08/05/2009

Une grande ducasse sur ce qui fut le berceau de Goegnies

"Indépendance" - Mercredi 13 août 1969.

 

La date marquante du 15 août ramène, traditionnellement la ducasse de la "Place de Goegnies" que les affiches officielles désignent sous le nom de "Place Albert 1er"; mais les Goegnérois de souche, tout comme les voisins reconduisent l'appellation de place de GOEGNIES ce qui correspond d'ailleurs aux sources de Goegnies.

 

Dans les autrefois, cette ducasse "du 15 août" ne fut pas célébrée à cette date du calendrier; car elle a commencé par une fête de caractère religieux: la "dédicace", ou "Géry",' que le calendrier religieux place au 11 août; du dimanche le plus près de cette date, la fête a glissé vers le 15 août devenu un jour plus généralement férié.

 

Fête d'origine religieuse: le buste de Saint-Géry était sorti de l'église et des jeunes gens (culotte blanche, sarreau bleu) le promenaient cérémonieusement. Ce costume rappelle bien que la place de Goegnies passa par une vocation agricole; en effet, jusqu'au moment des transformations, des urbanisations de ce site, au siècle dernier, au bord des espaces ouverts se trouvait la vieille ferme "Haye Frères et Soeurs", qui employait, des siècles après leur édification ce qui avait été le manoir des seigneurs de Goegnies; il n'y a donc rien d'étonnant que la naissante grande place eut, pendant quelque temps, au XIXe siècle, la dénomination de place communale. Ces seigneurs de Goegnies, tout comme les seigneurs d'Houdeng (l'Houdeng devenu Houdeng-Aimeries), disparurent de leur seigneurie vers les XlIIe et XIVe siècles, on ne les note plus qu'à Fayt au XVe siècle, une Lyonne de Goegnies par contre est notée résidant au manoir de SorteviIle en Strépy; mais au XlIIe siècle, Jean de Goegnies avait son hôtel particulier, souvent cité, en la ville de Mons, en même temps que les seigneurs d'Houdeng, de Boussu, etc...

 

Mais le souvenir, en somme sous-entendu, de ces seigneurs, a laissé ses traces dans les traditions parlées locales; et l'administration communale actuelle se plaît à remettre en vue le blason de ces lointains seigneurs locaux: " d'azur à la croix sacrée d'argent, surmontée d'un lambel de gueules (rouge) à trois pendants". Ces couleurs sont maintenant, rappelant le Goegnies seigneurial, hissées aux mâts des diverses fêtes, avec raison.

 

Quant aux traditions de cette ducasse, certes elles ont, comme partout, grandement évolué; il y eut le temps des mécaniques simples, nous en sommes aux mécaniques bruyantes et compliquées, et aux sports spectaculaires, tout cela faisant l'effet sur les programmes kilométriques des organisateurs.

 

C'est peut-être l'occasion de rappeler que, suivant des chroniques très anciennes, un des amusements de cette fête, dans les autrefois plus folkloriques, c'était un très célèbre "CONCOURS DES MENTEURS", au cours duquel, sans nul doute, se donnaient libre cours l'esprit d'invention et l'humour de nos arrières-grands-pères.

 

On parle bien maintenant qu'un certain banc, sur la place, se garnit souvent de jeunes porteurs de nouvelles dits "facteurs" (ne sont-ce pas là "les menteurs" d'aujourd'hui?); mais il est un fait que la "PLACE DE GOEGNIES", - et sa "brizéye" remuante, - reste une des ducasses aux amusements variés, dans un cadre vaste, où le moderne a fait place aux tracas d'un lointain passé.

 

14:00 Écrit par Petit Loup dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ducasse |  Facebook |

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