30/04/2009

Le Pigeonnier

"Indépendance" Mercredi 6 avril 1949.

 

IMPUISSANTS ET NAVRES, LES HABITANTS DES DEUX-HOUDENG VOIENT DEMOLIR UN PRECIEUX VESTIGE DE L'HISTOIRE LOCALE.

 

Non, il ne s'agit pas d'un chat dans le colombier du champion! Il s'agit de la tour carrée que tous nos Houdinois et même de nombreux habitants de toute la région connaissent et admirent depuis toujours, dans ces prés vallonnés qui avoisinent le Bois de l'Aulnois et que parcourt le poétique Thiriau-du-Sart: l'authentique vestige du Manoir disparu de la Seigneurie de Sart, comme depuis au moins le Xlle siècle: et qui relevait d'abord directement du Comté du Hainaut, puis fut annexée aux terres des Princes du Roeulx.

 

Ces derniers sont donc les propriétaires de cette relique architecturale que tant d'artistes aimèrent à prendre comme sujet de tableaux, gravures, dessins...

 

Ayant tenté de trouver quelques informations autorisées, nous apprenons que des techniciens ont visité, il y quelques mois, la tour Carrée, et l'ont déclarée irréparable?? D'où la décision de la famille princière de la faire démolir pour éviter tous accidents?

 

Cette détermination inattendue soulève un étonnement pénible parmi tous les amateurs de la haute histoire houdinoise! Et tous regrettent ardemment qu'avant de passer à cet acte de démolisseur de vieilles pierres et de l'histoire, un appel n'a pas été lancé aux mécènes; certains estiment avoir le droit de s'indigner profondément de ce qu'ils appellent désinvolture coupable.

 

Le capricieux Thiriau a placé l'actuelle chapelle du Bois sur Houdeng-Airaeries, puis comme par compensation il a glissé de façon à mettre cet archaïque Pigeonnier sur Houdeng-Goegnies.

 

Mais en fait l'un comme l'autre appartiennent, d'un droit plus moral que notarial certes, en indivis à la communauté vaste de l'Histoire de la Population. Et il apparaît que lorsqu'un propriétaire de fait abandonne semblable patrimoine, des devoirs latents se créent envers nos ancêtres et nos successeurs?

 

Plus d'une larme coulera pour ce Vieux Pigeonnier, nous en sommes sûrs !

 

Le B.

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29/04/2009

Rue de la Salle

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28/04/2009

Goegnies, hier

"Indépendance" Samedi-Dimanche 2-3 avril 1949.

 

De nombreuses coutumes, de nombreuses célébrations, fêtes se perpétuent, quitte à se modifier, à s'adapter: marché-concours aux légumes le mardi de la ducasse du Trie à Goegnies, ducasse du Bos des Deux-Houdeng, marché du vendredi en Airmeries, brûlage du gille, etc...

 

D'autres manifestations villageoises ne peuvent plus qu'enrichir nos greniers aux vieilles choses: les jeux de crosse et le Feureux, la Ducasse Bréda, les pèlerinages, les brûlages des marronnes, le tir masqué du Mardi-Gras, etc...

 

Notre Folklore collectionne dévotement toutes ces images des passés, souvent naïfs sans doute, mais tellement chers; des autrefois colorés si divers et si vivants.

 

Aujourd'hui nous bouderons le richissime reliquaire (que certains ont tendance à copier sèchement) que constituent les chroniques de Jules Monoyer: l'album de cartes postales que nous allons ouvrir ne remonte pas même au temps de la vie de notre docte clerc de notaire.

 

L 'ALBUM D'IMAGES,

 

Amusante amulette. Nous considérons d'abord avec une curiosité intriguée le pendentif rabelaisien qui distingue la clef du fermoir: un petit cochon rosé, "in vigo" mignon porcelet à la Edmond Rostand des Musardises.

 

Après quelques images déroutantes, voici un cimetière bordé de hauts peupliers, une haie, des ruelles, une fontaine de pierres archaïques. Nous sommes à présent accrochés par un décor où surgissent l'anachronisme et l'illogisme: deux églises, simultanées et voisines!!!, et un camion automobile, témoin qui situe cette confrontation vers 1905-06-07. Cette époque marque en effet le début des transformations de ce coin vital et historique de notre Gougnére où s'étend ce que les hommes ont convenu d'appeler maintenant la place Albert 1er, cette place coquette, pittoresque, où ne veut pas se décider à s'installer Madame de la Circulation Giratoire des citadins, au grand dam des usagers, à la fois pressés et prudents (paradoxe)!

 

Mais que signifient ces attroupements populaires, ces assemblées de gens gais et parlant haut?

 

" NE VOUS LAISSEZ PAS FAIRE !"

 

Notre amulette s'agite, et pour cause; nous voici sur son marché, ce marché typique qui se tenait chaque dimanche de tôt matin, sur le bas de la place seulement. On y disposait des parcs en planches adéquates, garnis de paille; et de nombreux marchands venus des campagnes de Besonrieux, d'ailleurs même, des proches Flandres, dans des carrioles, bâchées et à claires-voies, y exposaient au choix: des familles de porcelets, grouillant, grognant, criaillant.

 

Y vivait la coutume des marchandages âpres entre vendeurs et acheteurs - la plupart du temps pour quelques sous agrémentés de palabres en verbe haut, parfois de chuchotements, avec bien souvent l'offre insidieuse à l'hésitant, d'une petite goutte ... "à n'mastoque", plus tard "à in gros sous" .

 

Petites gouttes qu'on allait obligatoirement lamper chez Ugenne Colas-Gonde, à moins que ce ne soit chez Hortense dell' Fontaine à qui succéda Clémence dell' Gaïolle, mariée au Cafotin. Car un cabaret méritait plus encore en ces temps la dénomination de chapelle; celui du Cafotin y connut une consécration quasi rituelle, puisque sa cour latérale, entre le café et Thérèse dell Fontaine, abritait les bacs a "cotcho" l'unique matériel de ce traditionnel marché (en face de Torrine Coquenie!)

 

SUR UN MARCHE "PERCHE" (AIR CONNU).

 

Surtout en ces temps-là, la vie d'un marché s'exaltait au diapason des marchandises comme à la mesure de la vigilance et de la concurrence aiguës. Fréquemment, un marchand ou un abatteur repérait à cent, à cent cinquante mètres l'amateur possible portant roulé sous le bras, le sac de chanvre indicatif; il allait l'accaparer, le prenait par le bras, et l'amenait devant sa grouillante cochonai1 le, la vantait, la décrivait, certifiait, promettait. Maints clients ou curieux se rappelleront le maître bonimenteur d'alors, le précurseur sur cette foire des Camelots, "Boutray" de son vrai nom, exact et typique "De Vlaminck) et qui décidait les hésitants; "Enn bell' percha, enn' bonn ' , elle a n'queuie in trompette".

 

Des marchandages, des gouttes à Cola-Gonde, ou au Cafotin, on s'amenait à un accord et l'un de ces acheteurs du début de ce siècle rappelle son achat de deux porcelets pour 21 frs (Tout est-il relatif?). Car ce commerce se maintint longtemps: nos parents, nos grands-parents, taïons et rataïons, affectionnaient cet élevage facile et lucratif, qui assurait à la maisonnée outre viande et tripes diverses (eyet l'saclo au toubac), le lard des cuissons grasses, et le saindoux pour les tartines du briquet.

 

Hortense dell' Fontaine, Clémence-à-Gaïole, l'Cafotin.

 

Si le café Cola-Gonde des populaires Delcuve a disparu,(les Platiau y ont excellé en pâtisseries), l'ancien cabaret consacré par une dynastie de Gougnérois et par la Fontaine connait  toujours  une  renommée  bien  wallonne (et  sa  cour subsiste partiellement); sa survivance est confiée au Gougnérois Delcuve, transfuge du grand café noble, disparu aussi, les Arcades.

 

Erigé avantageusement à la porte sud de la place, il patronna longtemps la Fontaine, maintenant disparue, du moins de notre surface; cette fontaine populaire coula de longues années au pignon nord et justifia l'appellation, disparue aussi, de rue de la Fontaine, appliquée au bout de rue circulaire qui y naissait.

 

Dans le présent, elle est administrativement absorbée par les fantaisies de la rue du Culot, laquelle avant de jouer au vélodrome avec ses virages en pistes courbes, commence ses particularités en naissant en deux endroits sur la place, en deux branches de fourche!

 

Pachi dell Salle, dell Cure, marché aux cochons, Fontaine... et la Chapelle Saint Blaise - que nous irions volontiers revoir un jour - tout un coin du vieux Goegnies qui a planté des repères pittoresques dans des années en somme encore récentes.

 

Cl .

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27/04/2009

Bois d'Houdeng en 1913

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26/04/2009

Quelques notes historiques sur Houdeng

"Indépendance" - Mercredi 22 décembre 1948.

 

On commence à rencontrer les premiers seigneurs de Houdeng vers l'an 1100. Refaire la généalogie de cette lignée est chose très difficile, sinon impossible, à cause de la pénurie des documents, de leur laconisme et de l'incertitude qui découle parfois à la ressemblance des noms. Nous nous contenterons de rappeler ici les principaux personnages de cette famille cités dans les historiens du Hainaut.

 

Le premier que l'on rencontre est Hubert de Houdeng. Il accompagnait la comtesse Ida, femme de Baudoin II surnommé de Jérusalem quand elle dut se retirer en l'abbaye de Saint-Hubert pour éviter les embûches du comte de Chiny. Celui-ci projetait de la saisir pour la rançonner, lorsqu'elle traversa ses domaines à son retour de Rome, où elle avait été s'enquérir si Baudoin était mort ou avait été fait prisonnier à la croisade, en 1100.

 

Allard de Houdeng comparut avec Renard de Strépy et d'autres seigneurs, à la donation faite par l'évêque de Cambray à l'abbaye de Saint-Denis-en-Broqueroie, de l'autel Houdeng avec Goegnies, sa dépendance.

 

(1119) - Guydon de Houdeng et sa femme Alix abandonnèrent aux religieux d'Aine certains biens à La Louvière et à Saint-Vaast (1157-1158).

 

Raoul de Houdeng si l'on peut lui donner sa place dans cette famille, fut un trouvère de mérites. Nous lui consacrerons une étude spéciale.

 

Simon de Houdeng (Hosden et Hosdeng) , chevalier, intervint à plusieurs actes concernant les abbayes d'Aine et de Saint-Denis (1198-1220). La première en reçut deux bonniers de terre près de la Tombelle, à Houdeng. La communauté revendit ce bien à Gilles, seigneur du Sart (avant 1234).

 

Marie, dame de Houdeng échangea un fief, en ce village, contre un domaine que les moines de Saint-Denis possédaient à Lembecq (1200). Trois ans après, sa mère Clémence, dame de Hosdaing, céda à la même communauté ses alleux à Houdeng et à Goegnies. L'acte qui en fait foi présente certaines valeurs historiques en ce qu'il établit que Guillaume, oncle de Baudoin de Constantinople, eut la régence du Hainaut pendant l'absence du héros de la quatrième croisade.

 

Guy ou Guydon de Houdeng suivit à la croisade, Bauduin VI de Hainaut. A son retour,  il donna en aumône au monastère des Bénédictins d'Aine son tiers dans la dîme de Saint-Vaast.

 

Nicolas de Houdeng, mari de Gerberge de Walcourt céda à l'abbaye d'Aine "la partie de terrage sur le vivier du Luc".

 

Nicholon ou Nicoles de Houdeng, chevalier, seigneur d'Epinois-lez-Binche porta bien haut le nom de sa famille. Ami de Jean II d'Avesnes, il signa en qualité d'homme de fief du comté, un nombre considérable de diplômes importants. Jean de Goegnies lui vendit en 1294 le bois de Luz et les bois situés proche de la baie de Roeulx. En 1309, il légua aux magistrats de Mons, le vaste hôtel qu'il possède dans cette ville et d'autres biens pour la création d'un hospice d'infirmes et de vieilles femmes.

 

Marie de Houdeng est citée dans un acte d'août 1316.

 

Messire Jakème de Houdeng, représentait, en 1324, le chapitre de Saint-Vincent aux conciles de Senlis et de Reims.

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25/04/2009

Rue de la Maladrée

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24/04/2009

Notes folkloriques

"Indépendance" - Mardi 7 Septembre 1948.

 

II y a Houdeng et Houdeng

 

L'étranger qui demanderait à un Houdinois de lui indiquer le chemin pour se rendre à Houdeng (dans son esprit Houdeng-Goegnies) serait bien étonné en suivant les indications reçues d'arriver à Houdeng - qu'on lui dirait être Aimeries - Qu'il ne croie surtout pas qu'il a été "zwanzé" ! Non Houdeng (Houdè) pour un aborigène c'est Houdeng-Aimeries et Houdeng-Goegnies, c 'est "Gongnère"... il y a fagot et fagot !... Pourquoi ?

 

Si nous nous en référons à Chotin et plus près de nous à Monoyer, nous apprendrons que les noms modernes de Houdeng-Goegnies et de Houdeng-Aimeries reposent sur une confusion et ne présentent plus aucun sens aujourd'hui.

 

Les villages primitifs s'appelaient originairement l'un Goegnies et l'autre Houdeng. La nécessité de débrouiller les chaos des anciennes juridictions féodales leur a maladroitement imposé les dénominations actuelles vers 1441.

 

DEPUIS QUAND HOUDENG EXISTE-T-IL.

 

Bien qu'on ne trouve la première mention formelle de Houdeng que dans une charte de 1400, l'existence paraît remonter à l'époque des Francs. Qu'est-ce qui permet d'envisager pareille possibilité ?

 

Houdeng est un nom purement roman qu'on ne trouve nulle part latinisé. Or, la langue romane née du mélange et de la corruption du celtique, de la basse latinité et de l'ancien idiome germanique; devint usuel dans nos provinces du VIIle siècle. Les conciles de Tours et de Reims décrétèrent en 813 que le clergé ferait désormais usage de cette langue rustique pour l'instruction religieuse du peuple des campagnes. On ne peut donc assigner à Houdeng, comme village, une origine de beaucoup antérieure à cette époque (813).

 

ET L'ORTHOGRAPHE ?

 

C'est l'orthographe actuelle que l'on rencontre dans les plus vieux écrits. Pourtant, comme la plupart des autres communes on trouve de nombreuses graphies: en 1119, Hosden; en 1157, Houdenc; en 1158 et 1168, Hosdaing; en 1191, Hosdain; en 1203, Hosdaing; en 1306, Hosdeing; en 1612, Houdez; en 1779, Houdé.

 

Pour Goegnies nous trouvons: en 1119, Golaniis; en 1157, Goegniz; en 1175, Goinies; en 1433, Ghoegnies.

 

La forme "Houdeng" a prévalu. L'examen des différents nominaux dans les temps les plus modernes, présente trois points qui en facilitent l'interprétation:

1) un radical (Hos, hou, hous), qui rappelle semblablement le bas latin "hossura", le houx;

2) la lettre "d" intercalée par euphonie ou par abus;

3) les finales "ein", "ain", "en", "eng", "aing" modifications bien connues de la finale romaine "ai", "aie" exprimant l'idée d'une réunion d'objets de même espèce. Voilà du moins l'avis de J.Monoyer.

 

M.Chotin avait adopté une autre étymologie et faisait sortir Houdeng des mots germaniques "hout" et "heim": demeure dans les bois. Tels étaient bien le caractère et la situation du vieux village avant le déboisement des rives du Thiriau. Il a rejeté cette interprétation parce qu'il n'a trouvé, pour la justifier, aucune ancienne forme de ce nom se rapprochant des racines teutoniques proposées comme type.

  

AIMERIES.

 

Quant à Aimeries, il fut ajouté à Houdeng vers 1441 par Nicolas Rollin, sire d'Aymeries lez Berlaimont (France-Nord) pour distinguer l'étendue de sa juridiction de celle que les seigneurs du Roeulx possédaient. C'est donc dans la réunion des terres de "Houdeng" et d'Aimeries-lez-Berlaimont qu'il faut chercher l'explicat ions du nom de la commune d' Houdeng-Aimeries.

 

Pour l'intelligence de ce qui va suivre, il importe de rappeler qu'on désignait autrefois spécialement par "terroir" la circonscription d'une paroisse ou d'un village tandis qu'on appelait "jugement" l' étendue d'une seigneurie haute justicière; puisque jusqu'à cette année 1441 le village se nommait "Houdeng" tout simplement. Or, le terroir de Houdeng comprenait deux seigneuries de haute justice: la seigneurie principale de Houdeng vendue à Nicolas Rollin; ensuite les biens relevant de la terre du Roeulx lesquels ne formaient plus que seigneurie en Houdeng et se rattachaient à la juridiction civile de Goegnies.

 

Il fallut nécessairement distinguer l'un de l'autre ces deux jugements; comme les Rollin étaient possesseurs de la terre d'Aymeries près de Berlaimont, on convint que leur juridiction se désignerait par Houdeng-Aymeries tandis que la seigneurie de la terre de Roeulx serait qualifiée Houdeng-Goegnies parce qu'on l'avait rattachée, sous le rapport administratif à Goegnies, village voisin.

 

De là vient qu'on a souvent confondu Houdeng-Goegnies, c'est-à-dire la seigneurie relevant de Roeulx dans Houdeng avec Goegnies, village essentiellement distinct sous le rapport territorial.

 

Ce dernier conservait à ce point de vue son nom de "jugement de Goegnies" ou de "Goegnies-lez-Houden". Cette confusion, en s'accréditant par un usage non raisonné, a donné lieu à la qualification incorrecte de nos communes actuelles.

 

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