi le ruisseau a été violenté, et va l'être davantage encore, bousculant les repères de la limite séparative communale ! Cela, bien sûr, n'a qu'une importance toute relative ...que les premiers, les Godets, ignorent, dédaignent. 

Les grands bois commencent à recevoir des promeneurs par centaines, car en plus du temps favorable, il y a l'attrait des chantiers, et l'on voit autant de curieux scrutant les directions, les niveaux, que de dévots allant à la chapelle, et presque autant que les cueilleurs de jonquilles. Des curieux ? Cela se comprend: des sites inchangés depuis au plus tard les années 1600-1700, sont maintenant bouleversés par des percées, des remblais, des creusements gigantesques; et l'antique chapelle hasardeusement à l'écart des prochains trafics internationaux y gagnera sans doute une nouvelle notoriété, ainsi que ses jonquilles, avec leurs rabelaisiennes évocations. 

Que les amateurs de silence, de calme, de sous-bois, que les poètes amateurs de fleurs, de chants d'oiseaux se rassurent: au-delà de la chapelle s'étendent encore, - certes un tout petit peu plus loin, - des hectares de bois intacts; qui se prolongent jusqu'à ce château authentiquement féodal des derniers seigneurs d'Houdeng (les Marquis de Wavrin-Villers-au-Tertre) devenu en fait château des barons Boël, et jusqu'aux limites du Roeulx, de Mignault, de Famlleureux, tous ces refuges bucoliques restant à l'écart des bouleversements des hommes modernes. 

Le Bédouin.

 

15:00 Écrit par Petit Loup dans Tourisme | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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