24/03/2009

La belle histoire de nos rue, de bracquegnies aux deux Houdeng.

Journal "Indépendance" - Mercredi 16 janvier 1963. 

Ce n'est pas depuis tant d'années que nos rues "ont des plaques", qu'elles sont distinguées par des noms officiels, fixés en somme: pour nombre de nos communes c'est au début de ce siècle que les premières dénominations, et les premières inscriptions sont apparues. 

Ce qui posa des problèmes délicats: certaines voies avaient deux noms, certaines étaient connues par des noms que les administrateurs estimaient, et pour cause, d'une verdeur à ne pas consacrer; comme d'autres conduisaient à des bourgs notoires avaient leur nom tout trouvé, comme d'autres venaient avec un beau passé d'histoire. 

Telle la chaussée Brunehault à Morlanwelz et environs, tel le Coron de Tombou à Bracquegnies, et le Canterlot à La Hestre, la rue de Houdain (du nom d'un seigneur d'Houdeng) , etc... et ailleurs, des remparts, des rampes, des faubourgs. 

Outre la grande histoire, la petite histoire, et sa soeur populaire la gaieté folklorique ont illustré le répertoire de nos rues. 

RUE DES ABONNES. 

Il reste quelques habitudes pratiquant encore une terminologie périmée, en disant: acheter par abonnement, payer par abonnement, pour les opérations qui se comprennent maintenant: achats à crédit, vente à tempérament, à paiements différés. 

Et qui appellent encore, - rarement il est vrai - ces acheteurs des "abonnés" et ce fut le cas spécialement pour les petits propriétaires à terme, de maisons dites ouvrières. 

Le hasard voulut que plusieurs de ces propriétaires modestes se groupent :

- A Houdeng-Goegnies en cette rue perpendiculaire à la rue des Trieux et partant de l'Hôtel de Ville.
- A Bracquegnies au long du chemin de cette demi-rue partant du petit chemin de la Lue et longeant la voie ferrée vers Maurage. 

Et dans le populaire surgit bien vite les signalements : Rue des Abonnés; c'était bien là une décision souveraine, d'ailleurs empreinte de considération quoi qu'on en pense. 

Toutefois à nos interrogations récentes il nous fut précisé : "On dzoù toudi çà, mais i n'a jamès yeu d'plaque avû ç'nom-là". 

DES COUPS D'EPONGE. 

Ces noms ne sont pas restés. A Goegnies, l'occasion se présenta lors d'un événement qui passionna tout le monde : l'exécution du révolutionnaire espagnol Francisco Ferrer, élevé au rang de héros par les organisations et les partis démocratiques; avec comme conséquence que nombre de municipalités donnèrent le nom de Ferrer à une rue , à une place: ce fut le cas de La Louvière, à La Hestre, à Familleureux, à Morlanwelz, etc. à Mons, à Bruxelles (où une statue fut élevée au martyr). 

Houdeng-Aimeries eut sa place Ferrer, devenue place du Souvenir à la suite d'aménagements en cascade (Ferrer à ce qui fut rue Arthur Putsage, Putsage à la place de Ste-Barbe, qui préexistait dans les Carrés). 

Et Goegnies baptisa, cette fois de façon officielle, la rue dite des Abonnés: rue Ferrer. 

Avant de rappeler ici la solution de Bracquegnies, commune connue pour ses véhémentes manifestations de gauche, de Bracquengies-la-Rouge, remarquons qu'il n'y existe aucune rue Ferrer, ce qui étonne. La raison c'est qu'au moment, 1909-1911, des rigueurs espagnoles, le bourgmestre était M. Coppée, et aucun mandataire de gauche ne siégeait au conseil communal. 

Et encore avant d'en finir avec Bracquegnies, faisons encore, faisons d'abord une incursion dans les quartiers neufs d'Houdeng-Goegnies. 

Les administrateurs ont dû trouver ou inventer des noms de rues : ily eut la cité du Trieu-à-Vallée où manquaient des allusions historiques; à une allée centrale sans nom digne de mention il a été donné comme voisines des noms de fleurs, sans doute en s'inspirant des bois tout proches: rue des Primevères et rue des Jacinthes (encore que le fameux "Godet bleu" soit une fausse jacinthe). 

Au quartier tout neuf du stade, la nouvelle rue principale a reçu le nom de rue de l'Indépendance par allusion à date de son ouverture inaugurale : le 21 juillet. 

Mais à Bracquegnies, où nous revenons, il existe une rue de l'Indépendance mais celle-ci n'a rien à voir avec notre indépendance nationale, vieille d'un siècle un quart.

En effet, il s'agit là d'une revendication, d'un sursaut savoureux de l'amour-propre wallon: les "Abonnés" de Bracquegnies ayant un beau jour éteint leur dette, étaient devenus libres de tout engagement pécuniaire, ont prié l'administration locale de biffer le nom des Abonnés, de sanctifier en somme leur accession à la propriété sans restriction : à l'Indépendance! 

La modeste conclusion est appréciable: il y a indépendance belge et Indépendance bracquegnéroise, deux choses différentes. 

E.L.D.

16:30 Écrit par Petit Loup dans Rues et lieux-dits | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : abonnes |  Facebook |

Commentaires

bonjour , je cherche des photos du cinéma MIDI PALACE dans les annees 50

cordialement , Johan

Écrit par : TAVERNE | 08/08/2010

bonjour , je cherche des photos du cinéma MIDI PALACE dans les annees 50 à Bracquegnies

cordialement , Johan

Écrit par : TAVERNE | 08/08/2010

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