14/05/2009

Les paroisses de Houdeng-Aimeries et de Houdeng-Goegnies

"Le Centre" - Jeudi 3 décembre 1942. 

AIMERIES. 

Le décret du 16 octobre 1803 portant organisation du nouveau diocèse de Tournai reconnaît à la paroisse de Saint-Jean-Baptiste, à Houdeng-Aimeries, le titre de succursale se rattachant à la cure primaire du Roeulx et lui laisse ses anciennes limites, à l'exception de "tout le territoire de Goegnies-Houdeng qui, par le même décret, était également érigée en succursale". 

La confiance des autorités diocésaines a successivement appelé à la direction spirituelle de cette paroisse les prêtres dont les noms suivent:

  • 1802 - Andrieux Jean-Baptiste-Ghislain.
  • 1806 - Putsage Ursmer. Il passa à la cure de Houdeng-Goegnies en 1807 et y mourut en 1818.
  • 1807 - Hiernaux Jacques-Joseph, décédé le 12 février 1817. En raison de son état maladif, il eut pour coadjudicateur, depuis le 9 avril 1815, l'abbé J.-J. Marcelle, frère du curé qui suit.
  • 1817 - Marcelle Nicolas-Joseph décédé à Houdeng-Goegnies le 4 août 1826.
  • 1826 - Boulvin Albert-Joseph-Gédéon.
  • 1830 - Mangin Charles-Joseph.
  • 1842 - Huart Alexis, qui devint curé de Ragnies.
  • 1849 - Mathot Auguste, qui fut par la suite doyen de Gosselies.
  • 1856 - Mauroit Jean-Baptiste. 

Un vicaire était attaché à la paroisse de Houdeng-Aimeries depuis 1846. 

GOEGNIES. 

Le décret que nous avons cité plus haut a détaché de l'ancienne paroisse-mère de Houdeng tout le territoire autrefois desservi par la Chapelle de Goegnies, et l'a érigé en paroisse distincte, également succursale du décanat du Roeulx. Il accordait, en outre, aux habitants des fermes dites de la Basse-Louvière, situées à 45 minutes de l'église de Saint-Vaast, dont elles dépendaient alors, la permission de fréquenter l'église succursale de Goegnies et d'y recevoir les sacrements à l'exception du mariage et de la communion pascale qu'ils étaient tenus de recevoir en l'église de Saint-Vaast. 

Voici la liste des recteurs de Houdeng-Goegnies:

  • 1802 - Henry Olivier, décédé le 19 mars 1807.
  • 1807 - Putsage Ursmer, décédé le A août 1818.
  • 1818 - Graux Ghislain-Joseph, décédé en sa paroisse le 28 février 1831.
  • 1831 - Bardiau François, né à Haulchin le 3 juin 1801, décédé en fonctions le 17 juin 1862. Son caractère juste, conciliateur et modéré lui avaient mérité la profonde estime de ceux qui ont vécu sous sa direction. Un superbe monument lui a été érigé par la reconnaissance publique dans le cimetière de la localité.
  • 1862 - Riglaire François.
  • 1868 - Roland J.-P. 

Les besoins du service religieux ont nécessité l'adjonction d'un vicariat à la cure de Houdeng-Goegnies depuis 1847. 

EDIFICES DU CULTE. 

Voici, pour finir ce chapitre, d'intéressants détails sur les édifices consacrés au culte;

Le religieux élan qui suivit les terreurs de l'an 1000 causées par une folle appréhension de la fin du monde - eut pour résultat l'organisation d'un grand nombre de paroisses, ou, dans ceIles qui existaient antérieurement, la substitution, d'églises plus somptueuses aux humbles oratoires qu'avaient établis les propagateurs du christianisme. 

C'est probablement à cette époque, dit M.Jules Monoyer, que Houdeng vit s'élever sa première église digne de ce nom. On l'érigea dans l'enceinte même de la résidence seigneuriale. 

Le mémoire rédigé pour le comte de Cernay dit avec raison que la chapelle de Goegnies fut bâtie longtemps après l'église-mère. Effectivement, la donation de 1119 parle seulement de l'autel de Houdeng, lequel desservait le village de Goegnies (altare de Houdeng cum appenditio suo Goinnlia). La fameuse protestation du clergé du Hainaut (1186) et l'acte de fondation du bénéficio du Sart (1234) mentionnent également la seule église de Houdeng. Il est à supposer que Goegnies n'eut pas de temple avant l'an 1300; encore l'édifice ne fut-il pourvu d'une tour qu'en 1561. C'est ce qui résultait d'une inscription en caractères gothiques taillés en relief que l'on voyait dans le clocher. En voici sa traduction: "L'an 1561, le huitième jour de juin, fut commencée cette tour par Adrien le Muyau, Mathieu et sa femme, qui l'ont assise en partie sur le courtil. Prions pour leur âme". 

On appelait au Moyen-Age, cortis, curtis, ce que les anciens nommaient chors, cohors, c'est-à-dire la basse-cour d'abord, puis l'habitation même d'un personnage marquant, autour de laquelle se forme une agglomération. C'est l'origine des mots terminés en court. Ex.: Roucourt, l'établissement de Rou, Rodulphe ou Rollon. Courtil veut dire enclos, propriété privée. 

Gérard Sacré nous apprend que le choeur de Goegnies fut entièrement reconstruit vers l'an 1600; que l'ensemble du monument souffrit beaucoup pendant les guerres de Louis XIV; que les "manants" du lieu élevèrent à leurs frais, dans le cimetière, en 1666, une école pour l'instruction des enfants. 

A la fin du XVIIIe siècle, les deux églises menaçaient ruine. Il fallut songer à les reconstruire et la question de savoir qui en supporterait les frais considérables fut la cause d'un curieux procès dont voici le fond : 

La coutume du Hainaut disposait (Ch. VII, art. 1-3) que l'édification et la restauration du choeur et des chanceaux des églises paroissiales incombaient au collateur, tandis que la nef, le clocher et les murailles du cimetière demeuraient à charge des paroissiens, encore qu'ils fussent de différentes Seigneuries. Or, l'édit impérial du 25 septembre 1769, interprété par celui du 24 octobre 1772, avait modifié ces dispositions en ce sens que tous les frais devaient être supportés désormais par les décimateurs. L'abbé de Saint-Denis, qui avait le patronnât de la paroisse, refusant de se soumettre à la loi, le mayeur de Houdeng, M.Adrien-Joseph Monoyer, plus tard bailli, porta devant le Conseil Souverain du Hainaut les réclamations de ses administrés, et obtint gain de cause après trois ans de procédure (1776-1779). La nouvelle église paroissiale s'éleva donc aux dépens du riche monastère et le décret impérial reçut ainsi sa première exécution. 

En même temps, on remplaçait par un édifice aux dimensions plus spacieuses la chapelle de Goegnies, "devenue insuffisante pour les besoins de la population. L'axe de la construction nouvelle coupe à angle droit par son milieu celui de l'ancienne, dont la tour a été respectée. Voilà ce qui explique pourquoi cette dernière, par une anomalie dont on ne voit pas d'exemples, se trouve actuellement isolée sur le côté de l'église au lieu de la surmonter. L'un et l'autre villages avaient autrefois trois cloches. Pendant la Révolution française, un arrêté du pouvoir exécutif ordonna que toutes les églises livrassent à l'Etat leurs cloches, à l'exception d'une seule. 

Goegnies perdit ainsi deux des siennes, qui n'ont jamais été remplacées. Les débris de celles de Houdeng, grâce au dévouement téméraire de quelques personnes, échappèrent aux réquisitions de la République, et l'on en fondit de nouvelles cloches à la réouverture des églises après le Concordat. 

Si l'église de Houdeng-Aimeries remonte à l'an 1700, celle de Houdeng-Goegnies date d'environ 35 ans. L'ancienne construction occupait l'emplacement de la Maison Libérale, place Albert 1er. C'est la paroisse Saint-Géry.

15:45 Écrit par Petit Loup dans Vie religieuse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paroisse |  Facebook |

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